‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 63 sur 232 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

plus de sobriété dans la disposition des grandes lignes architecturales.

Si nous ne pouvons guère citer de fondations d’édifices religieux d’une certaine importance, sous le règne de Henri IV, nous pouvons du moins rappeler celle du couvent des Petils- Augustins (qui servit en 1791 de Musée); de la maison des frères de la Charité, rue des Saints-Pères, où se retira Mlle de la Vallière; du couvent des Feuillants sur l’emplacement duquel passe auiourd’hui la rue Castierlione, et celui des Carmélites de la rue d’Enfer.

Ce fut Jean Crespin, qui commença, en 1600, l’église des Feuillants et eut pour successeur, de 1602 à 1605, Achille Letellier qu’il ne faut pas confondre avec l’architecte du même nom qui construisit en 1702, les bâtiments du monastère de Saint-Martin des Champs occupés aujourd’hui par le Conservatoire des arls et métiers; Rémy Collin qui étant, à cette époque, entrepreneur du château de Fontainebleau et de l’église des Feuillants, à Paris, prit en mains les travaux et succéda, le 29 décembre 1616, h Louis Marchant, comme « maître général des œuvres de maçonnerie, bâtiments et édifices de la ville, prévôté et vicomté de Paris ». Ce Louis Marchant, qui mourut en 1616, était le fds de Guillaume Marchant, architecte du nouveau palais de Saint-Germain, qu’il commença en 1594. Né vers 1531, il mourut le 12 octobre 1605, laissant quatre fils, Guillaume, André, Jean et Louis dont nous venons de parler. Quant à Charles Marchant, frère du précédent, il était capitaine des archers et maître charpentier de la ville de Paris et ce fut lui qui indiqua, en cette qualité, aux ouvriers, la forme des combles et de la lanterne qui devait surmonter le cadran de l’Hotel de ville et fit les combles de la grande galerie du Louvre. C’est également à Charles Marchant qu’on dut, en 1609, le pont aux Oiseaux qui remplaça le pont aux Meuniers et porta longtemps le nom de son architecte, il contribua enfin à l’achèvement, en 1607, du Pont-Neuf. Ce fut à l’occasion de la construction de ce pont, qu’on prolongea la pointe occidentale de l’ile qui en formait deux dans l’origine, sous les noms de l’île aux Bureaux et de l’île aux Juifs, et le petit bras de rivière qui séparait les deux îlots fut comblé.

En 1603, le roi approuva, malgré l’opposition du prévôt des

marchands, la construction d’une pompe au moyen de laquelle le Flamand Jean Lintzlaier se chargeait de fournir l’eau de la Seine aux palais du Louvre et des Tuileries. Le petit édifice élevé pour recevoir celte pompe sur les bords du fleuve élait à bossages, présentant au milieu de la façade un beau groupe qui figurait Jésus et la Samaritaine auprès du puits de Jacob. C’est ce bas-relief qui fit donner à la construction le nom de Samaritaine, construction d’ailleurs détruite en 1812.

La première pierre de l’hôpital Saint-Louis fut posée en 1607, et l’édifice terminé en 1610. Ayant la forme d’un quadrilatère à deux étages, flanqué de pavillons, l’hôpital Saint-Louis est l’œuvre de Claude Vellefaux ou Villefaux sur la vie duquel nous ne possédons aucuns documents, à moins qu’il ne soit le même que Claude de Chastillon, né à Châlons-sur-Marne en 1547, qui occupait, en 1589, la place d’ingénieur géographe de Henri IV, après avoir acquis les connaissances les plus diverses dans ses longs voyages à travers l’Europe. Ce Chastillon fut d’ailleurs le collaborateur de Marchant, alors qu'il construisit le Pont-Neuf, collaborateur aussi de Jacques Aleaume lorsque l’un et l’autre de ces architecles firent, en 1608, les projets des places monumentales à établir dans le quartier du Marais et le quartier Dauphine. Nous avons dit que l’exécution de ces projets se borna à la construction des édifices qui entourent la place des Vosges et des maisons élevées, en 1609, autour de la place Dauphine par François Petit, alors juré du roi. C’est en cette qualité que ce dernier fit avec Chambige, Guérin et Vellefaux le devis des travaux à exécuter à l’hôtel de ville de Paris. De Chastillon on sait encore qu’il fit le projet de la Porte de France, qui devait s’ouvrir sur une vaste place qui aurait occupé l’enclos du Temple et qu’il mourut en 1616, laissant un ouvrage publié en un volume sous ce titre : Topographie française ou représentation de plusieurs villes , bourgs , chasteaux , maisons de plaisance , ruines et vestiges d' antiquités du royaume de France , etc.

La tour de la première église Saint-Nicolas du Chardonnet est de la même époque que les édifices précédents (1625), et eut pour architecte un inconnu : Charles Contesse. Cette église fut, d’ailleurs, remplacée par une nouvelle, trente et un ans après, ainsi qu’il sera dit plus loin. Du xvne siècle aussi sont : le séminaire des Missions étrangères de la rue du Bac, cons-

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