‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 57 sur 232 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

celui de la porte dite des Chanoines dans la chapelle de la tour à Tolède, celui d’une partie du palais épiscopal de Alcala de Henares, (l’autre partie étant de Berruguete) celui de la porte vieille de Visagra, dite Porte des champs ; le portail du grand collège de l’Université à Salamanque, œuvre achevée dans le style plaleresque; les plans du couvent et de l’église Saint-Michel dans la même ville. En même temps, Covarrubias était appelé, en 1537, à diriger avec Luis de Yega la construction des « alcazars » de Séville et de Madrid, puis, en 1548, il coopérait avec Henrique de Egas à la restauration de 1’ « alcazar » de Tolède. La restauration consistait principalement dans la construction d’un grand portique décoré de colonnes ioniques et dans l’addition d’arcades au pourtour de la grande cour, singulier amalgame, on en conviendra, de deux architectures si différentes!

Pendant que Covarrubias restaurait ainsi T « alcazar » de Tolède, Luis de Vega était chargé par Charles-Quint de la restauration de celui de Madrid. Le plan dressé en 1537 était, à proprement parler, celui d’une forteresse, mais le roi y fit ajouter l’espace compris entre l’Alcazar et la porte de la Véga qu’il transforma en parc et jardins. C’est aussi cet architecte qui réédifia le château du Pardo, construction du xive siècle, résidence de chasse solitaire auprès des bois, carrée, massive, flanquée de quatre tours et percée d’étroites fenêtres. L’intérieur dénote l’inexpérience de Yega aidé d’ailleurs dans ses travaux par son cousin Gaspardo de Vega. Il s’agissait de disposer la résidence de Valsain, près Ségovie, que le roi voulait habiter; ce fut Vega qui fit couvrir d’ardoises (pour la première fois en Espagne) les écuries du Pardo et fil le plan, en 1564, des couvent et église d’Uclès, constructions suivies depuis par Diego de Alcantara (1 587). Il fut également le continuateur de 1’ « alcazar » de Tolède avec la collaboration de Villalpando Francisco, qui mourut lui-même en 1561 sans avoir eu le temps d’achever l’escalier que ses contemporains considéraient comme un chefd’œuvre.

Quand Vega mourut, Y « alcazar » de Madrid n’était pas achevé, il nous faut donc rappeler les architectes chargés de l’achèvement : Juan de Valencia et Francisco de Mora sur l’œuvre desquels nous aurons à dire quelques mots. Celle de Valencia, beau-fils et élève de Luis de Vega, ordonné prêtre après 1563,

consiste uniquement, en dehors de l’inspection des travaux de F « alcazar », comme on dirait aujourd’hui, dans le plan de l'église et du couvent de la Santissima Trïnidad de Madrid, un des plus remarquables de l’Espagne, dit notre auteur. Valencia mourut le 7 juin 1591 et son successeur à l’inspection des travaux de 1’ « alcazar » fut de Mora.

La première pierre du collège de Corpus Chris A, à Valence et de l’église fut posée en octobre 158G et l’édifice entier terminé en 1604. Des documents certains ont fait penser à Bermudez que Anton del Rey, Guilhem del Rey, Francisco Figuerola et Francisco Perez en furent les constructeurs. D’architecture corinthienne, ornée de colonnes de marbre et soutenant des voûtes peintes à fresque par Barlbolomé Marana, l’église du « Corpus » est l’un des édifices les mieux construits de l’époque. Du même temps, sont l’église d’Espinar d’Anton Ruiz et de Bartholomé Eloriaga, ainsi que la coupole du couvent d’Uclès, commencée par Bartholomé Ruiz.

L’Espagne d’ailleurs, se couvre de couvents ; nous en avons déjà cité un certain nombre, rappelons les suivants : Gaspar Ordonez élève, de 1 590 à 1611 , l’église de la Trinité à Madrid, le couvent et le grand escalier ; on pense que ce fut sur les dessins du prêtre Juan de Valencia. Le cloître est composé de vingthuit arcades, reposant sur des pilastres d'ordre dorique; mais le transept ainsi que le chœur ne furent terminés que de 1650 à 1680. Saint-Martin de Madrid et l’église du couvent d’Alcala de llenares, datant de 1639, sont aussi attribués à Ordonez ; mais il mourut avant de les avoir achevées et eut pour successeur Sébastian Hernandez, l’un des architectes, on l’a dit, du cloître de la cathédrale de Tolède, Francisco Martin, Juan de Ambuera, JuandeTolosa, sontégalement des architectes de couvents. Juan de Rigor, commence, en 1592, l’église principale d’Andorre; Fernand ou Hernan Ruiz, huitième du nom, réédifie la tour de la cathédrale de Cordoue, jetée à terre par un orage en 1589 et continue jusqu’en 1664 ce travail alors repris par J. Hidalgo qui l’achève. En 1594, Garcia de Emere n’hésite pas à élever un portail d’ordre dorique au-devant de l’église de Valera près Cuença, édifice très complet de style ogival; enfin en 1602, Fernando de Loyti commence l’église paroissiale d’Eybar en Guipuzcoa dont les tours et les chapelles ne furent élevées qu’en

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