CHAPITRE
l'architecture moderne; disons que Pellegrini, de retour en Italie, largement récompensé par Philippe II, décoré du titre de marquis de Valsoldo, alla se fixer à Modène et y mourut en 1592. Son jeune frère, Domenico Pellegrini, comme lui architecte, l’avait précédé dans la tombe. Né en 1541, et mort en 1582, Domenico est l’auteur de la chapelle du Saint-Sacrement à Bologne, du bâtiment de la douane, de l’église de la Madonna ciel Borcjo , de la grande porte de l’hôtel de ville et du palais Magnan i.
Ricchini qui coopéra, si malheureusement, aidé de Cerani, à l’érection de la façade du « dôme » projetée par Pellegrini, y gagna du moins de construire, en 1572, à Milan, un vaste collège qui, depuis 1666, est devenu le Palais de l’Université (voir Piermari ni) ; nous ne connaissons pas autre chose de cet architecte. De même, est devenu Palais de l’ Université, à Bologne, le palais Poggi, commencé par Pellegrini et achevé par Triachini, architecte bolonais, dont on ne connaît ni la naissance, ni la mort, auteur des palais Malvezzi Medici et Lamhertini (aujourd’hui Rannuzi), également à Bologne. Disons, en terminant, qu’on est étonné de trouver, au milieu de tous les noms des architectes ayant collaboré à l’érection de la cathédrale de Milan au xvic siècle, un nom français, celui de Nicolas Bonaventure, qui aurait fait l’une des fenêtres du fond du chœur, celle du milieu (1).
L’architecte de la pelile église San Satiro est-il Bartolomeo Suardi dit le Bramantino, artiste milanais de 1529, dont on possède un ouvrage sur les antiquités de la Lombardie? Après Lance (2) nous l’avons attribuée à Bramante, laissant d’ailleurs la responsabilité de son opinion à notre auteur qui termine son éloge de Saint-Satyre en disant: « Cet édifice, dont le style appartient plutôt à l’antiquité qu’à la Renaissance, est remarquable par ses heureuses proportions. Ce petit coin de San Satiro est un de mes meilleurs souvenirs de Milan. »
De 1565 à 1594, sous la direction de Charles Borromée, l’architecte Giuseppe Meda, élève de Campi, construit le séminaire suisse de Milan et le palais Durey ; puis, comme sculpteur, fait la plus grande partie des stalles de la cathédrale et la statue de David qui domine l’orgue de cette église; Vicenzo Seregni,
(1) Pirovero, Nouvelle description de Milan,
(2) Excursion en Italie.
Milanais, prend part, à Milan, à l’exécution de l’église des Anges, de la Bourse, du palais de Justice ou Palazzo Palatino et meurt, en 1594. En 1565, le duc de Mantoue donne à Giovanni Battista Ghisi, dit Bertano ou Britano , élève de Jules Romain, la direction des travaux publics. C’est ainsi que cet artiste, plutôt peintre qu’arcbitecle, se trouva mêlé à la discussion que souleva le projet proposé par Pellegrini lorsqu’il fut question d’élever la façade du dôme de Milan. Cependant il a laissé une œuvre : l’église Santa Barbara de Mantoue, ainsi que le constate une inscription élogieuse que le grand-duc fit placer sur les murs de cet édifice (1). Enfin, vers 1590, Aurelio Trezi, également Milanais, élève l’église des Carmélites de Saint-Charles dans sa ville natale et celle de Saint-Étienne à Broglie. Un dernier nom d’architecte à relever parmi ceux qui, à la tin du xvf siècle, ont été au service du duc de Mantoue est celui de Nicolas Sebregandi né à Rome et l’un des élèves de Crescenzi Giovanni Battista qui naquit à Rome en 1695; on lui doit l’église Santa Maria (Ici Pianto, mais il passa la plus grande partie de sa vie en Espagne où nous le retrouverons.
On connaît à peu près tous les architectes qui présentèrent des projets lorsqu’il fut question de refaire la façade de San Retronio de Bologne; on sait moins auquel d’entre ces artistes fut confiée la reconstruction. Cinq noms sont mentionnés par les auteurs : celui de Scadenari ou Secadenari qui vivait en 1547; celui de Domenico Varignano, connu de 1520 à 1530; celui de Giacomo Ranucci, mort en 1549; celui d’Arduino, Vénitien, et celui de Pietro Fiorini, architecte. bolonais. De ce dernier, seul, ils citent des ouvrages importants : l’église de la Charité (1583) l’église Saint-Mathias (1585), l’église Saint-Jean- Baptiste (1597) San Barbaziano (1602), la Porta Pia, un grand manège militaire appelé la Cava/lerizza et le cloître de San Michèle in Bosco. Il eut, d’ailleurs, comme collaborateur le plus souvent G. B. Ballarini, architecte du gouvernement et mourut en 1622. On attribue à Fr. Terribilia le palais de l’Université, devenu depuis 1805 la Scuola Pia) qu’il aurait construit en 1562, ainsi que la chapelle Saint-Dominique dans l’église Saint-Dominique de Bologne ; à Giovanni Battista Torri, l’église de la Madonna
(1) On a de Ghisi un commentaire sur Vitruve, assez apprécié par les contemporains de cet architecte.