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CHAPITRE XIV

Les architectes espagnols se contentent d'abord d’accoler aux églises ogivales de leur pays des façades classiques, mais le mauvais goût venu d’Italie ne tarde pas à se manifester. — Les architectes des jésuites donnent un exemple malheureusement suivi. — Les édifices civils, hôpitaux, théâtres et maisons de ville attestent la décadence de l’architecture. — En Portugal, les architectes résistent, dans une certaine mesure, à l’envahissement du mauvais goût qui règne alors en Espagne.

Nous avons dit, en faisant l’histoire des architectes espagnols du xvic siècle, que l’Espagne ne conserva que fort peu de temps les excellentes traditions de la Renaissance. Pendant tout le siècle suivant, le goût effréné de l’ornementation continue à absorber les artistes et c’est à peine si l’arcliilecture laisse entrevoir les grandes lignes imposées à leurs successeurs par Michel-Ange, Palladio, etc. Enfin, vers 1725, la sagesse relative des architectes du xvne siècle fait place, en Espagne, aux folies de l’école de Rorromini et l’époque des Churriguera, des Narciso Tomé et des Hurtado Izquierdo est celle de la décadence absolue de l’art espagnol, décadence contre laquelle essaient vainement de lutter les rares arlistes qui ont nom : Ventura Rodriguez, Francesco Sanchez et Lemaur (qui n’était pas Espagnol). Du reste, à partir de l’année 1700, les misères de la guerre entreprise par la France contre l’Espagne, à l’occasion de la succession au trône de Charles II, couvre de ruines la Péninsule et l’architecture, déjà languissante, subit un temps d’arrêt complet. Enfin, après un peu plus d’un demi-siècle écoulé, les expéditions successives de Napoléon Ier dans ce malheureux pays, achèvent sa ruine et donnent à l’architecture un coup terrible dont elle ne s’est pas encore relevée aujourd’hui.

Du reste, dans la première moitié du siècle, les architectes se contentent, à Madrid, d’approprier l’Alcazar et, àl’Escurial, d’éla-

blir le Podridero dans lequel viendront se reposer tour à tour les souverains espagnols; on agrandit aussi les églises d’Atocha et de Saint-Martin de Madrid. Les édifices civils ou religieux qui virent le jour pendant cette période sont par conséquent, peu nombreux : le couvent de Saint-Philippe, le couvent des Récollets et quelques palais forment le maigre contingent des œuvres nouvelles; aussi, sans faire une notice spéciale pour la capitale de l’Espagne, prendrons-nous le parti d’énumérer les créations de l’architecture espagnole au xvifsiècle, en suivant l’ordre des dates.

En 1612, Juan Martinez, architecte de Séville, donna le premier exemple du mauvais goût qui désolait alors l'Italie. Les festons et les ornements de tout genre commencèrent avec lui. dit Bermudez, cà envahir les temples comme les palais. Les églises Sainte-Claire, San Lorenzo, San Pietro, furent pourtant admirées, à l’époque de leur création! En 1613, s’élève l’église du Saint-Sépulcre à Calalayud; c’était une basilique à trois nefs, avec une coupole et deux tours. La façade, œuvre de Gaspard de Villaverde, contraste heureusement, par la sobriété de son architecture, avec l’étal de décadence dont les édifices indiqués plus haut offrent la preuve. Mais la mort des principaux architectes de l’école de Bustamente et de Herrera arrivée pendant les années 1614 et 1615 (ou 1616) ne contribue pas peu à la perte du goût en Espagne.

La cathédrale de Jaën, œuvre de Pedro de Valdevira, était loin d’être achevée lorsque le chapitré eut le bonheur, en 1634, de lui trouver un digne successeur dans la personne de Juan de Arunada qui la termina. L’édifice, qui n’est pas de style ogival, se compose de trois nefs, dont la plus grande, celle du milieu, est égale au chœur comme largeur, avec un dôme de 30m,50 élevé à la croisée du transept. 11 est précédé d’un portique soutenu par huit colonnes engagées d’ordre corinthien, surmonté d’un atlique et flanqué de chaque côté d’une tour à quatre étages, ayant 46 mètres de hauteur, commencée, ainsi qu’il a été dit, par Fernando de Loyli qui en fit la construction.

Juan Bautista Monegro, qu’il ne faut pas confondre avec Juan Bautista, était élève de Berruguele. Il dirigea en 1609, les travaux de la façade, dessinée par Covarrubias, de San Juan de /os Reyes à Tolède, puis de l’« alcazar » de celte ville, qu’il ne put achever d’ailleurs, étant mort en 1621. Ce fut surtout un

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