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CHAPITRE XIV

des connaissances techniques de l’architecte, d’après les livres de Vignole, de Yitruve, de Palladio, de Scamozzi, etc. Mais Fra Lorenzo contribua aussi à l’érection d’un nombre considérable d’édifices (seize d’après ce qu’il écrit lui-même) : la chapelle dorique du couvent des Piécollets de Madrid, l’église des moines de Sainte-Placide, la coupole de Saint-Martin et la chapelle du Christ de Madrid. A Salamanque, il fit le dessin de l’église de son ordre, à Talavera, la « Capilla mayor », de Notre- Dame del Prado, la coupole de l’église de Vidapobre, etc., etc.

Un élève de Francisco Mora, Juan Gomez surnommé de Mora, mort en 1648, fut chargé, en sa qualité d’architecte du roi, de régulariser la « Plaza Mayor » de Madrid. C’est en 1617 que l’architecte commença ce travail considérable, qu’il termina pourtant en deux années. Il faut dire qu’il n’entoura le quadrilatère formé par cette place que de constructions de bois et de briques dont le rez-de-chaussée présentait un assez large portique, formé d’une succession de pilastres en pierre. L’usage de pareils matériaux provoqua en 1790, un incendie qui dévora tous les bâtiments des parties Est et Sud de la place. La restauration de la « Plaza Mayor » de Madrid fut confiée, en 1820, à Juan de Villanueva qui, dans la nouvelle construction, a essayé, du moins, de prévenir le retour d’un pareil sinistre. A la partie nord, il éleva la Paradisia, palais du roi, dont la façade ornée de vingt-quatre colonnes reliées entre elles par une grille, forme un élégant portique. Des colonnes engagées affrontées de pilastres et de fenêtres délicatement ornées et surmontées chacune de l’écusson royal en faisaient un morceau très recommandable qui malheureusement a été fort éprouvé, de notre temps, par un nouvel incendie.

Pour en revenir à Gomez de Mora, disons qu’il n’hésita pas, en 1625, à accoler un portique grec à la petite église de Renteria en Guipuzcoa dont les Aranzaelrogui avaient fait un pastiche assez heureux du style ogival, qu’il dessina également les grands tombeaux érigés dans l’église Sainte-Jeanne et Saint- Dominique, à Madrid. De Gomez étaient aussi la façade de l’ancien « Alcazar » de celle ville, dont il ne reste plus trace, mais pour la construction de laquelle il eut, à partir de 1641, un collaborateur, son parent et son élève Blas Carbonel, l’église de la place Santa Maria, l’hôtel du marquis de Laguna, place de H. 22

Santiago et celui de Rodrigo de Herrera, l’église de Alcala, devenue chapelle du couvent des Carmélites; la tour et la Casa del Campillo élevées dans les bois de l’Escurial. Hors de Madrid, on lui doit enfin : le collège et l’église du couvent des Jésuites de Salamanque (1617), le collège dit del Rey à Santiago, la belle église ovale et le couvent des Récollets fondés à Alcala de Henarès, dont la première pierre fut posée en 1617.

Joanes deMugaguren termina en 1615, la coupole et la lanterne de l’église de Ségovie et ne craignit pas, à l’imitation du reste de l’architecte français Mansard de Jouy, d’appliquer sur un édifice ogival, une pièce de style gréco-romain. La cathédrale de Saint-Nicolas d’Alicante, dont il fit les plans et dont il suivit l’exécution jusqu’à sa mort, est une œuvre, sinon remarquable, du moins honorable. Les continuateurs de Mugaguren furent Martin de Uceta, Miguel Real, d’Alicante, et Pedro Guiller qui poursuivent l’œuvre commencée avec assez de zèle pour qu’en 1662 la consécration en pût être faite. Saint-Nicolas d’Alicante se compose d’une seule nef coupée en deux par le chœur qui en forme, par conséquent, le point milieu entouré de treize chapelles. Le portail signé de Uceta avec la date de 1 627 est à quatre colonnes d’ordre ionique en pierre noire, couronné d’un altique avec fronton.

Maître des œuvres de la cathédrale de Santiago, Juan de Aranda de Salazar, parent et élève de Ginès Martinez de Aranda, fut l’architecte de l’église de Jaen jusqu’en 1654, époque à partir de laquelle son nom ne figure plus sur les livres de la fabrique. Martinez de Aranda n’était point d’ailleurs l’auteur du plan qui appartenait, nous l’avons dit, à Valdevira. Juan de Oviédo, chevalier de l’ordre de Montesa, juré et architecte de la ville de Séville, fit le plan de la porte Saint-Jean qui était une digue destinée à contenir les débordements du Guadalquivir et l’exécuta en 1617. Il fut aussi l’auteur du catafalque élevé à l’occasion des funérailles de Philippe II, dans la cathédrale de Séville qui le conserva, comme une œuvre remarquable, pendant trente-cinq ans. Cette môme année (1617) Juan de Minzares et Pedro de Velasco continuent l’érection de l’Alhambra de Grenade, malgré les obstacles que leur suscitait alors l’édit d’expulsion des Maures. Velasco mourut en 1628, laissant pour successeur Francisco de Potes, architecte de Alcantara; mais

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