CHAPITRE XIV
qui mourut en 1797, membre de l’Académie de San Fernando.
De 1780 à 1 798, c’est un architecte des Asturies, Manuel Reguero Gonzalez, qui orne la ville d’Oviédo de fontaines, de places et de promenades, parmi lesquelles celle de Chambéri; construit l’église de San Isidro, la mairie de Pravia, la chapelle de l’hospice sur les plans de Ventura et fait des additions à l’établissement thermal de las C aidas, à quelques kilomètres d’Oviédo. Comme ingénieur, on lui doit le pont del Grado et l’achèvement du môle de Gijon.
L’Espagne doit à Ramon Duran de Madrid, mort prématurément en 1797, le palais du comte de Torrepilares à Madrid, le palais et l’église de Mayanla en Estramadure, la villa du comte de Campo à Carabanchel, à Josef Garcia de Novelda, près Valence, l’hôpital général de Valence et plusieurs petites églises des environs; le palais de Werolk à Madrid et la chapelle des Architectes à Saint-Sébastien à Blas Bertran Rodriguez; la Bourse de Barcelone à Juan Soler y Fanega, né à Barcelone le 11 mars 1731, mort le 28 janvier 1794, mais c’est un Français qui donna les plans de cet édifice. La Bourse présente un grand quadrilatère de 370 mètres de large et de 12G de côlé; il a deux façades dont l’une fait face au palais du capitaine général. Chaque façade présente un assemblage de colonnes doriques et de pilastres ioniques, reliés ensemble et formant galeries; du « patio » qui est fort large, quatre portes d’ordre dorique percées sous les galeries établissent la communication avec le dehors. C. Bermudez cite aussi de cet architecte, la maison de Francesco Mardi sur la Rambla, dont il vante la façade sur les jardins.
L’architecte Juan de Villanueva, né en 1739, termina le siècle. Il fut directeur de l’Académie, architecte « mayor » et directeur de la salubrité de Madrid, intendant de province et mourut chargé d’honneurs à Madrid en 1811. L’incendie qui dévora la « Plaza Mayor » de Madrid, lui donna de nombreux travaux parmi lesquels nous pouvons citer : la réparation de la prison de Corle, du Colisco del Principe , des palais San Lorenzo et San lldefonso. On lui doit également à Madrid l’église del Cabellero de Gracia , le théâtre del Principe , l’entrée du jardin botanique, l’Observatoire, la Casa de Oficios , les palais du ministère d’Etat et de Hacienda, le palais des Infants, le grand escalier de l’Escurial qu’il déplaça sans nuire à l’harmonie générale
de ledifice. Comme ingénieur, Villanueva ouvrit les routes d’Aranjuez et de la Granja, des routes de communication entre la Catalogne et F Aragon, établit des canaux, entreprit le dessèchement des marais de Villena et de Temblique. Enfin on lui doit la construction du Musée actuel des tableaux, sur la promenade du Prado; œuvre admirable, dit Bermudez, mais on nous permettra de ne pas partager l’enthousiasme du biographe de Villanueva.
A Juan de Villanueva succéda un autre élève de Ventura Rodriguez, Manuel Martin Rodriguez, dont il était le cousin, né à Madrid en 1746, et comme Villanueva, architecte « mayor » de la ville de Madrid, architecte du roi, commissaire inspecteur général des postes, directeur de l’Académie de San Fernando, etc., etc. Martin Rodriguez construisit beaucoup à Madrid, de 1786 à 1823, époque de sa mort. Nous citerons delui : le Conservatoire des Arts et Métiers, le palais de l’Académie royale, celui de Valverde, le couvent de San Gil, transformé en caserne de cavalerie, le dépôt des cartes de la marine [Deposito hidrografio , calle de Alcala). Hors de Madrid, il éleva la Douane et divers autres édifices publics à Malaga, des retables à Salamanque et à Lerida, donna les plans de l’église de Santiago de Cuba, etc., etc.
De Silvestre Perez, né, en 1767, à Epil, près de Saragosse, et mort à Madrid le 17 février 1825, il y a lieu de citer un grand nombre de maisons princières à Madrid, entre autres celle du marquis de Escalona, et un théâtre, celui de Vittoria. Directeur de l’Académie de San Fernando, il séjourna six mois à Paris et eut jusqu’à sa mort de nombreuses relations avec les architectes français. On lui doit le plan du pont de pierre sur le Guadalquivir devant Séville, destiné à remplacer l’ancien pont de bateaux dont la construction remontait au temps de l’occupation mauresque; ainsi que le plan de la place de la Encarnacion.
L’œuvre principale de l’ingénieur Francesco de Artiga, originaire d’Huesca, professeur de mathématiques, fut le réservoir grâce auquel presque toute cette partie de l’Aragon se trouve irriguée et, par conséquent, fertile. Un premier exemple de ces réservoirs en montagne fut celui que fit construire Philippe II à Alicante et qui transforma véritablement celle contrée d’abord stérile. Mais Artiga fut aussi l’architecte du palais de l’Université,