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CHAPITRE III

C’est sous Louis XIY que les tours furent remplacées par les pavillons que nous veyons aujourd’hui. La cour intérieure a, àpeu près, conservé sa physionomie première et présente deux étages d’arcades derrière lesquelles s’ouvrent, sur deux rangs, des baies cintrées qui éclairaient les appariements. Lachapelle, beaucoup plus ancienne que tout le reste du château, est une construction ogivale ordonnée par saint Louis. En somme, c’est un spécimen assez pauvre de cette brillante époque de l’architecture française et son architecte ne nous est pas connu.

Quant au château de Madrid, ainsi nommé par les courtisans blessés de l’éloignement dans lequel les tint pendant quelque temps le roi « renfermé dans cette demeure comme dans une prison au milieu des artistes et des poètes (1) », il fut construit vers 1530 et destiné à un rendez-vous de chasse. Élevé au milieu du bois de Boulogne, sur un terre-plein quadrangulaire de 8 mètres de largeur entouré de fossés, le château de Madrid présentait un étage demi-souterrain, voûté, contenant les cuisines et les offices, un rez-de-chaussée et trois étages surmontés de combles mansardés. Les deux premiers possédaient des portiques, lieu de promenade extérieure, flanqués de pavillons saillants qui épaulaient la construction. Les logements divers s’ouvraient sur les portiques. La décoration était différente de celle du temps; elle se composait surtout de panneaux de terre cuite émaillée, semés dans les frises, entre les archivoltes, partout où le sculpteur aurait donné carrière à son imagination.

L’architecte du château de Madrid fut le « maître maçon » Pierre Gadier ou Gaydier, mort en 1531 et qui eut pour successeur, en 1537, Gratien François et Jean François son fils, « maître des ouvriers de maçonnerie pour le roi en Touraine », puisqu’on voit celui-ci assister en celte qualité, à la réception de tous les châteaux royaux qu’on éleva dans cette province en 1554. Les deux architectes furent aidés dans leurs travaux par le faïencier italien délia Robbia et durent avoir plus d’une fois à combattre l’influence étrangère. Comme celui de Chambord, le château de Madrid n’était pas achevé lorsque mourut François Ier. Ce fut Philibert de l’Orme qui construisit la façade du nord et prit pour collaborateur le faïencier limousin Pierre Courtois ;

(1) Albert Lenoir, Recueil des plus beaux bastiments, etc.

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