‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 33 sur 232 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

élévations et singularités d'un chacun. Ces deux volumes in-folio, dont la première édition parut à Paris en 1576 et en 1579, renferment, outre les iconographies de résidences royales ou de châteaux privés, des notices malheureusement trop succinctes sur les édifices reproduits par la gravure. Tous deux sont dédiés à Catherine de Médicis. Enfin, outre un plan de Rome antique, (et peut-être un plan de Paris) les vues de Lyon et d’Anvers, un petit Traité des cinq ordres de colonnes , le livre ayant pour titre les Edifices antiques romains , et une Suite de monuments antiques , il nous reste à citer un Recueil de temples et habitations fortifiées , et, suivant Destailleur, un certain nombre de planches isolées, dont quelques-unes, des plus curieuses, probablement deslinées à un troisième volume des Bastiments de France , représentent la Bastille, la fontaine des Saints-Innocents, le bâtiment construit « récemment » entre le Petit-Pont etl’Hôtel- Dieu, le pont Saint-Michel et une perspective de l’intérieur de la Grand’salle du Palais, à Paris.

Nous terminerons la notice biographique de Jacques Androuet du Cerceau en disant que les nombreux dessins laissés par lui sont généralement faits à la plume, sur peau de vélin, avec beaucoup de finesse, et les ombres indiquées très légèrement à l’encre de Chine. LaBibliolhèquenationale, la bibliothèque Saint-Geneviève, et quelques collections françaises et anglaises possèdent un certain nombre de ces études dont les différences avec la gravure, ont souvent fourni de précieux renseignements pour le classement de l’œuvre si considérable de cet architecte à la fois dessinateur d’un rare talent et graveur des plus renommés.

Jacques Androuet du Cerceau eut au moins deux fils, peutêtre trois; mais deux furent architectes des rois de France : l’un, sans doute l’aîné, s’appelait Jean-Baptiste, et le second, Jacques, comme son père.

Jean-Baptiste Androuet nous apparaît dès l’année 1575, pendant laquelle, suivant les Mémoires du duc de Nevers, il entra, lui seul de huguenot, dans la garde nouvelle des quarantecinq gentilshommes ordinaires de Henri III. Ce roi le prit à son service, et par faute d’autre, lorsque, dit ce témoin oculaire, « Sa Majesté estait en si grande affection de faire bastir une maison de plaisance autour de Paris, pour ce que ce petit homme pourtrait fort bien et mieux qu’hommc de France et estait dili-

gent, actif et soigneux aux commandements qui lui estaient faicts; etc... » Le duc de Nevers ajoute en outre, ce qui montre bien que celte charge d’architecte du roi Henri III n’était pas une sinécure, que, « le dit du Cerceau a bien fait pénitence en sa charge, ayant fait plus de pourtraits de monastères, églises, chapelles, oratoires et autels pour dire la messe, que jamais architecte en France en ait fait en cinquante ans. »

Deux années plus tard, nous voyons Baptiste du Cerceau, occupé avec son jeune frère, Jacques (le deuxième de ce nom), aux travaux du château de Charleval, au village de Noyon-sur- Andelle (arrondissement des Andelys); puis l’Estoile nous apprend qu’au mois de mai 1578, « fut commencé le Pont- Neuf, sous l’ordonnance du jeune du Cerceau, architecte du roy. »

Pierre Lescot, architecte du Louvre, étant mort nous l’avons dil, en 1578, vers la fin de cette même année, Baptiste Androuet eut l’honneur de lui succéder et l’on croit généralement que c’est à lui qu’il faut attribuer la construction (indiquée par Sauvai) de la partie de l’aile méridionale aujourd’hui reconstruite en grande partie, qui allait jusqu’à la jonction du vieux Louvre, outre des portiques de peu d’importance, mais élégants et finement décorés qui, entourant le jardin de la Heine, ou jardin de l’Infante, furent détruits lors des travaux de reconstruction que dirigea Le Vau, sous le règne de Louis XIV.

Deux ans plus tard, en 1580, « Henri III voulant relever les bains de Bourbon-Lancy de l’état de ruines où ils se trouvaient depuis les guerres de religion, y envoya Miron, son premier médecin et du Cerceau, son premier architecte. » A ce titre d’architecte du roy que portait en 1578 Baptiste Androuet, en sont, dans des documents plus récents, ajoutés deux’ autres : ceux de « valet de chambre du dict sire » et de « ordonnateur général des bastiments de Sa Majesté »; enfin, sur une pièce de 1586, Baptiste est énoncé « noble homme Baptiste Androuet, sieur du Serceau, conseiller du roy, son architecte ordinaire, et commis par Sa Majesté pour ordonner de tous les ouvrages des bastiments et édifices de Sa Majesté, et despence que y convient faire ». Sa charge de surintendant des bastiments lui valait six cents livres par an, au dire de Brice. Elle impliquait la direction de presque toutes les constructions faites pour la couronne, et

CHAIYIBIGE OU CAMBICHE

d’anrés une Statue de Droz

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