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CHAPITRE IV

policent, où les arts et les sciences unissent leurs efforts pour la mettre au rang des premières nations du monde sous ce rapport. Le Louvre est bien un monument français dans lequel l’influence étrangère ne se fait pas sentir, c’est un monument orginal... »

Le reste de l’œuvre connue de Pierre Lescot se compose de l’hôtel Carnavalet (appelé ainsi par corruption du nom de la famille de Kernovenay, qui en fut propriétaire). Commencé par Jean Bullant, nous le rappelons, il a été, grâce à Dieu, sauvé de la tourmente qui a emporté à Paris tant de gracieux édifices de la Renaissance; nous n’avons donc pas aie décrire. Qu’on nous permette de dire seulement que l’hôtel Carnavalet fut érigé sur l’ordre de Jacques de Ligneris, seigneur de Crosme, président au parlement et qu’il fut modifié par Androuet du Cerceau et Pierre Mansart; nous aurons donc à y revenir. De Lescot sont aussi le jubé de Saint-Germain-l’Auxerrois et la fontaine des Innocents, dans lesquels travaux il eut pour collaborateur Jean Goujon. Il dirigea d’ailleurs les travaux du Louvre jusqu’à sa mort, arrivée le 10 septembre 1578; il était alors abbé commendataire de Clermont près Laval, chanoine de Notre-Dame de Paris et âgé, pense-t-on, de soixante-huit ans.

La construction du Louvre fut continuée, sur l’ordre de la reine Catherine de Médicis, par un architecte nommé Pierre Chambiges. Ce Cliambiges ou Cambiche était certainement de la famille de l’artiste qui coopéra, de 1500 à 1528, à l’érection de la cathédrale de Beauvais et probablement le fils de Pierre Chambiges, premier du nom, architecte en 1509 de la cathédrale de Troyes(l). La part de Chambiges dans l’édification du palais fut une galerie composée d’un seul rez-de-chaussée, terminée par une terrasse sur laquelle le roi faisait sa promenade. C’est Henri 1Y qui fit élever un étage sur cette galerie pour mettre en communication les appartements du Louvre avec ceux qu’il faisait construire sur le quai. L’architecte eut le bonheur de rencontrer un remarquable collaborateur dans le sculpteur Barthélemy Prieur, qu’il avait pu apprécier à Écouen; le véritable génie de l’artiste et, pour tout dire en un mot, l’ordonnauce de la galerie de Chambiges ont fait de son œuvre le digne pendant de celle à côté de laquelle il avait dû l’élever.

(1) Voy. t. Ior, p. 260.

Mais déjà l’art de la Renaissance perd de son originalité française et va. promptement en dégénérant de cette époque au règne de Henri III. Les grands maîtres manquent et ce n’est pas dans l’Italie, où la décadence de l’architecture fait depuis cinquante ans de déplorables progrès, que notre art peut se retremper. Ajoutons à cela que les guerres religieuses qui ont pour terrible épilogue la Saint-Barthélemy étaient peu faites pour protéger son essor et nous trouvons dans ces causes l’explication de la rapidité, pour ainsi dire foudroyante, avec laquelle s’éteint cette période éclatante dite de la Renaissance.

Il serait difficile de citer, à Paris, une œuvre architecturale témoignant d’un progrès dans ce sens; toutes inclinent vers une infériorité notoire. Cependant il existait encore des artistes et parmi eux, au premier rang, nous devons citer les Androuet du Cerceau.

Connu comme graveur, dès l’année 1537, Jacques Androuet du Cerceau (premier du nom) dont une des dernières œuvres authentiques, le Livre des édifices antiques romains , porte une dédicace adressée à Jacques de Savoie, duc de Nemours, et datée de 1584, doit être né vers 1515 et peut-être avant. Callel le fait naître à Orléans, d’après Calleo Ramegnesi et Polluche, et surtout en s’appuyant sur ce que, sauf la Carte du pays manceau , ses premiers ouvrages ont été publiés dans cette ville; mais d’autres biographes, s’appuyant sur le témoignage de Lacroix du Maine, le font naître à Paris.

Il appartenait, ainsi que ses deux fils, à la religion réformée, ce qui fut cause des persécutions qu’ils éprouvèrent et l’on croil même que Jacques Androuet, qui vint plusieurs fois habiter Monlargis, où il possédait le droit de bourgeoisie, se réfugia, dans un âge avancé, à l’étranger, où il mourut vers la fin du xvic siècle.

Suivant Callet, son père fut son premier professeur d’architecture, et le fameux Stephanus de Laulne l’aurait initié aux secrets du burin. D’Argenville dit même positivement que « Androuet fut au nombre des architectes français, qui, à la faveur du cardinal d’Armagnac, allèrent en Italie se perfectionner par l’étude des antiquités », et quoique d’Argenville ne cite aucune pièce à l’appui de son assertion, ce voyage paraît probable, car toutes les premières productions d’Androuet se rapportent aux monuments antiques restés encore debout à Rome.

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