CHAPITRE XIV
des murs auxquels il ne fallait faire supporter qu’un poids relativement léger; San ïsidro doit d’ailleurs à cette coupole la lumière et une certaine majesté. L’église del Salvador a les mêmes qualités et les mômes défauts que San ïsidro; il est fâcheux qu’on soit obligé d’y descendre comme dans un souterrain. Bautista fit en 1653 la partie sud du cloître du couvent de Sain t- Ph i lippe le Réal, dont Jean de Nantes avait élevé les autres parties. Il vivait encore en 1 667, mais nous ignorons la date de sa mort.
Juan Ortiz de Olaëta, en Aragon, réédifie en 1629, l’église paroissiale de Dcva en Guipuzcoa, suivant le dessin donné par Juan de Arostegui, qui avait conservé le portail ogival de l’édifice primitif. Blas de Mazabat, Sébastian Vidal el Gaspar de la Pena se succèdent dans la construction de l’église de Cordouc jusqu’en 1629; enfin Pedro de la Vega dessine le portail du couvent des Carmes de Valladolid pendant qu’Hernandez de Hoyo et Rodrigo de la Gantera construisent le cloître du couvent de la Merced (1630).
Ce fut l'architecte Alonso Carbonel (que nous avons déjà mentionné comme l’auteur du portail et de l’escalier du Panthéon à J’Escurial) qui fut appelé, en 1633, à donner le plan du palais du Buen-Retiro à Madrid. Il suivait alors, depuis la mort de Pedro de Lizarguarate arrivée en 1630, les constructions du Prado et du couvent de l’Incarnation. Le projet de Carbonel était magnifique, paraît-il ; malheureusement, en Espagne comme en France, il fallut compter avec les prodigalités immenses du souverain et l’étendue seule de l’édifice exécuté de briques el de matériaux légers ne permet pas de le confondre avec la première construction venue. En résumé, l'architecte, dont nous venons de retracer l’œuvre en quelques lignes, fut un de ceux, malgré ses incontestables défauts, qui protestèrent par leurs travaux contre la corruption de l’art de plus en plus menaçante. Il mourut en septembre 1660.
En 1633, Martin de Orinda, mort en 1665, achève l’église du couvent des Jésuites de Saint-Michel de Valence, commencée par Pedro Ambuesa, mais laisse sans façade l’église de Liria construite sur les dessins du P. Rojos. Celle-ci a été élevée depuis (1672) par Leonardo Esteve, né à Valence, architecte déjà d’une poterne percée dans la muraille de cette ville, à l’usage du couvent de Saint-Vincent-Martyr. Juan de Aguilar,
au temps où Alonso Carbonel dirigeait les travaux du Buen-Retiro, à Madrid, construisait (1638) le théâtre de la Zarzuela , dans lequel on commença à représenter des pièces de comédie mêlées de chant, à la manière des opéras italiens et qui donna son nom aux pièces de ce genre faites et représentées en Espagne.
A Tolède, c’est Felipe Lazare de Goyti qui construit dans la chapelle du Sagrario de Tolède, l’édicule de forme octogonale destiné à renfermer les richesses de l’église et qu’on nomma pour cette raison, l 'Ochavo. Goyti ne survécut pas d’ailleurs longtemps à son œuvre, puisqu’il mourut le 17 août 1635. Il eut pour successeur, à partir de 1656, Bartolomé Sombigo ou Zombigo, qui était en même temps architecte de l’Alcazar de cette ville et travailla au palais de Madrid ainsi qu’à l’escalier du Panthéon et à l’Escurial jusqu’en 1678, puis mourut le 14 août 1682.
En 1652, Diego Martinez Ponce de Urrana, natif de Reguena, est chargé de la construction, à Valence, du temple circulaire qu’on appelle Notre-Dame de los Desemparados terminé en 1666 et en 1659, Miguel de Ibarra élève la chapelle de Saint-Martin de l’Ascension sur l’emplacement de la maison où le saint naquit, à Blasia, province de Guipuzcoa. Tout ce que nous savons de Francisco de Campo Aguëro, mort en 1660, c’est qu’il était maître des œuvres de l’église de Ségovie, d’Arroyo Josef et de Luis Arriaga, c’est qu’ils élevèrent, de 1664 à 1669, la nouvelle façade de la cathédrale de Cuenca, qui est bien un chef-d’œuvre de mauvais goût.
Le successeur de Carbonel à 1’ « Alcazar » de Madrid fut Joseph de Villaréal, son adjoint, qui le remplaça en 1660 et dont on ne cite, d’ailleurs, comme œuvre personnelle, que la chapelle San Isidro dans l’église Saint-André ; encore le dessin en est-il attribué à un religieux, Frère Diégo de Madrid, qui dirigea la construction du couvent de son ordre à Jaen. Jusqu’en 1671, la collégiale de San Salvador à Séville avait conservé la forme de la mosquée bâtie par les Arabes: mais à celle époque, sur les instances de l’archevêque D. Antonio Pagno, on résolut de la reconstruire, car elle menaçait ruine. On attribue à l’archevêque Esteban Garcia, le plan de la nouvelle église, toujours est-il qu’il la commença en 1674; mais, grâce à l’ignorance de Garcia, les piliers cédèrent le 24 octobre 1678, et tout ce qui était construit s’écroula. On pensa alors, en 1680, à confier la réfec-