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CHAPITRE XIV

(1690) architecte des palais de Salvalerra, de Magosser et d'Almetrani, ainsi que du monastère de Batalha. Le couvent des Gaetans à Lisbonne, date aussi, à peu près, de celte époque et eut pour architecte un Modénois, le moine théalin Guarini dont nous avons déjà cité le nom, en faisant l’histoire de l’architecture en Piémont. Mort en 1683, Guarini était, il est presque inutile de le dire, un des fervents disciples de Borromini et son mauvais goût se manifeste dans l’œuvre qu’il a laissée en Portugal, aussi bien que dans ses travaux d’Italie.

Mais nous arrivons à un artiste dont l’œuvre plus importante que celles qui précèdent mérite d’être citée, malgré ses défauts; c’est l’allemand Frédérico Ludovici ou Ludovice (sans doute), d’origine italienne, qui, né en 1672, vint à Lisbonne en 1697. Le roi Jean V le chargea immédiatement de divers travaux et notamment de son palais de Mafra. Cyrillo a écrit ce qui suit au sujet de cet édifice : « Jean V voulut faire un second Escurial. La façade en est longue de plus de 1000 palmas (216 mètres environ). Bramante, Buonarotti, Peruzzi, Raphaël, Palladio et autres ont heureusement banni la manière gothique et rétabli le beau style des Grecs : ce goût était encore en usage, quoiqu’un peu (?) altéré par les libertés de Borromini et d’autres grands hommes que loul le monde voulut imiter. L’architecte de Mafra prit aussi ses libertés, mais modestement et discrètement; dans les tours et dans la coupole, il usa de courbes comme Borromini ; dans l’église, il imita celle de Saint-Ignace inventée par les dominicains ; ailleurs il suivit les exemples fournis par le Vatican, par les tours de Saint-Ignace, de la place Navona, à Rome; il imita aussi Vignole, Collocio, Scamozzi, Palladio etPozzo. 11 y a là des statues deGiussi, Magre, Rasconi, et des peintures de Trevisani, Vieira, Lusitano, Corrado, Massucci, Conca, Solimena, Pedro Bianche, Quilhard, Ignacio de Oliveira, etc. » La première pierre de Mafra posée en 1717, l’église fut consacrée en 1730, pendant que l’architecte élevait la chapelle principale de la cathédrale d’Evora. Nous devons dire qu’Àntonio Canevari (voir ce nom aux architectes italiens) avait été chargé d’abord de faire le plan du palais de Mafra, mais que le plan de Ludovici lui fut préféré; on l’en consola en lui donnant à bâtir la tour de « l’Horloge » à Lisbonne. Ludovici mourut en 1752, âgé de plus de quatre-vingts ans, laissant deux fils dont l’un, Joseph Joachim,

architecte comme son père, fit le plan de l’église et du couvent du Saint-Esprit. Quoiqu’il soit mort septuagénaire à Caldas, en 1803, on ne cite pas d’autres travaux de Joseph-Joachim

Bernardez Ignacio d’Oliveira dont on vient de lire le nom écrit par Cvrillo, était né à Lisbonne le 1er février 1695. On l’envoya à Home faire ses études d’architecture et de peinture et, à son retour, on le chargea de dresser les plans d’une église : Sainl-François-de-Paule. De plus, en l’absence de Bibiena, il eut la direction des théâtres royaux et du palais Queluz, à onze kilomètres de Lisbonne, dont il fut d’ailleurs l’architecte, comme il fut celui de l’hôtel Gérard de Vismes. Entré en 1718 dans la confrérie de Saint-Luc, il fut élu, en 1780, comme Francisco Vieira, directeur de la classe de modèle vivant et mourut le 18 janvier 1781. Son successeur au palais de Queluz fut Mathieu Vicente, architecte aussi du couvent et de l’église du Cœur-de-Jésus. Nous ne savons de Yicente que l’année de sa mort (1786).

En 1725, le chapitre des bénédictins de Pendorado décide l’érection de l’église et du monastère et choisit comme architecte, Miguel Fernandez, dont la vie nous est inconnue, àmoins que ce ne soit le même que l’architecte espagnol du couvent de Montesa à Valence, dont nous avons fait la biographie, page 352. En 1745, le palais et l’église des Necessidades sont commencés par Gaetano Thoma de Lissabon, qui laisse comme élève Emmanuel Gaetano de Sousa.

L’œuvre de Sousa consiste dans la reconstruction des églises de l’Incarnation, de Saint-Dominique et de la chapelle de Bemposta; il fut aussi l’architecte de sa propre maison et de celle de Domingos Mendes à Lisbonne; enfin, on lui doit la tour de la chapelle royale d’Ajuda. A l’occasion de tous ces travaux, il fut nommé colonel d’artillerie et mourut en 1802, à l’âge de soixante-quatre ans. Mais la tour d’Ajuda n’est qu’un pygmée, auprès de la « Tour des Clers » de Porto. Celle-ci fut construite, de 1732 à 1763, par un architecte ilalien, Niccola Mazoni ou Mazzoni qu’on accuse d’ailleurs d’avoir modernisé déplorablement la cathédrale de cette ville. Le bâtiment du conseil des Finances dut être réédifié vers cette époque et eut pour architecte Josef Manteno de Garvalho dont on ne nous donne que le nom, pendant que Félix Vicente Alméida, frère

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