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CHAPITRE XV

l’école italienne; il n’y a de vraiment lure que la coupole centrale et les demi -coupoles plantées sur les pavillons qui forment l’enceinte de la mosquée. Ces pavillons sont autant de chapelles sépulcrales renfermant le tombeau du Prophète, celui de la mère de Sélim III, celui d’Husseïn-Pacha et ceux de beaucoup de hauls fonclionnaires du palais.

Nous ne pouvons nous dispenser de mentionner ici un édicule de 1703, la fontaine d’Ahmed III, qui fait face à la porte Bab- Humaïoun. Elle est indiquée dans les guides comme « un des plus ravissants spécimens de l’art turc ». En réalité, c’est un petit édifice carré, tout en marbre blanc, flanqué à chacun de ses angles d’un kiosque grillé dont le toit affecte la forme admise par les Chinois dans leur architecture si bizarre. Il n’a vraiment de remarquable que l’ornementation inouïe qui le décore, ornementation dont l’exécution est bien inférieure, d’ailleurs, à celle des édifices datant de la grande période de l’art arabe.

L ' Eski-Sérdi ou vieux sérail, construit sous le règne de Mahomet II et qui avait servi de résidence au sultan jusqu’au grand incendie qui le dévora en 1865, n’est pas à proprement parler une œuvre architecturale susceplible de figurer dans un ouvrage d’où sont bannies les descriptions pittoresques dues le plus souvent à l’imagination du narrateur. Les murs épais et les portes flanquées de tours carrées et massives qui forment l’enceinte de « l’Eski-Séraï » , à l’exception peut-êlre de la porle Bab-Hinndioun , tout en marbre blanc et noir avec deux petites colonnes vert antique enchâssées dans la muraille, sont des spécimens de l’architecture militaire des Turcs au xve siècle. Quant aux pavillons, aux kiosques, aux salles d’audience, etc., amoncelés sans ordre dans l’enceinte, ce sont des bâtisses sans aucun caractère architectural, des constructions où tous les styles turcs, chinois, italien même, ont été amalgamés sans le moindre souci des règles de l’architecture. On cite parmi elles, et nous citerons seulement, après les guides, la salle du Trône ou Divan , le pavillon du Trésor et le kiosque de Murad ou de Bagdad.

Tl y a lieu de compléter ici la nomenclature des édifices construits par les conquérants de l’Algérie pendant les xvne et xviiic siècles, en mentionnant d'abord la Djama-el-Djédid (Mosquée Neuve) à Alger, élevée en 1660 par les ordres de la

milice turque et avec les fonds du « Seboul-Kheiral » (œuvres pieuses) parce que c’est un des rares exemples de l’érection d’une mosquée due à une action collective ; les autres étant généralement l’œuvre de particuliers. La Mosquée Neuve affecte la forme d’une croix grecque, elle n'est donc point conforme à l’ancien type arabe que nous avons décrit bien des fois. Au point d’intersection des branches de la croix s’élève une coupole ovoïde qu’entourent quatre dômes plus petits; un minaret carré, crénelé et surmonté d’une lantérne, complète l’édifice dont l’architecte, inconnu d’ailleurs, devait être un esclave chrétien.

Sur les bords du Tigre (aujourd’hui le Chatt), dans la Bagdad qui fut pendant cinquante ans la capitale du khalifal d’Orient, l’ancienne ville des khalifes que la civilisation arabe éleva au niveau de Cordoue, on chercherait en vain les traces d’Haroun al Baschid et de Zobedieh.

Les onze siècles qui se sont écoulés depuis la fondation de Bagdad par Abou Djafar el Mansour, les guerres avec les Turcomans rebelles à l’autorité des khalifes et les inondations du Tigre, tout a contribué à la destruction des splendides édifices élevés par les premiers disciples du Prophète. Ceux qu’on y voit maintenant sont relativement modernes : d’abord, la mosquée du Meïdan (de la Place ou d’Ahmel Kinaïa) entièrement recouverte de briques émaillées. Sa coupole ovoïde, décorée d’arabesques couronne assez majestueusement une lanterne percée de fenêtres ogivales. Une arcature, ogivale également, l’entoure et un minaret, à un étage, se dresse à droite de la porte monumentale de la mosquée qui rappelle, dans sa structure et ses détails, celles de la Perse. De l’autre côté du Tigre, dans la partie de la ville habitée par les Persans et les Arabes du désert, s’élève la mosquée Iman Moussa , remarquable par ses deux coupoles et ses quatre minarets brillants d’émaux et d’arabesques au milieu des palmiers dont ils dépassent la tête souple et gracieuse. A mentionner enfin le « turbé » du cheik Omar surmonté d’une pyramide ou plutôt d’un cône assez disgracieux orné de facettes cannelées; entouré d’une haute muraille que dépasse un minaret à un étage, en briques de couleur; ce tombeau est d’ailleurs une pelite mosquée où les fidèles se réunissent à certains jours de la semaine pour prier.

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