CHAPITRE XII
« temple de la Sibylle », à Tivoli? Cela est une autre question. Toujours est-il que la façade Sud et la façade Est de la Banque présentent des souvenirs non contestables de ces débris de l’ancienne Rome, notamment dans la disposition des colonnes qui sont assises directement sur le stylobate, en l’absence de toute base intermédiaire. Il est reconnu d’ailleurs que les distributions et les dégagements de cet immense édifice méritent les plus grands éloges. Ne fermons pas la biographie de Soane sans rappeler les autres travaux qu’il fit encore à la Poste aux Lettres de Londres et aux bâtitnents du Timbre, ainsi qu’à l’entrée du Parc de Lengley. Soane fut aussi l’architecte d’un grand nombre d’hôtels, de villas et de maisons particulières parmi lesquelles nous devons citer celle qu’il se fit construire à Lincoln in Fields, à Londres, où le cabinet de travail du maître offrait des dispositions vraiment originales. Les Anglais parlent encore avec enlhousiasme de la Sca/a regia et du vestibule d’entrée de la « Chambre des lords ». L’architecte Soane n’a mis que six mois, de juin 1822 àjanvier 1823, à établir celle dernière construction, mais il nous faut dire, malheureusement, qu’on a rarement fait, en architecture, un abus aussi insensé delà décoration et du mauvais goût. Le vestibule eût gagné certainement en simplicité ce que lui a fait perdre la profusion de son ornementation. Quant à la Scala regia , l’escalier du roi ou de la reine et à la galerie à laquelle il aboutit, supportée par huit colonnes de marbre à chapiteaux de bronze doré, éclairée par une lanterne dont le jour cru tombe sur le palier du premier étage, la décoration en est inouïe et n’a rien ajouté à la réputation de Soane, qui la restaura lui-même après l’incendie de 1834. Nous ignorons encore la date de sa mort.
Les théâtres de Londres de cette époque (et ils étaient nombreux) ne présentaient rien de remarquable, au point de vue architectural, mais ils étaient mieux distribués que les noires et offraient des dégagements susceptibles de mieux assurer la sécurité des spectateurs ; ce qui n’empêche pas qu’ils ont presque tous été, comme en France, la proie des flammes. Leur construction date de la fin du xvnc siècle ou des premières années du xvnT siècle et ils ont été l’œuvre d’architectes déjà connus du lecteur pour la plupart. Nous ne dirons donc que quelques mots de chacun d’eux. Nous avons fait l’historique de l’Opéra-Italien, il. 20
qui eut pour architecte, en 1704, Yan Brugh, dont on a lu plus haut la biographie; ajoutons que l’édifice fut ouvert au public, l’année suivante, sous le nom de « Théâtre de la Reine » .
Le premier théâtre érigé dans Covent-Garden le fut, en 1733, mais nous n’avons pu trouver que le nom de son premier directeur John Rich. En 1792, l’édifice avait été en partie reconstruit par l’architecte Henry Holland, lorsqu’un incendie le détruisit complètement, pendant la nuit du 20 septembre 1808, à la suite de la représentation de la pièce Pizarre , dans laquelle on faisait un grand usage d’armes à feu. Les propriétaires de l’édifice, embarrassés mais non découragés parce sinistre, réunirent les fonds nécessaires et l’architecte Smirke fut chargé de donner le plan du nouveau théâtre, dont nous reparlerons en temps et lieu. Holland construisit également, sur l’emplacement d’une ancienne salle de spectacle, le théâtre de « Drury-Lane », ouvert en 1794. Architecte, en 1783, de l’hôtel de Carllon-House près du parc de Saint-James, résidence ordinaire du prince de Galles, et de l’hôtel d’York, il a publié la Relation d'un voyage en Grèce , en Albanie et en Thessalie, en 1812 et 1813. Construit une première fois en 1629, fermé en 1640, puis rouvert en 1651, le théâtre de Drury-Lane fut démoli et reconstruit à nouveau en 1663 et fut alors occupé par une troupe d’acteurs qu’on appelait les « serviteurs du roi ». L’auteur en fut alors Robert Adams, l’architecte du Théâtre-Italien; mais son œuvre fut démolie en 1791. Un nouveau théâtre succéda au premier, sur le même emplacement. L’architecte de cet édifice s’appelait Rudolph Cabanel, et était né à Aix-la-Chapelle en 1762 ou 1763. Architecte aussi du « Cirque royal » dit théâtre de Surrey et du théâtre de Coburg (maintenant théâtre Victoria), Cabanel avait pourtant essayé d’atténuer autant qu’il le pouvait, par deux innovations, les chances d’incendie ; l’installation au-dessus de la scène de deux immenses réservoirs, toujours remplis d’eau et un rideau de fer , que ne possèdent pas, au moment où nous écrivons, certains théâtres de Paris, ce qui ne l’empêcha pas d’être détruit par le feu, dans la soirée du 14 février 1809. Cabanel mourut le 4 février 1839.
Vers 1704, le docteur Arnold construisit sur un terrain délaché du « Lyceum » un nouveau théâtre d’été ; mais on adjoignit bientôt