‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 191 sur 232 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

du sculpteur Josef Alméida, recevait sa nomination d’architecte et de sculpteur de la maison royale.

Lorsque Giacomo Carlo Bibiena (voir ce nom aux architectes italiens) eut été appelé d’Italie par le roi Joseph pour décorer le théâtre royal de Lisbonne, il y fit venir un de ses compatriotes, Giacomo Azzolini. Il y avait deux ans qu’ils travaillaient, lorsqu’arriva le tremblement de terre de 1755, qui détruisit leur œuvre de fond en comble. Alors Azzolini se rendit à Coïmbre et s’occupa, comme architecte, de l’achèvement du séminaire de cette ville; mais, en 1 767, le roi le rappela à Lisbonne pour diriger la décoration du théâtre d’Ajuda, ce qu’il fit tout en se livrant à divers travaux d’architecture, tels que la construction des tours de Saint-François-de-Paule et du manège royal. 11 était déjà près de sa mort arrivée en 178G ou 1787, lorsqu’il provoqua tous ses élèves décorateurs à un concours qui lui permit de se désigner un successeur. Les esquisses de Bischeti et de Piolti furent classées les premières, mais la chose en resta là et Azzolini mourut sans s’être décidé en faveur de l’un ou de l’autre concurrent.

Une famille d’architectes portugais, celle des Sanlos, commence à se faire connaître en 1751 dans la personne d’Emmanuel Rodriguez dos Santos, qui fut chargé de diriger la pompe funèbre de Jean Y. Puis vient Emmanuel Renaud dos Santos qui remplaça, en 1775, Michel-Ange de Velasquez, comme architecte des travaux publics : celui-ci, architecte de l’église dos 31 art? res et du Cœur-de-Jésus puis auteur de la fontaine des Janales Yerdos meurt vers 1790. Mais le plus célèbre fut Eugenio dos Santos de Carvalho qui parut à point en 1775, alors que la catastrophe rappelée plus haut avait détruit une partie de Lisbonne. Quoique, au dire de Cyrillo, « ce travail fût au-dessus des forces d’Eugenio et aurait dû être confié au plus grand architecte de l’univers », Carvalho fut néanmoins l’architecte du palais que le roi se proposa alors de faire élever dans la Campolide; il eut d’ailleurs dans ce travail un collaborateur (quelques auteurs même prétendent qu’il fut l’auteur du plan du palais), Giovanni Antinori, architecte italien, obligé peu après de s’exiler de Lisbonne, parce qu’il avait mal parlé du marquis de Pombal. Nous ignorons la date de sa mort ainsi que celle de la mort de Sanlos de Carvalho.

Une année seulement avant le tremblement de terre de 1755, Honorato José Corréia de Macedo é Sa, naissait à Lisbonne et se faisait admettre, à l’âge de neuf ans, dans l’atelier d’architecture de l’Arsenal royal où son père était employé comme sculpteur et graveur. Doué d’une fécondité prodigieuse, il établit, en 1785, un plan général de Lisbonne, plan conservé à la « Typographie royale » et en commença l’exécution en construisant une quantité d’hôtels et de maisons particulières ; puis, en 1812, il présenta au conseil de régence le dessin d’un monument à ériger sur la place du Rocio, dans lequel figuraient réunies les statues de Jean VI et de George III, roi d’Angleterre. En 1819, Corréia fit le plan de l’église Santa Engracia et, en 1821, celui de la fontaine de Cordoaria, mais nous ignorons la date de la mort de cet architecte.

Issu d’une famille d’artistes, en 1747, José da Costa é Silva avait été étudier à Rome, dans l’atelier du dessinateur Charles- Marie Ponzoni et de l’architecte bolonais Lani. Déjà possesseur du brevet de membre de l’Académie de Saint-Luc, il obtint, à son retour de Rome, la chaire d’architecture de l’Ecole de Lisbonne. Son œuvre principale dans son pays est assurément le théâtre Saint-Charles de celte ville. Lorsque la danseuse Zamperini vint s’établir avec sa troupe sous le règne de dom Joseph, dans la rue de Dos Condes, la salle dans laquelle elle donnait ses représentations était absolument insuffisante; c’est alors qu’une compagnie financière se forma dans le but d'ériger un théâtre digne de la capitale du Portugal. Les travaux, sous la direction de José da Costa, furent menés avec la plus grande activité par Sébastian Antonio da Cruz Sobral et le nouveau théâtre put être ouvert au public le 29 avril 1793. « On sent, en le voyant, que l’archilecle s’inspira du théâtre San Carlo de Naples qu’il avait pu étudier à loisir en Italie (1). Tous les corridors sont voûtés, ainsi que les escaliers qui conduisent aux loges, et les issues sont tellement bien distribuées que la salle peut être vidée en un instant. La scène est d’une profondeur considérable ; on y a vu manœuvrer à la fois quatre-vingts chevaux. » Da Costa fut aussi l’architecte de la Trésorerie ( Tresoro Nuovo), de l’église et de l’hôpital de Runa et fut enfin le collaborateur de

(I) J. daCosta avait d’autant mieux étudié le théâtre de Naplesqu’il y travailla avec Joly, en 1747, alors qu’il n’était encore qu’élève.

Page 1