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CHAPITRE IV

arlisles se sont appliqués à reproduire dans leurs reconstructions ou addilions le style général de l’œuvre dont on leur confiait la restauration; qu’ils reçoivent ici les remerciements de tous ceux qui s’intéressent aux monuments du passé. On ne connaît pas la date de la mort de de Chelles. David mourut au mois de décembre 1650, à l’âge de quatre-vingt-dix-huit ans et son corps fut inhumé dans l’église qui avait été en partie, son œuvre.

Citons encore comme élevés à Paris, de 1536 à 1560, le cloître du monastère des Célestins; nom de l’architecte : Hanon ou Hannon et la chapelle des Orfèvres (1551), construction sans importance attribuée à deux architectes : Guillaume La Flasche et Jean Marchant.

En province, peu d’édifices religieux, aussi, pendant cette période. Après Mathurin Delahorde, Jean Bussière et Jean de Fétin déjà connus du lecteur, citons d’abord Hugues Sambrin ou Sambyn,de Dijon, qui élevait, en 1551 ,1e portail de l’église Saint- Michel de Dijon et ornait la porte principale d’un bas-relief remarquable représentant le Jugement dernier ensuite Nicolas Tassin, (sur lequel nous ne possédons aucun renseignement biographique), qui réédifiait dans cette même ville, en 1609, le portail du couvent des Carmélites qui sert aujourd’hui de caserne. A citer également des réparations et des additions à ceux qui existaient déjà. En 1555, François Maréchal eut, avec Jean Wast, la conduite des travaux du transept de la cathédrale de Beauvais : les deux architectes élevèrent à la croisée des bras, une tour de 155 pieds, mais après cinq années à partir de son achèvement elle s’écroula (1573), pendant une procession. Maréchal eut plus de bonheur avec la petite église Saint-Sauveur qu’il éleva, dans le même temps, aussi à Beauvais.

De cette époque (1547) date également le couronnement de la tour méridionale de Saint-Galien à Tours qu’on attribue à Pierre Gaudier ou plutôt Gaydier qui, sans doute, comme les François, ses collaborateurs au château de Madrid, était « maître des œuvres de maçonnerie en Touraine >; .

Le nombre des palais élevés pendant le xvie siècle fut plus considérable que celui des églises ; il nous serait impossible de les citer ici ; nous nous contenterons de donner quelques notices biographiques sur leurs auteurs presque tous connus.

C’est ainsi d’ailleurs que Pierre Chambiges, dont il a été déjà

question, édifiait le château de la Muette à Passy, concourait à l’édification de la cathédrale de Troyes et collaborait avec Boccador à celle de l’Hôtel de ville de Paris, puis mourait en 1544; que Jean La Hire ou Lahierre, « conducteur» en 1595, des œuvres de maçonnerie du duc de Lorraine, construisait dans une des dépendances du palais ducal à Nancy la tour destinée à renfermer le Trésor des Chartes et, en 1601, une annexe aux appartements de la duchesse de Bar. Citons encore Lucas Bienvenu, architecte, en 1545, à Fontenay-le-Comte; de l’hôtel du sénéchal Mictiel Tiraqueau et Louis de Foix qui allait s’établir en Espagne et aidait Jean-Baptiste de Tolède dans l’érection de l’Escurial (1563) (1). La France doit d’ailleurs à Louis de Foix, le port de Bayonne et le phare de Bordeaux commencé en 1585 et achevé en 1641, sur l’emplacement delà Tour de Cordouan. Ce vieux phare tombait en ruine, malgré les réparations qu’y avait faites en 1551 l’architecte ingénieur Gilbert Babin, dont nous ignorons d’ailleurs la vie, aussi bien que celle du fondateur de cette tour.

Plus considérable surtout fut le nombre des hôtels de ville construits à cette époque par les municipalités qui se trouvaient à l’étroit dans leur ancien « parlouër aux bourgeois ». Nous commencerons par celui de Paris qui s’éleva à la place môme où Ballu et de Perthes ont érigé, après l’incendie de 1871, l’édifice qu’on y voit aujourd’hui.

C’est bien sur les plans de l’Italien Domenico Boccardo, Boccadero ou Boccador, dit aussi Domenico da Cortone, que fut construit l’IIôtel de Ville de 1549 (quelques auteurs disent de 1533 et donnent la date de 1549 comme celle de la mort de Boccardo), à l’effet de remplacer Thôtel du Dauphin situé sur la place de Grève et acquis, en 1357, des Dauphins viennois par le prévôt des marchands, Etienne Marcel, pour servir de lieu de réunion aux magistrats municipaux. La partie de l’édifice Renaissance que beaucoup de nos lecteurs ont pu voir était la façade sur la place del’Hôtel de Ville, qui de la porte du centre, s’étendait aux deux pavillons les plus proches de cette porte inclusivement, et comprenait à l’intérieur la cour du centre et ses bâtiments.

On a contesté à Boccardo l’honneur d’avoir été l’architecte du

(1) Voir pour l’hislorique de celte construction celui de l’archi Lecture en Espagne au xvic siècle, page 102.

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