CHAPITRE XIV
maison de Loyola et le séminaire en sont les ailes, le réfectoire et les communs forment le cou et la porte d’entrée la tête de l’animal. Il est fâcheux que Héro ne se soit pas conformé absolument au plan de Fontana. et ait surchargé la chapelle (particulièrement la façade) d’ornements dus au mauvais goût de son époque. Hero étant mort le 9 mai 1795, son élève Ignacio de Echeverria, continua l’œuvre commencée jusqu’à l’expulsion des jésuites, fit les deux hôtelleries devant Loyola, le portail de l’église d’Azpeitia et la route de Burgos à Madrid, par Somoserra.
L’achèvement de l’église SantaMariaàSainl-Sébas(ien,lamairie d’Elgoibar, la façade de l’église San Sébastian à Azpeilia furent l’œuvre (de 1782 à 1795) de Francisco Hero, alors architecte du couvent de Loyola.
Au milieu de la dépravation du goût, un seul artiste peut-être sut conserver les bonnes traditions de l’architecture. C’est Pedro Martinez, de l’ordre des bénédictins de San Pedro de Cardena, en 1698. On peut citer de lui la partie nord de ce couvent et les collatéraux de l’église, la façade de celle de San Pedro de Elonza, celle des Nonnes de San Pelayo à Oviédo, la chapelle neuve du couvent de Silos et l’escalier principal du couvent de San Beniloe/ifc«/àValladolid. Ce moine écrivit aussi de nombreux ouvrages sur les mathématiques et l’architecture, entre autres celui qui a pour titre : El arquitecto curioso, dans lequel, sous forme de dialogue, il critique les œuvres des architectes de son temps et leur reproche de s’éloigner des règles de l’architecture grecque. Martinez mourut le 4 février 1733. La même année mourut aussi un architecte étranger, français probablement comme son successeur, Esteban Marchand, chargé par Philippe II de la direction des travaux du palais d’Aranjuez, après Pedro Caro Idrogo. Le successeur de Marchand fut Léandre Brachelieu qui acheva l’édifice en 1739, avec la collaboration de Santiago Bonavia, dont il sera ci-après parlé.
Ascondo François, architecte et religieux de l’ordre de Saint- Benoît, né à Sarreta (Biscaye), en 1705, mort en 1781, fut l’architecte de la plus grande partie des communautés religieuses de la Castille construites au commencement du xvmc siècle; nous citerons les principales : l’église de Villardefradis et celle de Hornija; le prieuré de Sainte-Marie de Duro, le monastère de Fromisla et le couvent de Saint-Pierre-
des-Duègnes. On ne cite de lui qu’un édifice civil, l’hôtel Visconli Valoria à Valladolid. Ascondo mourut en 1781.
Filippo Juvara (1). élève de Carlo Fontana, avait déjà beaucoup produit en Italie, lorsqu’il fui appelé à Lisbonne d’abord et ensuite en Espagne, par Philippe V. 11 fit le dessin du palais royal que le souverain voulut construire sur les hauteurs de San Bernardino, mais la place qu’occupait l’ancien palais, incendié en 1734, et qu’on lui assignait, ne permit pas d’y élever l’œuvre de Juvara, que nous connaissons seulement par le modèle, en bois, conservé au musée d’artillerie de Madrid. Milizia la critique, tandis que lemarquisMaffei (àitdelaconceplion Jeplusgrandéloge; toujours est-il que Juvara mourut à Madrid, le 31 janvier 1736, après avoir désigné, comme l’architecte le plus capable d’exécuter l’œuvre qu’il avait rêvée, Gio Battista Sachetti, de Turin, son élève, qui s’était acquis déjà une certaine réputation à Turin en élevant le palais Parsana. On posa la première pierre de l’édifice le 7 avril 1737; mais le palais ne fut inauguré que vingt-sept ans plus lard, le 1er décembre 1764, et encore, les raisons que nous avons indiquées obligèrent Sachetti à refaire le plan de son prédécesseur, pour lui donner en profondeur et en hauteur ce qui allait lui manquer en façade. Tel qu'il est aujourd’hui, le palais royal de Madrid esl un parallélogramme de 132 mètres de côté, dont les façades diffèrent de beaucoup en élévalion, par suite de la déclivité du sol sur lequel il est construit. La façade principale, coupée par un pavillon central et flanquée aux deux extrémités de pavillons d’une saillie médiocre, se compose d’un rez-de-chaussée tout en bossage, d’un grand étage et d’un second étage couronné par une large corniche que supportent des pilastres à chapiteaux doriques et des colonnes ioniques suivant le slyle colossal; des balcons et des frontons alternativement circulaires et triangulaires ornent toutes les ouvertures. Audessus de la corniche règne un atlique supportant une balustrade couronnée par de grands vases. Toute la pierre, ornée de sculptures, esl une pierre blanche de Colmenar; le surplus de la construction est en granit d’une teinte rougeâtre. C’est pendant un voyage que fit, en 1727, Philippe V, que Juvara et Sachetti, aidés de Firmin, Thierry, Dumandré, Procœcini et Sanni
(1) Voir chapitre XII,