‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 172 sur 232 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

pour architecte le Florentin Servandoni que nos lecteurs connaissent déjà comme un des architectes de l’église Saint- Sulpice, à Paris. La place Saint-Michel ou des Martyrs fut tracée vers la même époque (1774), par Claude Joseph Antoine Fesco ou Fusco, ingénieur militaire, général du génie, né à Louvain le 22 janvier 1756, mort à Ers-Querbs (Brabant) le 4 juillet 1825 : Louvain lui doit son collège du Faucon. Quant au parc actuel, limilé par les rues de Namur et de Louvain, il fut dessiné en 1774, par le Viennois Zinner, architecte de jardins et le Jardin des planles de Gand, en 1797, par un dessinateur de jardins milanais nommé Pizzoni, auquel est due aussi l’église cathédrale Saint-Aubin de Namur. Comme architectes des couvents nombreux élevés à cetle époque, nous nous contenterons de mentionner le Lillois Gabi, architecte de l’abbaye de Saint-Ghislain et Dubressi, qui fut celui des bâtiments claustraux; puis Claude de Bettignies, architecte des bâtiments de la Visitation, des Ursulines et de Sainte-Elisabeth (de 1717 à 1782).

Sur la hauteur dite Schoonenberg, au liant de la côle qui suit le faubourg de ce nom, s’élève le château de Laeken, résidence royale, construit de 1782 à 1784 sur les plans de l’archiduc Albert Casimir de Saxe-Teschen et sous la direclion des architectes Montoyer, architecte de la Cour et Payen. C’est, ou plutôt c’élait (car l’incendie du 1er janvier 1890 l’a détruit presque entièrement) une consl rucl ion d’une certaine valeur (1). La façade d’entrée, précédée d’une cour d’honneur, est ornée d’un portique de quatre colonnes ioniques qui soutiennent un bel entablement où Godecharles a représenté en basreliefs le Temps présidant aux Heures, les quatre Époques du jour et les Saisons. Les ailes sont formées de pavillons ornés de pilastres qui s’élèvent jusqu’à la corniche. Vu du parc, l’édifice présente une sorte de rotonde ornée de pilastres qui soutiennent l’entablement ; une coupole la couronne. Nous ne parlons ni des serres, ni de l’orangerie, ni d’autres embellissemenls qui datent presque tous d’une époque postérieure,

Louis Montoyer était né à Mariemonl à une date que nous ne pouvons préciser et mourut à Vienne vers 1800. Architecte du

(1) Ce palais vient d’être reconstruit.

château de Laeken, [il fui aussi l’architecte du Collège du pape (1776), de l’entrepôt des grains et de l’église Saint-Jacques, à Louvain, église reconstruite de 1773 à 1785.

Antoine Payen dit le Vieux, né à Tournai le 5 mai 1749, architecte de l’église Saint-Jacques de Bruxelles, construisit un certain nombre de châleaux aux environs de sa ville natale, à Trogennes, à Borsche, le château dTIengherce près d’Anvers, puis la chapelle des Dames chanoinesses de Namur et mourut le 29 juin 1798.

Un autre architecte du même nom et son contemporain, Auguste Payen, né également à Tournai le 17 octobre 1759 et mort le 16 septembre 1812, est connu pour avoir élevé le château deMarche-les-Dames près Liège et la porte de INinove à Bruxelles.

Nous mentionnerons seulement les noms de deux artistes llamands qui donnèrent des preuves d’un goût très sûr dans la décoration des édifices construits au siècle dernier : celui de Paul Martin Pompe, né le 24 avril 1742 à Anvers où il mourut le 4 mai 1822 et celui du peintre Guillaume Jacques Herreyns, Anversois également né le 1 1 juin 1 743 et mort le 10 août 1827.

Les architectes des théâtres élevés, en ce temps, dans les Pays-Bas et (remplacés depuis), nous sont malheureusement inconnus. Le théâtre de Bruxelles datait de 1700 et c’est en 1774, seulement, que s’achevait le Théâtre-royal d’Amsterdam sur la Leidsche Plain. Tout en bois, et formant un rectangle d’une longueur d’environ 53 mètres, il pouvait contenir 1600 spectateurs. Du même siècle aussi nous mentionnerons enfin la maison de correction de cette ville ou Weespervelcl , commencée en 1779 et finie en 1782, et la maison des « orphelines catholiques » (1786) ; architecte : A. Van der Hart. C’est encore Van der Hart qui, sur les plans du capitaine du génie Picot de Moras, éleva l’arsenal Saint-Charles, depuis caserne Orange-Nassau, dont la première pierre fut posée, en 1 810, par le maréchal français Oudinot. De la même époque que les édifices mentionnés ci-dessus (1 788) était le Cercle artistique élevé par les soins de la Société Félix Mentis d’Amsterdam qui n’existe plus aujourd’hui : architecte Jacques Otton Husly, c’est tout ce que nous en savons.

Les souverains de l’Extrême-Nord de l’Europe empruntent encore à l’Italie ou à la E rance leurs architectes ; cependant nous

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