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CHAPITRE VI

1646 sur les plans d’ignacio de Ausola par Juan de Ausola, frère naturel, paraît-il, d’ignacio.

Pendant le xvi° siècle, on vient de le voir, palais, églises et couvents se sont multipliés en Espagne, d’une façon inouïe et le lecteur a dû s’étonner de ne nous entendre rappeler, au milieu de toutes ces constructions, ni maisons de ville, ni fortifications. C’est qu’en effet si quelques parties de la Péninsule comme le Pays-Basque, la Castille et la Navarre ont leurs fueros depuis cinq siècles, ce ne sont à proprement parler que des consécralions de coutumes locales servant de codes aux communes qui les possèdent; en Espagne, au xvie siècle, les franchises communales qui, dans les Flandres, par exemple ont provoqué la création d’édifices destinés à recevoir les mandataires du peuple, n’existaient pas et n’existent pas depuis bien longtemps. Bermudez ne cite que la Casa de /’ Ayuntamiento (maison municipale) de Beus construite en 1601 par Juan Mas et Antonio Pujades. L’ Armer ? a reale (arsenal) de Madrid élevé sur l’ordre de Philippe II par l’architecte du Pardo, consistait en un parallélogramme qui faisait face au côté sud du palais royal. La grande galerie de soixante-quinze mètres de longueur sur Irente-six mèlres de largeur, ne laissait pas, paraît-il, d’être une œuvre assez hardie.

Quant aux aqueducs et aux ponts, établis pendant cette période, ils sont assez nombreux : le pont jeté sur le Jerete en Estramadure (1546) par Rodrigo Ezquerra, plus haut cité comme architecte dcgliscs; celui de douze arches que Pedro Rasinas construisit en 1542 pour réunir la rive droite du Douro au couvent de Vict; celui de Benajemi sur le Guadalquivir, de 1550 à 1556, dont l’auteur fut Pedro de Prado ou Prata, de Sarragosse, auquel Naples devait la construction du château de Saint- Erasme, ainsi qu’en justifie une inscription de 1547. Ajoutons à ces noms celui de Louis de Foix, que nous avons déjà nommé en parlant de l’Escurial, celui de l’hydraulicien Janelo ou Jounelo Turriano qui établit la machine élévatoire destinée à fournir l’eau à Tolède (1560 à 1575); celui de Geronimo Gill, auteur de l’aqueduc de Colmenar (1568); celui de Martin Larra Odoguno et de Juan Velaz qui construisent : le premier, le môle du port de Gudaria; le second, l’aqueduc de Cuença; celui des trois frères Antonelli. ingénieurs formés en Amérique et qui, voulant

assurer la navigation sur tous legrands fleuves del’Espagne(1580), établirent nolamment le canal de Guadarrama; celui de Pierre Bedel, un ingénieur français, auquel revient l’honneur d’avoir construit l’aqueduc de Teruel destiné à conduire l’eau à Albessaux et qui a résisté au temps comme un aqueduc romain ; celui de l’ingénieur Facio Bursoto, auteur du môle de Malaga en 1588, etc.

Les villes frontières se fortifient. Vers l’année 1535, deux architectes italiens, Luigi Pizani et Muer Baldassare, tous deux dePadoue, entreprennent les fortifications de Perpignan, de Barcelone et de las Posas. Les années 1552 et suivantes voient s’élever les murailles de Gibraltar; on continue les forts de Perpignan, de Posas et de la Corogne; on élève les forteresses de Mahon, de Barcelone, de Cadix et de Mallorca et presque tous ces travaux sont attribués à Raphaël Coll, élève de J. B. Calvi. Celui-ci et Juan Cerecedo (d’ailleurs maîtres èsœuvres de la cathédrale d’Oviedo) sont chargés plus spécialement de la défense du sud de l’Espagne, de Grenade, de Mahon, de Valence, de Cadix, d’Oran même et à tous leurs travaux militaires, il y a lieu d’ajouter la construction de l’aqueduc dit de los Pilares qui amène les eaux dans la ville d’Oviedo. Nous terminons cette nomenclature en citant Giovanni Luigi Musante, architecte génois, appelé d’Italie par Philippe II pour établir les fortifications de la Navarre (1587).

L’Amérique aussi se couvre de forteresses. Nous citerons l’un des Antonelli, Bautista (1586) et Francisco de Colona qui établissent la forteresse et la douane de la Havane en 1582 ; puis voici Francisco Becerra, professeur d’architecture à Trujillo qui, en 1562, part pour le Nouveau-Monde et, dans l’espace de quelques années, élève au Mexique, quatre églises : celles de Santo Domingo, de Talnepaula, de Cinla Blalbaco, de Toputzlan; puis passe à Quito, élève les cathédrales de Lima et de Cuzco, le palais royal de Lima, le fort de Callao, les églises, les couvents San Domingo et Saint-Augustin à Quito, pendant que Juan Miguel de Aguerro bâtit l’église de Marina en Yucatan.

On comprend sans peine que tant d’édifices religieux ou civils ne s’élèvent pas sans provoquer l’élan de la sculpture, et aussi de la peinture. Aussi le xvie siècle est-il celui des Arfé, des Alexis- Dominique, des Tudelilla de Tarazona; des Sleban Jordan, des Sébastian, des Herrera Barnuevo, des Pablo Cespedès, des Dôme-

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