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CHAPITRE II

de-Pilié et la chapelle des Pénitents noirs à Villefranche-de- Rouergue portent la date de 1628 et de 1642; les architectes ou du moins les directeurs de ces travaux se nommaient Antoine Giberges et Pierre Didry.

Nous avons déjà parlé de l’église cathédrale de Rodez, élevée sur l’emplacement de l’église primitive qui s’écroula en 1275, et nous avons indiqué l’architecte Étienne comme étant, d’après des documents à peu près certains, celui qui donna les plans du nouvel édifice. Nous allons examiner ici quels artistes succédèrent à Étienne dans ces travaux qui ont occupé presque entièrement le xivc, le xve et le xvic siècles, ainsi que nous l’avons rappelé.

Nous n’avons à en citer aucun pendant le xivc siècle, mais, en 1449, nous trouvons à la tête des travaux (qui probablement furent interrompus pendant celte période) Raymond Dolhas chargé par l’évêque Guillaume de la Tour d’Olliergues d’élever (( la dernière croisée». Son fils lui succède; puis viennent à la tête des travaux Anthony Bernard, de 1502 à 1510, et, après lui, en 1513, Antoine Salvanh et Jean Salvanh père et fils; en 1526, sous l’épiscopat de François d’Eslaing, s’élève enfin le clocher dont l’architecte s’appelait Cusset; mais son nom est tout ce que l’on connaît de cet artiste. Nous sommes plus heureux avec Guillaume Philandrier à qui on doit le couronnement de la façade principale « les deux travées de voûte qui joignent celte façade, la tribune qui occupe le fond de la nef et se prolonge sur les bas côtés ». Philandrier était né en 1505, à Chalillon-sur-Seine et alla se fixer à Rodez auprès du cardinal d’Armagnac en 1533. On attribue également à cet architecte, qui mourut à Toulouse le 8 février 1563, le plan de l’évêché et quelques maisons à Rodez. Nous ne quitterons pas le diocèse de Rodez sans mentionner une dernière œuvre de ce temps; le clocher de l’église Saint-Cyprien dont l’architecte fut, en 1 562, Antoine Fumel. Dans l’Aveyron et vers la même époque, en 1503, Jean Auguassa, né à Cordas, en Albigeois, complétait, au moyen d’un clocher, l’église Saint-Jean-Baptiste d’Espalion, tandis que Delmas de Cruejouls et Antoine Salvard (ou Salvanh ?) élevaient le portail et la rose de cette église. L’édifice, commencé en 1427, se trouva ainsi terminé le 9 octobre 1524.

C’est en 1490, seulement, sous l’épiscopat de Yves Mayeuc,

que furent jetés les fondements de la cathédrale de Rennes, le chef-lieu de la religieuse mais pauvre Bretagne. Plusieurs noms d’architectes sont cités comme ayant concouru à l’édification de cette masse de granit: d’abord celui de Thomas Pihourd, qui y travaillait en 1527 puis celui de Nicolas Rabault, qui éleva le grand portail en 1540 ou 1541. Entre Rabault et Tugal Carist qui, de 1640 à 1646, construisit la tour qui couronne la façade, longue interruption causée parles troubles religieux qui suivirent la mort d’Yves Mayeuc. Tugal a pour successeurs Pierre Corbineau, de 1654 à 1658, puis François Huguet en 1679 et l’église est enfin achevée vers 1700. Disons encore que pendant que Rabault travaillait à la construction de la cathédrale, Robert Jarde élevait les tours de l’église Sainl-Remy de Rennes.

En 1542, à Valenciennes, l’abbé Michel de Franqueville dirige la reconstruction du chœur de l’église de Gergy ; en 1533, Antoine Moyne élève l’oratoire de Notre-Dame de l’Espérance, au Piatat , près Villefranche-de-Rouergue ; en 1548, Jean-Guillaume L’Escale, architecte de Toulon, reconstruit l’église de Gallan (Hautes-Pyrénées); en 1515, Jean François, dont nous aurons à reparler comme architecte du chateau de Madrid, achève l’église Saint-Aspais de Melun; en 1525, Jean Bullant (sans doute l’architecte du château d’Écouen, voir page 53) celle des Prémontrés de Saint-Jean hors les Murs, à Amiens; en 1554, Nicolas Witasse restaure Saint-Jean des Vignes à Soissons, et, en 1584, un carme déchaussé, le P. Bacquet, commence le couvent de la Visitation, à Gray. Enfin c’est à Charles Viart, qui s’était acquis une certaine célébrité par la construction du petit Hôtel de ville de Beaugency, que fut confiée celle de l’Hôtel de ville d’Orléans en 1544. Quoique l’édifice n’ait été terminé qu’en 1598 on peut conclure, de l’unité de son style, que le plan de Viart a été respecté par ses successeurs.

Carlo Gregori. sc

PELLEGRINO PELLEGRI N I

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