‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 179 sur 232 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

celui-ci, arrêté par les changements apportés à l’exécution de l’Albambra, par Philippe, mourut en 1637, sans avoir pu achever l’œuvre de Juan de Herrera.

Luis Juan de Orea, Juan de Corta furent les collaborateurs de Juan de Minzares et semblent avoir travaillé à l’Alhambra de Grenade jusqu’en 1617, pendant que Georges Manuel Teotocopuli, fils et disciple de Domenico Teotocopuli, élevait la coupole et la lanterne de la chapelle mozarabe dans l’église de Tolède (1 625) et mourait dans cette ville le 29 mars 1631 . Quant à Dominico Teotocopuli dit el Greco qui était venu de Grèce se fixer à Tolède en 1578, il fut surtout peintre, sculpteur et composa de remarquables retables, principalement celui de la chapelle des religieuses de San Domingo à Tolède, dont il avait été d’ailleurs l’architecte. La Casa de ayant amie nto de cette ville, qui est aussi de Dominico, présente une façade de deux ordres flanquée de deux tours et précédée d’un vaste perron de dix marches; la date de samort est fixée à 1625.

La façade de l’église Santa Engrazia de Saragosse (où figurent les quatre ordres) elle retable de l’église d’Huesca, élevés de 1520 à 1533, sont de 1620 et eurent pour auteur un sculpteur habile du temps, Damien Forment, qui était, on le voit, architecte à l’occasion.

Un des architectes les plus renommés du siècle avec Francisco de Mora, fut assurément l’Italien Crescenzi ou Crescendo dont nous avons déjà parlé. Inspecteur des travaux de la chapelle Pauline, puis surintendant des travaux de la cité de Rome, il fut remarqué par le cardinal Zapata, qui l’emmena en Espagne en 1617. Il s’agissait, en ce moment, de terminer le caveau sépulcral destiné aux souverains de l’Espagne sous le grand autel de l’Escurial où se trouvaient déjà les corps de l’empereur, de l’impératrice et de leurs enfants. Mais Philippe III mourut avant d’avoir vu finir le Panthéon (aujourd’hui le Podridero ), Crescenzio ne pouvant arriver à détourner une source qui inondait le sol du caveau. Las de ses discussions continuelles avec les entrepreneurs, l’architecte italien demanda à retourner dans sa patrie ; mais on l’apaisa en le nommant marquis de la Torre, ministre de la Junta de obras y bosquez , surintendant de tous les travaux qui se poursuivaient en ce temps à Madrid, à Valsain, à Aranjuez, etc. Madrid lui doit sa principale prison

dont l’enlrée peut être citée, ainsi que le tombeau de l’impératrice dona Maria, fille de Charles-Quint. C’est dans cette ville qu’il mourut vers 1660, à l’âge de soixante-cinq ans.

Après la retraite de Crescenzio le P. J. Nicolas, de Madrid, ayant trouvé le moyen de soustraire les travaux aux fuites qui les avaient jusqu'alors arrêtés, ce fut Pedro de Liz Argorate, « maestro mayor » de Usclès, qui continua l’œuvre, à partir de 1620. On sait que le caveau, construit entièrement en jaspe et bronze, est moitié circulaire, moitié octogonal. Des huit pans qui le forment, un est consacré à l’entrée, un second à l’autel et les autres sont destinés à loger les sarcophages renfermant les restes des souverains ; mais les dessins du portail de l’escalier et du pavage du Panthéon sont d’Alonso Carbonel, dont nous allons parler.

Dans le même temps que se construisait le Panthéon, le chapitre de la cathédrale de Séville formait le projet d’ériger un grand temple contigu à cet édifice et pouvant servir de paroisse à la population qui allait s’augmentant d’une notable façon. Il y avait trente ans que Miguel de Zummarraga dirigeait seul les travaux de la cathédrale, avec le titre d’appareilleur, lorsqu’il présenta au chapitre un plan de l’édifice à construire. Ce plan lut agréé par le chapitre et la première pierre posée le 30 avril 1618. Mais quelle que fût l’activité apportée à son entreprise par Zummarraga, il mourut en 1631, laissant le soin de l’achever à Fernando de Oviedo. On remarqua alors une fissure qui s’était produite dans la voûte. Enfin après expertise et contreexpertise, l’œuvre de Zummarraga fut achevée « suivant les règles de l’art. », dit Bermudez, et consacrée en juin 1662, pendant qu'à cette date un architecte de Séville, Andrea Ramirez, faisait le plan de l'église et du couvent des Jésuites d’Alcala.

Deux des églises de Madrid, San Isidro et l’église ciel Salvador, datent de 1626 et eurent pour architecte un jésuite, Frère Francisco Bautista. San Isidro est assez vaste, en forme de croix latine et de bonnes proportions, mais laisse à désirer au point de vue de l’ornementation. Comment l’architecte a-t-il orné de feuilles d’acanthe ses chapiteaux de l’ordre dorique le plus pur? La coupole de bois, œuvre de Frère Lorenzo de Saint-Nicolas, s’explique par la cherté de la pierre dans le pays où a été construit l’édifice, ou peut-être aussi est-elle le résultat de la faiblesse

Page 1