CHAPITRE II
la hauteur de la première galerie, les trois portes et le porche qui les précède, ainsi que le conslate l’inscription placée sur le socle de l’une des colonnes : io. d. beavjev, architecte, facîe. an. xpi. 1560. 11 fut également le constructeur de l’une au moins des portes latérales, celle que termina Cailhon, ainsi que nous allons le dire. Son successeur fut, en 1573, Pierre Boldôtre, fils ou neveu probablement (quoique l’orthographe du nom soit un peu différente) de Méric Boldoytre; puis un Angevin, Jacques Belangé, succéda à Pierre et mourut à Auch en 1598. Nous ignorons quels furent exactement les travaux de ces deux artistes; ce que nous savons seulement de Jean Cailhon c’est qu’il quitta, en 1629, Paris pour se rendre à Auch cl qu’il termina le portail occidental de Sainte-Marie, moins les tours dont on attribue la construction à l’auteur du jubé, Gervais Drouet, maître architecte de la ville de Toulouse. Ce jubé est une œuvre de 1661, en style de la Renaissance; avec ses colonnes corinthiennes en marbre du Languedoc et sa balustrade en marbre rouge, il est sans rapport de style avec le reste de l’édifice et nous n’y reviendrons pas. Un architecte d’origine italienne, quoique natif de la ville d’Auch, dont il devint consul, Pierre Souffron, ou plutôt Suffroni, achève, vers 1597, le chevet et l’autel du chœur de la cathédrale comme il élève le maître-autel de la chapelle du collège et la porte de l’ancienne église des Carmélites. Appelé à cette époque à Toulouse pour terminer le pont Saint-Cyprien commencé en 1543 par Nicolas Bachelier, et continué après lui par son fils Dominique, Suffroni a pour collaborateur Dominique Capmartin. Le pont terminé en 1 601 il revint à Auch et exerça jusqu’à sa mort les fonctions de maître-architecte de la cathédrale. Quant à Bachelier, dont nous venons de prononcer le nom et qui couvrit de ses sculptures remarquables la plupart des édifices élevés, à cette époque, à Toulouse et dans les environs, il était né dans celte ville le 17 juin 1485, mais on ignore la date exacte de sa mort.
Dans l’histoire des constructions et restaurations des édifices du culte en France, pendant les xvi° et xvif siècles, nous avons encore à mentionner deux églises nouvelles : celle des Feuillants à Bordeaux, disparue pour faire place aux nouvelles Facultés : architecte Louis Baradier ou Barradier « maître des réparations en Guyenne pour le roi, » mort vers 1608 et celle il. 3
de Notre-Dame-des-Marais, de la Ferlé-Bernard , petite ville du département de la Sarthe. A l’éreclion de celle-ci travaillent Le Texier, l’auteur du clocher neuf de la cathédrale de Chartres qui semble en être le premier architecte, puisqu’il était mort en 1529 ; puis Jérôme Gouin, mort en 1526 ou 1527 et Mathurin Grignon, mort vers la fin de l’année 1532; ensuite Mathurin Delaborde, auteur, en 1535, des chapelles absidales, dont l’architecture offre une grande similitude avec celle du château de Coutances qu’on serait disposé, pour cette raison, à lui attribuer; puis enfin toute une famille d’architectes, celle des Viet Robert, Jean, Jérôme et Gabriel. Il est assez difficile d’indiquer la part accomplie par chacun d’eux dans l’œuvre commune; mais voici ce que l’on sait de leurs travaux et d’euxmêmes : en 1549, l’église était montée à la hauteur du triforium ; en 1561, on termina la galerie extérieure du grand comble; en 1577, Jean éleva les voûtes du bas côté méridional et les voûtes du chœur du même côté. La participation des trois autres frères à la construction de cet édifice est signalée par l’inscription suivante : Cette œuvre sy dessus a été faite et conduite
PAR TROIS FRÈRES : ROBERT, GABRIEL ET HlÉROSME LES VlETZ,
maîtres masons 1596. Cent ans plus tard (1692), la construction se trouve entre les mains d’un architecte (ou maçon) nommé Noël Pesche auquel est due la construction de l’Hôtel de ville et du couvent de Cherré (Sarthe). Dans la même région, l’église Saint-Germain d’ Argentan, de 1410, ainsi que nous l’avons dit, était restée inachevée : deux architectes, Guillaume Crêté et Olivier furent chargés, en 1596, de dresser le plan des travaux qui restaient à y exécuter; ces travaux commencés en 1598 étaient, terminés en 1607 et sans doute par eux.
La réfection de la Tour du Nord de la cathédrale de Bourges, écroulée le 31 décembre 1506, au moment même où l’on délibérait sur les mesures à prendre pour en empêcher la chute, nous fournit deux noms d’architectes, ceux de Nicolas Biard, né à Amboise en 1460 et de Jean Chêneau que nous avons déjà mentionné lorsque nous avons fait l’histoire de la cathédrale d'Auch. La nouvelle Tour du Nord bâtie en partie avec le produit des sommes payées par les fidèles pour obtenir la permission d’user du lait et du beurre en carême et qu’on appela sans doute, pour cette raison, la Tour de beurre eut en effet pour