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CHAPITRE XV

en est divisé en Irois nefs: au centre s’élève la grande coupole soutenue par quatre massifs carrés entre lesquels se dressent de chaque côlé deux énormes colonnes en granit égyptien ayant 4 mètres de circonférence à la base et qui proviennent du palais impérial (Augu.stéon) de Justinien. Les chapiteaux de ces colonnes sont en marbre blanc et supportent la double galerie qui court autour de la coupole centrale. Celle-ci est accompagnée de deux demi-coupoles et de dix coupoles plus petites.

La mosquée de Bayézidièh (Bajazet), située en face du « Séraskiérat », fut bâtie en 1505 et rappelle un peu, par sa construction, les mosquées élevées par les Arabes. Elle est précédée d’une première cour servant de bazar; la seconde formant mosquée est entourée d’un portique ogival en marbre blanc et rouge soutenu par des colonnes de porphyre ou de brèche verte avec des chapiteaux et des bases de marbre blanc. Elle est à trois nefs dont une grande et deux plus petites. La grande porte est de marbre sculpté en stalactites : deux minarets à une seule galerie complètent l'édifice.

La mosquée de Nouri-Osmanicli (la lumière d’Osman), bâtie vers 1618, présente un carré parfait surmonté d’une coupole unique. Du côté de l’ouest, la grande entrée est précédée d’une cour demi-circulaire entourée d’un portique en plein cintre soutenu par de belles colonnes de granit. Cette mosquée ne possède que deux minarets à deux étages.

Quelques années avant la construction de la « Nouri-Osmanièh » (1610) Achmet ou Ahmed 1er avait élevé l’ Ahmédièh, la principale mosquée de Constantinople après Sainte-Sophie. L’édifice est entouré d’une vaste enceinte plantée d’arbres et dominée par six minarets à trois galeries élégamment décorées. La grande entrée de « l’Ahmédièh » consiste en une porte arabe élégante par laquelle on pénètre dans une cour entourée d’un portique formé de quarante petits dômes soutenus par des colonnes de granit égyptien. Au centre de cette cour est une fonlaine entourée de six colonnes et de six arcades en ogive.

Le plan de cette mosquée est bien simple : il présente un rectangle de 72 mètres sur 64 mètres; le dôme principal est soutenu par quatre piliers circulaires, dont les chapiteaux sont taillés en stalactites et entourés à mi-hauteur d’une bande plane couverte d’inscriptions pieuses. On compte en tout neuf coun. 24

pôles dans cette mosquée. Les arcades de l’intérieur sont ogivales et soutenues par de nombreuses colonnes de granit et de marbre.

La mosquée de Yéni-Djami (ou de la Yalidèh sultane), située à l’extrémité du premier port, a été bâtie vers 1649 par Validèh-Terkhan-sultane, mère de Mahomet 1Y. La Yéni-Djami se reconnaît à ses deux minarets cannelés qui portent trois galeries élégantes et à son dôme (lanqué de quatre demi-coupoles et de plusieurs petits dômes secondaires. La cour est entourée d’un beau portique à ogives en marbre.

Citons encore la mosquée de Laléli , fondée en 1760 par Mustapha III. De dimensions beaucoup moindres que les précédentes, elle se compose d’une seule coupole bâtie sur une plateforme élevée et flanquée de deux minarets de forme polygonale dont les galeries sont fort élégamment ornées. Enfin, si nous donnons ici la description de la Mahommédièh (mosquée de Mahomet), c’est parce qu’elle est véritablement un édifice du xvme siècle, puisqu’elle a été presque complètement rebâtie par l’ordre de Mustapha III après le tremblement de terre de 1763. Nous n’ignorons pas d’ailleurs qu elle avait été élevée en 1469 par l’architecte grec Christopoulos sur les ruines de l’ancienne église des Saints-Apôtres fondée par Constantin le Grand pour servir de lieu de sépulture aux empereurs d’Orient (1).

La restauration de la mosquée de Mahomet dans un style semi-italien en a complètement, on le comprend, altéré le caractère primitif. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’une grande masse divisée en trois nefs, couronnée d’une immense coupole de 78 mètres de hauteur, flanquée de quatre demi-coupoles et d’un nombre considérable de petits dômes secondaires. Deux minarets à deux étages, qu’on aperçoit de fort loin, complètent l’édifice.

La mosquée du faubourg d’Eyoub où le sultan, montant sur le trône, allait ceindre le sabre d’Osman, est également un édifice du xvme siècle et son auteur a été certainement inspiré par la vue des édifices italiens de celte époque. Les colonnes, les entablements, les arcades en plein cintre, en un mot, les grandes lignes architecturales de l’édifice rappellent les procédés de

(I) Il ne restai!, plus rien, avant le tremblement de terre de 1763, de l’église primitive ni des tombeaux ruinés par les Latins lors de la conquèle de Constantinople en 1204.

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