CHAPITRE XIV
tracèrent les jardins de la Granja, les semèrent de slatues, et ornèrent les salles de ce dernier palais, qui était complètement terminé à la mort de Philippe V (1746). Sachetli fut professeur à l’Académie de Madrid et mourut dans cette ville, en 1765.
Pendant que l’Italien Sachet Li construisait en Espagne, l’Espagnol Medrano élevait, sur les ordres de Charles III, alors roi des Deux-Siciles, le théâtre de San Carlo, à Naples, qui fut pendant longtemps le plus beau théâtre de l’Europe; personne n’ignore d’ailleurs que, de nos jours, il est facile de trouver à cet édifice des égaux et même des édifices supérieurs.
Ravaglio Virgilio qui dirigeait déjà les constructions du palais de Madrid, fut chargé, en 1738, par Philippe V, de dresser les plans du palais de Riofrio. C’est Carlo Faschina, puis Pedro Sermini et enfin Josef Diaz Gamones qui exécutèrent la construction de cette répétition du palais royal, à la différence que sa façade ne présente ni colonnes, ni pilastres doriques en saillie, mais de simples pilastres doriques sur leurs socles. Gamones fit à la même époque la caserne des gardes du corps et la Casa de los Infantes , également à Madrid. Miguel Aiguas est cité comme ayant construit, en 1739, la collégiale de Alcanilz en Aragon, église à trois nefs, ornée malheureusement à la manière churrigueriste et Tomas Miguel Albarran comme ayant élevé, en 1740, la lanterne qui couronne la tour de l’église de Ségovie. Enfin, en 1741, Martin Carrera, mort en 1768, était un architecte très répandu dans le Guipuzcoa : le nombre d’églises qu’il éleva ou acheva est considérable; à ne citer que celles de Miediloa, d’Escoriaza, de San Pedro del Lugar, les deux tours de l’église Sainte-Marie à Tolosa, le transept et les voûtes de l’église de Cegaina, etc.
Alasuited’un incendie arrivé, en 1748, au palais d’Aranjuez, Santiago Bonavia, Italien, de Plaisance, fut chargé des réparations dont il s’acquitta en altérant le plan primitif de Juan de lier rera. On doit à cet architecte les églises de San Antonio d’Aranjuez et de San Just y Pastor à Madrid, ainsi que le théâtre du « Buen Retiro » qu’a modifié depuis Bonavera y Pavia. Bonavia mourut à Aranjuez, en 1759, directeur honoraire de l’Académie de San Fernando.
C’est un Français, François Carlier, architecte de Philippe Y, qui entreprit la construction du monastère de las Saleras , à
Madrid, commencé en 1750 et inauguré le 30 décembre 1758. La décoration intérieure de l’église du couvent dans laquelle on entre par trois portes est d’ordre dorique. La façade extérieure, en un seul corps, soutenu par huit pilastres d’ordre composite, avec une tour à chaque extrémité, est couronnée d’un attique triangulaire percé d’une ouverture reposant sur un écusson aux armes de Philippe Y. La façade sur le jardin communiquant avec le palais de la reine est assez remarquable et l’œuvre tout entière s’éloigne, alors autant qu’il était possible à un architecte de ce siècle, du mauvais goût qui régnait en Espagne. Nommé, en 1744, directeur de la classe d’architecture, puis directeur honoraire de l’Académie de San Fernando, en 1752, François Carlier, épuisé par ses travaux, alla demander à la France la santé qu’il avait perdue, mais il mourut à Bayonne peu après son arrivée dans cette ville, le 29 décembre 1760.
Si Ventura Rodriguez fut appelé le restaurateur de l’architecture en Espagne, c’est qu’en effet il prouva dans toutes ses œuvres une profonde connaissance de son art, une grande pratique de la construction et posséda au plus haut degré la science de l’enseignement. A défaut du séjour à Corinthe, alors nécessaire à tout architecte qui prétendait arriver à la réputation des maîtres, scs éludes approfondies de tous les monuments romains épars sur le sol de l’Espagne et aussi des admirables édifices de style ogival qu’on y rencontre, lui valurent d’être rangé parmi eux. Né à Campozuelos, en 1717, élève d’Esteban Marchand qui dirigeait alors la construction du palais d’Aranjuez sur les plans de Juvara, il se fit connaître bientôt par ses études sur les dessins de Juan Herrerael, après la mort de Marchand, arrivée en 1733, c’est lui qui remplaça cet architecte à Aranjuez. Architecte de la ville de Madrid, directeur général de l’Académie de San Fernando, de San Carlos de Valence et membre de toutes les sociétés artistiques de l’Espagne, il s’acquitta avec un zèle égal de toutes ces charges et fut honoré de l’amitié de tous les grands personnages du temps. Un court résumé fera mieux connaître à nos lecteurs, l’importance de l’œuvre de Ventura Rodriguez : à Madrid, le dessin de l’église Saint-Marc, du couvent de Saint-Bernard (qui n’a jamais été exécuté), la façade de l’église des Prémontrés, rue de l’Inquisition, démolie pendant l’expédition d’Espagne, un magnifique spécimen de l’ordre ionique dans