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CHAPITRE V

en Allemagne et nous avons relevé les noms qui sont parvenus jusqu’à nous de cinq de ces ingénieurs-architectes : Christophe Stieler qui, vers 1547, fortifia, sur l’ordre de Charles-Quint le château de Mansfeld; Hermès Schallantzer qui mourut en 1563, après avoir élevé les fortifications de la ville de Vienne; Wolfgang Waldberger qui, de 1560 à 1622, construisit les bastions de Nordlingen ; Melchior Trost, architecte du conseil à Dresde et architecte aussi du prince Maurice de Saxe, qui dirigea les fortifications de la ville et mourut à Dresde en 1559; enfin l’Italien Giovanni Pasquilini qui vint à Lubeck en 1596 et fut chargé d’en fortifier les remparts, aujourd’hui transformés en promenades, comme ceux d’ailleurs de la plupart des villes d’Allemagne que nous avons visitées.

Quelques architectes allemands du xvf siècle, sans avoir fait de constructions importantes, ont attaché leurs noms à des fontaines et à des monuments commémoratifs; nous citerons par exemple, les noms de Johann Kreutzer et d’Adrien de Vries, auteurs de plusieurs fontaines à Augsbourg et celui de Kantian qui fit transporter de Furstenwald à Berlin la Grantschule, coupe colossale de bronze supportée par un piédestal de granit. Nous avouons ne pas l’avoir remarquée dans nos courses à travers Berlin; peut-être a-t-elle été remplacée par la vasque monolithe de granit rouge qui a été érigée au pied du grand escalier du Musée.

Plus au nord, en Suède, c’est un architecte italien, Giovanni Bablisca, qui est chargé par Jean III, en 1583, de la restauration du château de Borgholm. Il y travailla peu d’ailleurs, et c’est Charles-Adolphe qui donna des ordres pour son achèvement en 1651.

Jusqu’en l’année 1533 environ, le style ogival reste adopté par les architectes anglais. Parfois seulement, l’ogive s’abaisse et devient l 'arc Tudor que l’on rencontre déjà, du reste, dans l’architecture flamande du xvi° siècle; mais l’ornementation commence à emprunter les procédés des sculpteurs italiens ou français; elle se multiplie avec une richesse inouïe tout en laissant leur valeur aux membres de l’architecture, contrairement à ce qui se passa alors en Allemagne.

Le spécimen le plus complet de l’architecture anglaise de

cette période est certainement la chapelle de Henri VII, dépendant de l’abbaye de Westminster, par laquelle nous commencerons. La première pierre en fut posée le 21 janvier 1502, en présence du roi, de l’abbé Islup et de Reginald Bray qui était alors premier ministre. Il est constant que Bray modifia, s’il ne les fit pas lui-même, les plans de la chapelle; toutefois nous devons dire que dans l’acte de 1509,1e prieur de Saint-Bartbolomé, William Bolton est expressément appelé Master of works, « maître de l’œuvre ». Quoi qu’il en soit, la chapelle de Henri VII est un édifice dans un autre édifice et consiste en un porche précédant une nef et deux bas côtés. La voûte est supportée par quatorze piliers de forme octogonale élégamment ciselés. Toutes les nervures partant de ces piliers se réunissent pour former un écusson, sur lequel sont sculptées les armes de Henri VII, le lion, le dragon et le lévrier. Il faut monter un escalier de douze marches, pour arriver à la chapelle sous laquelle se trouve la crypte qui sert de sépulture à Henri VII et à sa famille. La nef est séparée des bas côtés par quatre arcades de style ogival assez surbaissé ; cinq arcades pareilles formant un demi-cercle servent d’entrées aux cinq petites chapelles qui terminent la construction du côté de l’est. Reginald Bray fut enterré à Windsor en 1521 ; la date de la mort de Bolton est inconnue.

En 1508, Cloos Nicolas, évêque de Lichfield et architecte, donna le dessin de la chapelle du King’s College à Cambridge dont la construction futlerminée en 1515,1e 1 5 j uillet. On lui attribue également les plans de la partie ancienne du collège de la Trinité dans la même ville ; mais il fut aidé dans cette construction par son frère dont nous ignorons le prénom. Wiebeking cite comme architecte de la cathédrale de Salisbury, en 1518, un autre évêque, Audelay, mort en 1524. A la même époque à peu près, le prieur Goldstone élève, sous les ordres de l’archevêque Chichely, dans la cathédrale de Canterbury, les chapelles de la Vierge et des Saints-Martyrs, puis achève la tour d’Anselm et le portail entre cette tour et celle de Dunstan. Vers 1524, Eustache Mascall ou Marssall élève l’église du « Christ » sous les ordres du cardinal Wolsey et meurt inspecteur général des édifices delà couronne, laissant pour successeur Lea Richard (1550), dont l’œuvre nous est inconnue.

Pendant que l’architecte Holdsworth termine, en 1528, à

d'après la statue de Robinet.

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