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CHAPITRE IY

premier Hôtel de ville de Paris qui avait disparu d’ailleurs dans les constructions élevées, quelques années plus tard, par Chambiges ; un document retrouvé dernièrement à la Bibliothèque nationale rétablit le rôle de Boccardo dans la construction de cet édifice. Ce document est ainsi conçu : « Messieurs les prévosts des marchands et eschevins, par leurs lettres du 15 juin 1533, ont commis et depputé pour conduire les ouvrages du bâtiment et édifice de l’Hôtel de Ville, le dit M. Dominique de Berquator, dit de Pourtonne, architecte, demeurant à Paris, suivant le modelle par luy faict, veu et accordé par le roy, et pour l'éviter à faute qu’il sera fait auparavant un modelle en bois de menuiserie, pourquoy Messieurs luy ont ordonné la somme de 250 livres tournois par ans, tant qu’il vaquera au dit bâtiment ou tant qu’il plaira à Messieurs. »

S’il devient incontestable, à la vue de ce document, que Boccador ou Berquator ait été l’architecte de l’Hôtel de ville, il n’est pas douteux qu’on ne lui ait adjoint plusieurs collaborateurs, véritables inspecteurs des travaux. Parmi eux les registres des archives ont mentionné et nous mentionnons après eux : Jehan Asselin « commis à l’intendance de la charpente », Pierre Sambiche (lisez : Chambiges) conducteur des travaux de maçonnerie, Louis Caquelon, et Jacques Arasse dont la situation auprès de Boccador n’est pas déterminée.

Un arrêté consulaire de 1802 ayant installé la Préfecture de la Seine à l’Hôtel de ville, il fallut , à diverses reprises, créer des annexes pour loger tous les bureaux de celte vaste administration; mais c’est en 1837 seulement que les architectes Godde et Lesueur réalisèrent le projet d’agrandissement conçu par l’empereur Napoléon de l’édifice élevé par Boccador ou Chambiges et que les malheurs de la guerre ne lui permirent pas d’exécuter; nous aurons donc à y revenir; contentons-nous de dire ici que la partie centrale se composait d’un pavillon et de deux galeries ou portiques à un seul étage sur rez-dechaussée élevé de 2 à 3 mètres, avec deux pavillons dominant les galeries. Ces pavillons ainsi que le pavillon central, étaient ornés à chaque étage de colonnes corinthiennes engagées. L’architecture de l’Hôtel de ville de Paris, un peu sèche et tourmentée était certainement inférieure à celle des édifices que créait, à Paris même, pendant la dernière moitié du xvic siècle, le génie

des Bullant, des de l’Orme et des Lescot. La faute en est-elle aux collaborateurs ou successeurs de Boccador? peut-être; en tout cas ils doivent être connus du lecteur.

Ce sont d’abord, après ce Pierre Chambiges que nous avons nommé dans un précédent chapitre comme architecte des châteaux royaux de 1535 à 1 544, Louis Caqueton, qui était en même temps commis à l’entretien des fortifications de Paris ; Jacques Arasse, qui ne fut sans doute, à proprement parler, qu’un inspecteur de l’architecte principal et Pierre Guillain qu’on trouve chargé, en 1605, de l’exécution de la grande salle, des combles, du campanile et de la couverture du bâtiment. En 1608, il posa les colonnes cannelées de la façade et laissa pour successeur son fils, Auguste Guillain, né à Paris le 4 janvier 1581, qui a l’honneur de poser la dernière pierre du palais municipal et meurt en 1636.

Mais les villes de province veulent aussi loger leurs municipalités : hôtel de ville à Cambrai en 1510, architecte Mathurin Parent; hôtel de ville à Loches (1534), architecte Jean Beaudouin; hôtel de ville à Gray, architecte François Moris; hôtel de ville à Lille, architecte Jean Fayet qui en fit le projet en 1592, mais l’édifice nouveau élevé sous le nom de Halle échevinale ne conserva sa destination que jusqu’en 1664, époque à laquelle l’échevinage fut transféré dans le palais de Rihour.

A côté des architectes, les ingénieurs travaillent. A Paris, après la chute du pont Notre-Dame, en 1499, on appelle à sa reconstruction Colin de La Chesnaye et Jean de Doyac qui eurent sans doute des collaborateurs tels que Biard que nous connaissons déjà, André de Saint-Martin, Didier de Félin ou Défélin et Jacques Corbel (ce dernier est ensuite appelé à Angers pour réédifier un des piliers de la « basse chaîne) » ; à Tours, c’est Guillaume Besnouard qui répare les ponts ; c’est Jean Errard qui construit la citadelle d’Amiens et le château de Sedan (1620); c’est François de Royer de la Valfeniére qui répare, sous les ordres du marquis de Saluces (de 1536 à 1537), l’arsenal de Lyon; ce sont Jean Bullant et Candon qui reconstruisent le beffroi d’Amiens détruit par un incendie en 1562 et exhaussent les remparts de la ville.

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