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CHAPITRE XIV

statuaire, car ou lui doit, à l’Escurial, foules les statues de la façade principale et plusieurs de celles qui décorent la chapelle nord de la cathédrale de Tolède, ainsi que le tombeau de l’archevêque D. Bernardo de Sandoval. Le retable de la « Capilla mayor», terminé seulement en 1016, auquel ou ne peut reprocher que trop de richesses, est l’œuvre de Monegro.

Un autre architecte, père du grand sculpteur Alonzo Cano, naquit à Grenade vers 1600 et s’appelait Miguel Cano. On lui doit le dessin de l’un des portails de la cathédrale de Grenade et aussi la « Capilla mayor » du couvent S. Angel ; nous ignorons la date de sa mort.

Si le professeur Francisco de Mora a inscrit son nom sur un petit nombre d’édifices, il n’en est pas moins certain qu’il participa, comme inspecteur, nous l’avons dit(chap. vi),àla plupart des travaux importants qui s’effectuèrent en Espagne de 1 583 à 1 61 1 , époque de sa mort et qu’il fut le collaborateur de Juan ïlerrera. On cite, comme étant son œuvre personnelle, la reconstruction du palais de Ségovie et de la Monnaie de celte ville (1587 à 1598). Le portail oriental de la cathédrale à quatre colonnes doriques semble être aussi de Mora. Les édifices accessoires de l’Escurial, d'après les dessins de Herrera, consistant dans les magasins et cuisines du monastère, de l’hôpital, de deux offices destinés à recevoir la suite des visiteurs du roi et l’étang qui forme le milieu du jardin, ont été construits sous la direction de cet architecte. En même temps, Mora élevait l’église du monastère de l’Escurial et la salle capitulaire du couvent de Lupiana, ainsi qu’un pont à Madrid et le couvent de Saint-Philippe dans celte dernière ville. Le pont (qui n’existe plus) servait à communiquer de la petite place des Conduits du Péral à celle de l’Incarnation. Un incendie ayant détruit, au printemps de 1668, toute la charpente des tours et du corps de bâtiment principal du couvent de Saint-Philippe le Réal, Mora, chargé de la réfection du couvent, en profita pour agrandir et multiplier, au nord et au midi, les fenêtres fort étroites et fort éloignées les unes des autres. Le palais du duc deLerma, dans la ville de ce nom, grand parallélogramme uni, assez semblable, dans son architecture extérieure, aux offices de l’Escurial, les églises du couvent de Porta-Cœli et du couvent des Franciscains à Valladolid, la chapelle de la Vierge de l'église d’Alocha à Madrid, ainsi que le palais du duc de Ucedo

(qui fui pendant un temps le palais du Conseil d’État) furent les dernières œuvres de Mora dont la mort arriva le 10 août 1611.

Deux parents de Juan Herrera, Sébastian HerreraBarnuevoet Francisco Herrera dit le Jeune, furent plutôt deux ornemanistes que deux architectes. Le premier, né à Madrid en 1619, mort en 1671, eut le titre de chef de l’Académie de peinture et reçut néanmoins le titre de premier architecte de Charles IV. C’est à lui qu’on doit presque toute la décoration de la chapelle de Notre- Dame d’Atocha, de la chapelle San Isidro et celle d’une grande partie des appartements royaux à l’Escurial. Quant à Francisco, nommé par Philippe IV peintre de la Cour et vice-président de l’Académie de Séville qui venait d’être fondée, il naquit h Séville en 1622 et mourut à Madrid en 1685. On sait seulement qu’il fut envoyé à Tarragone en 1677 pour relever le plan d’un emplacement destiné à une église qu’on devait y construire.

Le cloître de Saint-Philippe le Réal (aujourd’hui démoli, malheureusement), avait eu, vers 1600, pour architecte, André de Nantes, un Français sans doute, auquel son frère Jean de Nantes succéda dans la construction de ce cloître. De Mora fit aussi des additions aux dessins de Juan Ribera Rada, architecte de l’église etdu couvent des Bénédictins de San Claudio qui serait 1 un des meilleurs édifices de l’Espagne, s’il avait été achevé. Deux autres continuateurs de Mora, Diego et Francisco de Praves, travaillèrent à l’« alcazar » de Madrid et au Prado, de 1607 à 1626. Le dernier, qui fut professeur d’architecture, mourut en 1632 : on lui doit la traduction espagnole du premier livre de Palladio, traduction très estimée de ses contemporains.

Vers le même temps, en 1628, Francisco de la Correa réédifiai t le couvent du Carmen à Salamanque, détruit par un débordement du Tonnes. D’ordre dorique, l’église du couvent est à six pans, avec coupole centrale. La façade se compose de trois ordres superposés : celui du rez-de-chaussée est orné de piliers doriques, le second est à pilastres ioniques avec corniche, le troisième étage présente un ordre composite couronné d’un fronton triangulaire.

Un autre architecte, qui vécut de 1633 à 1664, Fra Lorenzo, de l’ordre des Récollets de Saint-Augustin de Mata, près Madrid, était fils de Fra Juan. Il est connu surtout en Espagne par son ouvrage intitulé : De arte y uso de /’ arquitectura qui est un résumé

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