CHAPITRE I
mais nous savons que G. délia Porta collabora à l’éreclion de l’église San Athanasio de Greci à Milan et à celle des palais Serluppi et Spada Sampitelli à Rome; quant àLombardi, né vers 1506, il a laissé un témoignage de son talent de sculpteur à la cathédrale de Milan : un Christ à la colonne. Comme architecte, il acheva le portail de Saint-Celse et restaura l’église San Eustorghio, près la porte du Tessin. Mais l’absence des ressources arrêta, pour la troisième fois, les travaux et la cathédrale de Milan, sans façade, restait inachevée, lorsque l’archevêque saint Charles Borromée résolut, en 1567, de la terminer. Il est probable que Acier de Gmünd, en donnant le plan général de l’édifice, y avaitjoint un projet de façade, mais le dessin n’en fut pas retrouvé et les architectes du temps furent invités à en exposer un nouveau. On comprend facilement que les concurrenls subirent l’influence de la mode (qu’on nous permette cette expression), et que, loin de s’inspirer de la pensée qui avait présidé au choix du style ogival fait par le créateur, tous ou presque tous présentèrent une façade dans le goût gréco-romain. Il y a lieu pourlant d’en excepter Martino Bassi ou Rossi, architecte milanais (1), qui protesta énergiquement contre cette malheureuse pensée et appela sur elle les jugements de Palladio, Bertano, Vasari, etc. Bassi avait acquis le droit d’exprimer son avis dans un cas aussi grave car il avait achevé l’église San Lorenzo, collaboré à la construction de San Marco in Celso , avec Cosimo, sur l’emplacement d’un temple antique et élevé la Porta Romana pour célébrer l’entrée de Marguerite d’Autriche, fiancée de Philippe III d’Espagne. Alessandro Bernati, Milanais aussi, Domenico Lonati, Francesco Mangoni, Onorio Lunghi (dont nous avons rappelé la vie) et Girolamo da Sesto, concoururent également pour le projet de façade de la cathédrale ; mais on sait que celui de Pellegrini, fut choisi entre tous et exécuté, malgré les critiques fondées de tous ceux que n’égara pas alors la passion de l’architecture antique.
Pellegrino Pellegrini, dit Tibaldi, ou bien encore Pellegrino di Bologna, était né à Valdesa, dans le Milanais, en 1527. Placé chez un peintre de Bologne par son père, pauvre maître maçon,
(1) Il a laissé un ouvrage intitulé : Dispareri in materia d'archilettura et prospettiva con pareri di eccelenti e famosiarchitetti che li résolvant), di Martino Bass i, Milanese (Brescia, 1572).
et remarqué par Vasari, alors toul-puissant, il fut conduit, par les Soins de cet excellent artiste, à Rome, dont il étudia les antiquités et ne tarda pas à se faire un nom, grâce aux fresques dont il décora le palais de F Université à Bologne et les édifices de plusieurs villes de l’Italie. C’est alors que, sans abandonner la peinture, il se livra à de véritables travaux d’architecture : les portes et la grande cour d’ordre rustique du palais archiépiscopal de Milan, les églises de San Sehastiano, de Saint-Fidèle et de Saint- Protais, la coupole de Saint-Laurent, l’église de la Madonna, près Bologne, celle de la Beata Virgcn de Pio, à 8 milles de Milan, à l’exception de la façade qui est de Polarck, l’église des Jésuites, celle de la Sainte-Trinité et de San Gaudenzio à Turin. Il restaura l’église de Saint-Marc et la chapelle de l’ancien lazaret cà Milan; construisit la maison professe des Jésuites dans cetle ville et le collège de la même congrégation à Gênes; puis les églises de San Salutor advenlus et de Saint-Octave Martyr. Les édifices que Pellegrini érigea, autres que les édifices religieux, sont : le palais Poggi ou Celsi et sa chapelle, le palais Marescalchi et celui de l’Institut à Bologne, la Loggia dei Mercanti et le palais Feretti à Ancône et enfin sa propre maison : la Casa Pelletant, dans la rue del Marino, à Milan. On comprend quelle devait être la réputation de l’auteur de tant de travaux dont un certain nombre ont précédé l’érection de la façade du « dôme » de Milan ; mais nous avons dit que la composition de Pellegrini, conçue dans le goût de la Renaissance et par conséquent en désaccord avec le resle du monument, avait été vivement critiquée, même par les architectes ses contemporains. Pour comble de disgrâce, Pellegrini ayant été appelé à cetle époque en Espagne par Philippe II pour peindre à l’Escurial les fresques des cloîtres et de la bibliothèque, l’achèvement de la façade du « dôme » tomba entre des mains inhabiles. Cerami et Giovanni Domenico Ricchini, exagérant encore la manière de Pellegrini, couvrirent d’ornements superflus tous les membres de l'architecture et aggravèrent ainsi l’anachronisme commis par cet architecte. Ses partisans les plus dévoués ne lardèrent pas à admettre que l’adaptation d’une façade Renaissance à un édifice ogival était une maladresse et, vers 1035, des projets de modification furent demandés à Bazzi et à Castelli. Nous aurons à revenir sur l’ histoire du « dôme » de Milan lorsque. nous ferons celle de