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CHAPITRE XIV

par ses travaux en mathématiques, mais qui, cependant, éleva la Semana santa , dans l’église de Valence, la façade de la porte dite Royale, détruite en 1801, le théâtre de Valence, démolien 1750 sur les instances de l’archevêque et l’église de sa congrégation. Tosca, né à Valence, en 1650, mourut le 17 avril 1723.

11 y a quelque temps que nous n’avons parlé ni du palais de Madrid ni de celui d’Aranjuez. Le maestro mayoràe ces édifices, de 1 7 1 2 à 1732, fut un grand officier de la couronne, don Pedro Caro Idrogo. 11 conçut le projet, approuvé par le roi, de construire, à la partie nord du palais d’Aranjuez, un pavillon avec coupole, semblable à celui qui terminait la partie sud. L’exécution du projet adopté entraînait la démolition des moulins de la partie basse de File, mais il n’hésita pas à les jeter par terre. Les jardins du palais furent peuplés de cascades et de fontaines à effet d’eau dans le goût du moment, mais Idrogo mourut avant d’avoir vu son œuvre achevée et eut pour successeurs Marchand et Brachelieu, dont nous résumons plus loin les biographies.

La décadence de l’architecture, en Espagne comme en Italie, au commencement du xvnf siècle, fut telle qu’elle ne pouvait tomber plus bas, notamment en ce qui concerne les retables d’autels et. les portails des édifices publics. « Une nouvelle invasion de Barbares, dit Bermudez, semble s’être abattue sur ce pays, pendant les cent années qui séparent Francisco Bautista delà venue de F. Hurtado Izquierdo, de Josef Churriguera, de Narciso Tomé et de Pedro Ribero. » Les œuvres de ces architectes, que nous indiquerons seulement, sont, pour Hurtado, la chapelle du « Sagrario », de la Chartreuse del Pilar à Madrid, un autre « Sagrario » à la chartreuse de Grenade et, à Cordoue, la chapelle du cardinal de Salazar. Churriguera, contemporain de Hurtado, était né à Salamanque vers 1650 et se fit d’abord connaître par le dessin du catafalque à élever à la reine Marie-Louise de Bourbon, première femme de Charles II en 1689, « œuvre insensée, ajoute notre auteur, et qui pourtant fut préférée aux dessins des Redondo, des Benavides et des Fernandez de Larédo ». Sa réputation établie, on lui confia le portail (aujourd’hui démoli) de Saint-Sébastien de Madrid, les palais, place et église del Nuevo Bastan et le palais occupé aujourd’hui par l’Académie de San Fernando, autrefois l’entrepôt des tabacs. Il commença aussi l’église de San Cayetano et celle de San To-

mas, sur les dessins de Manuel de Torrija, et mourut en 1725, laissant deux (ils qui furent héritiers et propagateurs du goût déplorable de leur père. On doit à Narciso Tomé (1721) la « machine de jaspe et de marbre », derrière le grand autel, à Tolède, auquel on donne le nom de « Transparent ». Au dernier, Pedro Ribero, Madrid doit le portail de l’hospice, le poste des gardes du corps, la fontaine de la Puerta del Sol, etc.

Josef de Cardona y Pertusa, de Valence, construit, en 1725, l’église des Minimes terminée en 1739, et Juan Vandenborg, la manufacture royale de tabacs de Valence, aujourd’hui transformée en manufacture de cuirs, construction sage et supérieure, malgré ses défauts, à ce qu’on éleva en Espagne à celle époque. Elle fut terminée le 24 novembre 1770 par un nommé Vengoechea.

La guerre de Succession, survenue à cette époque, ne permit guère d’élever, pendant quelques années, un édifice digne d’être cité, mais aussitôt la paix revenue, on continua le palais d’Aranjuez, sous la direction de l’architecte Teodoro Ardemans et de son collaborateur Juan de Echave. Né à Madrid, en 1064, Ardemans avait d’abord suivi la carrière des armes, qu’il abandonna bientôt pour se livrer à l’architecture; il fut ainsi l’architecte des parties du palais de la Granja , que Philippe V fit construire par suite de l’incendie du château de Valsain. Il mourut de la goutte en 1726 et eut pour successeur dans ses travaux, Juan Roman, qui mourut lui-même en 1739. La Cour avait commencé à habiter, en 1723, la Granja, « qui ressemble à Versailles, dit un voyageur moderne, comme Philippe V ressemble à Louis XIV ». Cependant les jardins, avec leurs cascades, leurs statues, leurs galeries, ne permettaient pas de passer sous silence l’œuvre d’Ardemans et de ses collaborateurs.

Un des monuments religieux de l’Espagne, les plus importants de celle époque, est assurément le couvent de Saintïgnace-de-Loyola à Azpeilia. La reine Marie-Anne d’Autriche s’était fait céder en 1081 , par le marquis de Alcanuer, la maison seigneuriale dans laquelle était né le fondateur de l’ordre des jésuites et Charles II d’Espagne avait résolu de l’incorporer dans la construction de l’édifice. C’est Ignacio Hero, né à Azpeitia en 1 724, élève de son père, qui en fut chargé ; mais le plan de l’édifice avait été dressé par Fontana. Très vaste, il affecte la forme d’un aigle, l’église, en rotonde, sert de corps, l’ancienne

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