CHAPITRE XIII
cédenl, qui prit, sur ses rares loisirs de diplomate, le temps de terminer l’œuvre de son père. Né en 1695 à Stockholm, Gustave mourut à Akéro en Sudermanie en 1770. L’architecte du château royal de Stockholm fut aussi celui des écuries royales commencées en 1696 (et qu’il n’aclieva pas, du reste), du palais du baron Scheving Rosenhaue, de l’église de la ville de Calmar et de la Banque des Etats généraux (1668) qui paraît avoir élé sa première œuvre. Le comte de Tessin, créé sénateur de Suède et grand maréchal de la Cour, se (il bâtir un palais qui devint celui du gouverneur de Stockholm et commença le palais royal de Drotmirgholm près Stockholm. Mais il mourut en 1718, et les travaux du Palais Royal interrompus pendant dix ans, furent repris par Gustave, ainsi que nous l’avons dit, puis dirigés, après lui, par Hortemann et le comte Jean Cronstedt, tous deux surintendants des bâtimenls royaux. L’édifice terminé par eux, en 1753, occupe une superficie de plus de 80 000 mètres carrés et repose sur un soubassement en bossage, de 11 mètres d’élévalion, soutenu par un mur de quai. 11 est à trois étages et la vue, des soixante fenêtres qui ouvrent du côté de la mer, doit être merveilleuse. La façade de ce côté est, d’ailleurs, fort simple: pas une colonne, pas un bas-relief. Celle du côté du jardin est plus ornée : elle présente neuf arcades dont trois, celles du milieu, précédées d’un grand perron, forment le front du vestibule. Neuf statues allégoriques couronnent la balustrade qui règne au-dessus de l’attique. De chaque côté du corps de logis principal s’étendent deux ailes d’un rez-de-chaussée fort simples, du côté de la façade principale. Le soubassement de chaque aile sur le jardin est percé de neuf arcades et les fenêtres en sont ornées avec modération.
Le baron Georges Josué Adelcranz, bourgmestre de Stockholm, ne fut que le continuateur des précédents, lorsqu’il fut nommé architecte du Château royal et n’en fit que les parties accessoires jusqu’en 1754. L’œuvre du fils d’Adelcranz dont nous regrettons d’ignorer même les prénoms est plus considérable : c’est lui qui termina, en 1 774, l’église Adolphe-Frédérick dont la coupole, surmontée d’une petite lanterne, est assez disgracieuse et édifia, en 1783, le grand théâtre de Stockholm dont la façade présente, dans sa partie supérieure, trois travées décorées de pilastres et de colonnes d’ordre corinthien, s’éle-
vant sur un rez-de-chaussée divisé par des arcades formant saillie. Celte façade a été répétée du reste, pour le palais de la princesse Sopbie-Albertine qui se Irouve en face et de l’autre côté d’une assez belle place, bornée sur uu troisième côté par le Château royal. On doit encore à Adelcranz fils, la reconstruction de la Monnaie de Stockholm, rebâtie par lui en 1790 et au-devant de laquelle il éleva un portique de quatre colonnes doriques cannelées et sans base, avec fronton. Le pont de Droltningholmjelé sur le lac Malerren et conduisant au Château Loyal érigé, on vient de le dire, par l’architecte Nicodème de Tessin. est également l’œuvre d’Adelcranz fils qui mourut en 1796.
Moins considérable est l’œuvre de l’architecte français Louis- Jean Desprez, né à Lyon vers le milieu du xvnf siècle, élève de Blondel et grand prix d’architecture en 1776. L’artiste avait prolongé son séjour en Italie et s’y trouvait encore lorsqu’en 1784, Gustave III ayant apprécié son talent, le prit en affection et l’emmena à Stockholm en qualité d’architecte et de peintre de la Cour. Indépendamment d’un assez grand nombre de tableaux qu’il peignit, il exécuta des décorations pour l’Opéra (de cette capitale) et éleva un obélisque sur une des places de cette ville dont il avait dessiné les plans. Il avait aussi dessiné ceux d’un château que Gustave avait projeté de construire à Haga, mais la mort tragique du souverain, arrivée en 1792, ne permit pas d’en achever l’exécution et Desprez mourut à Stockholm en 1804.
Le Danemark Irouve son architecte dans Nicolas-Henri Jardin que nous avons déjà vu donnant, en 1786, avec Antoine, les plans de l’hôtel de ville de Cambrai. Appelé par Frédérick V à Copenhague, en 1754 ou 1755, il est nommé professeur d’architecture à l’Académie royale et intendant des bâtiments royaux. En cette qualité, il construit l’Eglise Loyale et la salle des Chevaliers au château de Christianbourg, à Jaegensdorf le château de plaisance de Bernsdorf et le palais d’Amaliégade. Il fait aussi les dessins d’un arc de triomphe et du catafalque destiné aux obsèques de Frédérick; puis revient en 1771 en France où il est nommé, le 22 décembre, membre de l’Académie d’architecture, puis architecte du roi. Jardin, après avoir attaché son nom aux œuvres que nous avons mentionnées, publie un ouvrage ayant pour titre : Plans , coupes et élévations de CE (/lise Royale de Frédérick V, etc. (gr. in-fol.) et meurt en 1812.