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CHAPITRE IY

monts, publiés par Poilly; mais rien ne nous laisse voir de qui il descendait.

A quelques lieues de Paris, à Dreux, la famille des Metezeau, moins illustre sans doute que celle des du Cerceau, comptait parmi ses membres cinq architectes dont l’un, Louis Metezeau eut l’honneur de terminer avec Dupérac ce qu’on appelait la grande galerie du Louvre , cette galerie qui règne du vieux Louvre, au troisième guichet et présente 433 mètres de longueur. Quelques auteurs avaient même attribué à ce Louis Metezeau, qui vécut de 1539 à 1615, la construction du Palais du Luxembourg et celle du grand escalier des Tuileries. Quoi qu’il en soit, nommé architecte du roi (Henri IV) et ordonnateur de ses fêtes, il n’en doit pas moins prendre un rang élevé dans la pléiade de ces artistes auxquels nous devons les plus magnifiques spécimens de la Renaissance. 11 mourut le 18 août 1615.

Le père de Louis, Thibault Metezeau, né à Dreux le 21 octobre 1533 et mort à Paris en 1599, avait tracé à son fils, en l’illustrant, la voie qu’il devait suivre plus tard, comme on vient de le rapporter. Collaborateur de Philibert de l’Orme, disent quelques auteurs, Thibault fut l’un de ceux qui présentèrent le plan de la grande galerie du Louvre; s’il n’exécuta pas cette œuvre importante, du moins il commença, sous Charles IX, la salle des Antiques et éleva à la gloire de Henri II, l’arc de triomphe plus connu dans les annales de ces temps troublés sous le nom de Porte Saint- Antoine. Vers la fin de sa vie, Thibault Metezeau fut nommé architecte du duc d’Alençon. Germain Bruin prétend qu’il collabora aux travaux d’édification du Pont-Neuf commencé pendant sa vie (1578) mais le fait est contesté.

Un troisième Metezeau ayant pour prénom Clément, né à Dreux dans la dernière moitié du XVe siècle, se donna également à l’architecture ; mais ne semble point avoir quitté sa ville natale. Il continua en 1514, avec Jehan Desmoulins pour collaborateur, l’hôtel de ville de Dreux, édifice commencé en 1512 par Pierre Caron et terminé en 1540. 11 commença, également, en 1524, le portail et les deux tours de l’église, mais il n’acheva pas cet édifice; ce fut son fils Clément Jean Metezeau qui mourut à Dreux le 26 avril de l’an 1600.

Un autre Clément Metezeau, qu’il ne faut pas confondre avec les deux précédents dont il était certainement le parent, fut

architecte et ingénieur du roi Louis XIII. Né le 6 février 1581, c’est lui qui donna le plan de la fameuse digue de la Rochelle au moyen de laquelle, comme on sait, Richelieu fit fermer le port aux Anglais qui prétendaient ravitailler cette ville révoltée contre l’autorité royale ; mais le projet de Metezeau ne fut point exécuté. Il est probable que l’architecte ingénieur chargé de l’exécution fut Fremin de Cotte, chef d’une famille d’artistes qui, comme les du Cerceau et les Metezeau, ont laissé dans l’histoire de l’architecture des noms glorieux. Nous parlerons en leur temps des œuvres de Jules Robert et de Louis de Cotte ; nous attribuons d’ailleurs à Metezeau le château de la Meilleraye en Poitou et l’église de l’Oratoire à Paris, en ajoutant qu’il n’en termina que la nef. A Dreux, il commença sur ses dessins, en 1632, le cloître des Religieux de l’Assomption et semble avoir, lui aussi, mis la main à l’église de Saint-Pierre de cette ville.

On a attribué à Clément Metezeau, puis à François Mansart, l’hôtel de ville de Troyes ; mais il résulte des recherches de Lance, dont nous acceptons l’opinion, qu’il fut l’œuvre d’un architecte peu connu Louis ou Louis Noble et que l’édifice commencé en 1624 était terminé en 1670.

L’exemple donné par la cour fut naturellement suivi par les grands seigneurs et le sol de la France se couvrit de châteaux. Nous avons déjà cité celui d’Écouen et la résidence royale de Fontainebleau, mais Chenonceaux et Chambord en Touraine, Eu et Châleauneuf-sur-Sarthc en Normandie, La Rochefoucauld (Charente), Pau, Bournazelen Rouergue, Coulommiers et beaucoup d’autres datent du xvf siècle.

Quelques mots seulement sur chacun de ces édifices et sur leurs auteurs lorsqu’ils auront eu un biographe. La construction de Chenonceaux qui eut, même de nos jours, des fortunes si diverses, date de 1515. Onn’en connaît pas l’architecte; mais la chronique rapporte que son fondateur Thomas Bohier, chambellan et conseiller de Louis XI, de Charles VIII et de Louis XII, ôtant, à sa mort, débiteur envers le roi d’une forte somme d’argent, on força son fils, en 1535, à céder le château, qui fut donné plus tard par Henri II à sa maîtresse, Diane de Poitiers. L’édifice est divisé en deux parties par l’ancienne salle des gardes qui sert aujourd’hui de vestibule. Diane fit abattre et reconstruire la façade méridionale et établir le pont qui joint le

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