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CHAPITRE XIII

trouvons, parmi les arlisles des xvn° el xvme siècles, quelques noms russes qui nous prouvent que, déjà, il y avait à Saint- Pétersbourg et à Moscou des écoles privées où les jeunes gens entraînés par leur vocation artistique trouvèrent des modèles et des professeurs.

Parmi ces derniers, au premier rang, nous mettrons Leblond, architecte parisien que nous avons déjà cité en son lieu, et Vallin de la Mothe, Français certainement. Leblond avait été élève de Girard et s’était déjà distingué par certains travaux d’architecture et des tracés de jardins, lorsque, sur les instances d’un agent du czar, il quitta Paris pour la Russie avec toute sa famille, en 1716. Cet architecte éleva là le château impérial de Pélerhof, imitation du château el du parc de Versailles, mais avec beaucoup moins de goût dans les effets. Leblond, doué d’une imagination remarquable, s’était occupé d’une quantité de projets, notamment pour le palais de Pétersbourg et les maisons de Marly et Montplaisir (qu’on rencontre dans les jardins de Péterhof), lorsqu’une maladie imprévue l’enleva à l’âge de quarante-sept ans, en 1719.

Vallin de la Mothe eut le titre de premier architecte de l’impératrice Catherine et de Paul Ier. Ce fut lui qui construisit à Saint-Pétersbourg « dans le style de Gabriel» l’Académie impériale des Beaux-Arts, les deux petits palais de l’Ermitage touchant le palais d’Hiver et l’hôtel appartenant actuellement au duc d’Oldenbourg, situé sur la place du Champ-de-Mars. Vallin fut nommé, en 1767, professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg dont il était membre depuis longtemps. Après lui, Louis el Amoudru, Français également, dont nous avons donné la biographie (chapitres vin et ix), construisirent plusieurs palais en Pologne, ceux, d’après Dussieux, « des Branicki, des Czartoriski et des Sapieali », ainsi que le palais d’Auguste-Slanislas Poniatowski, à Varsovie (1 764).

Lapin était-il Français? Son nom semblerait l’indiquer, il est cependant certain qu’il étudia l’architecture à Saint-Pétersbourg, puis voyagea en France el en Italie pour compléter ses études. A son retour dans la nouvelle capitale de l’Empire russe, il fut nommé architecte de l’empereur et mourut en 1806, membre de l’Académie de celle ville, membre correspondant des Académies de Paris el de Borne. Dussieux cite enfin trois architectes

russes, mais sans indiquer à quels édifices ils consacrèrent leurs talenls : Estaroff et Woloof, élèves de de Wailly, le troisième, Bachinoff, élève de Vallin delà Mothe, mourut en 1799.

En 1330, cinquante ans environ après sa fondation, le premier château royal de Stockholm ayant été, en partie, détruit par un incendie, la restauration en fut confiée à un architecte (français, probablement) nommé Guillaume Boy, qui exécuta la chapelle et acheva la tour dite des Trois-Couronnes (1587-1588). Charles IX et Gustave-Adolphe firent à l’édifice des additions que nous ne saurions indiquer; mais, vers 1645, un nouvel incendie ayant consumé quatre tours et toute la partie Est du château, la reine Christine appela à Stockholm l’architecte français Simon de La Vallée qui lui présenta le projet d’une nouvelle façade et en commença l’exécution. Toutefois, ce ne fut qu’en 1688 que Charles XI ordonna la construction d’un nouveau château : Jean de La Vallée, fils de Simon, architecte comme son père, eut alors un concurrent redoutable dans le comte de Tessin. Pendant que l’on discutait les plans proposés par chacun des deux architectes, un troisième incendie détruisit, le 7 mai 1697, tout ce qui restait du vieux château et de Tessin fut chargé, définitivement, d’exécuter, sur un plan plus vaste, la résidence royale, celle qu’on peut voir aujourd’hui. Simon de la Vallée, pour en revenir à lui, éleva à Stockholm, sur ses dessins, le Riddarliuser (Palais de la noblesse), l’église Hedwige-Eléonore sur le Ladugartslandef, surmontée d’une coupole entourée de quatre tourelles, les églises Sainte-Catherine et Sainte-Marie et l’hôtel des Francs-Maçons. On doit enfin à cet architecte le dessin du tombeau de saint Charles dans l’église de Riddarholm (1665). Fiissli mentionne un troisième La Vallée prénommé Martin, également architecte, qui existait en 1630 et que la reine Christine nomma inspecteur des édifices royaux.

Charles XI eut le bonheur de trouver dans le comte Nicodème de Tessin, né en 1654 à Nijkôping, un véritable artiste aimant la noble simplicité autant que le lui permettait le goût corrompu de l’époque. Le nouveau château royal, réminiscence évidente du palais de Versailles, comme, au reste, tous les châteaux royaux de celte époque, fut élevé rapidement; commencé en 1698, il était achevé aux trois quarts en 1705 et fut continué sous la direction de Charles-Gustave, comte de Tessin, fils du pré-

T. Chambars. sc.

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