‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 64 sur 232 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

trait en 1663 par Claude-Nicolas Dubuisson « architecte des bâtiments du Roi » ; le portail de l’église dépendant du prieuré des Cultures-Sainte-Calherine, rue Saint-Antoine et le portail ainsi que le cloître de Sainte-Catherine du Val des Ecoliers, élevés par le religieux génovéfain Claude-Paul Creil, né à Paris, le 26 janvier 1633, mort le 25 mai 1 708 ; l’église des Pères de la Merci ou de la Rédemption des captifs, au coin des rues du Chaume et de Rraque dont l’architecte fut, en 1626, Pierre Cottard, sur les dessins duquel fut élevé l’hôtel de Bizeuil, rue Vieille-du-Temple. Cet hôtel, qui prit plus tard le nom d’hôtel de Hollande, orné de bas-reliefs de Regnaudin et peintures de Simon Vouet, fut alors réputé l’un des plus beaux de Paris. Hors de Paris, Coltard construisit pour Jean Colbert, le château de Villecerf près de Troyes, pendant que Chamois élevait pour Louvois, celui de Chaville, et l’hôtel rue de Richelieu, dont l’emplacement est aujourd’hui occupé par le square de ce nom, les couvents des Nouvelles-Catholiques, de la Visitation, faubourg Saint-Germain, des Bénédictins, rue de la Ville-l’Evêque à Paris, et termina, en 1674, l’hôtel de ville de Troyes cemmencé par Louis Noble. Sur ces derniers architectes, les renseignements biographiques nous ont, du reste, absolument fait défaut.

C’est quelques années avant, en 1635, que Gamart, dont nous aurons occasion de retrouver le nom attaché au premier plan de l’église Saint-Sulpice, commença l’hôpital des Incurables de la rue de Sèvres, que continua, à partir de 1647 jusqu’en 1649, Pierre Dubois, auteur de l’ancien séminaire de Saint-Sulpice dont la chapelle fut bénie le 18 novembre 1650 et de l’hôtel de Mesgrigny. La construction de l’hôpital de la Charité et de la chapelle, par les frères de Saint-Jean de Dieu qui s’y étaient installés en 1607, date également du commencement du xvne siècle, mais nous n’en connaissons pas l’architecte. Enfin, en 1688, Barthélemy, architecte de l’Hôpital général, faisait élever sur ses plans, la maison des Enfants-Trouvés, sur le parvis Notre-Dame.

L’examen, plus rapide que nous ne l’aurions désiré, des édifices publics et particuliers élevés dans Paris et hors Paris au commencement du xvn° siècle, permet aux lecteurs de constater, dès maintenant, que l’arcliitecture tenta de se soustraire aux mé-

Ihodes italiennes, après y avoir largement puisé et qu’elle demeura nationale sans être monarchique, comme il arriva sous les rois suivants qui l’assujettirent à une uniformité et à une discipline dont ne purent s’affranchir les plus grands génies du siècle de LouisXIV.

La mort de Henri IV n’entrava pas la marche de l’architecture : les arts trouvèrent une protectrice éclairée dans sa veuve bien que les artistes durent, plus d’une fois, lutter contre la tendance de cette tille des Médicis, héritière du goût de sa famille pour les beaux-arts, mais qui, tout en les comblant de ses faveurs, prétendit parfois leur imposer les caprices de son imagination italienne.

La régente voulut avoir son palais (le Luxembourg), et dans ce but, acheta, en 1G12, l’hôtel du ducdePiney, entouré de jardins immenses qu’elle agrandit encore, en y joignant une ferme et des terres appartenant à l’Hôlel-Dieu et aux Chartreux. Pour le construire, elle fit choix d’un architecte dont la naissance, les relations de famille et l’éducation pouvaient, dans une certaine mesure, lui garantir les capacités : c’était Jacques (quelques biographes rappellent Salomon) Debrosse, neveu de Jacques Androuet du Cerceau, né à Yerneuil-sur-Oise, on ne sait en quelle année. Ce fut en 1 G 1 5 qu’on posa la première pierre du palais du Luxembourg, appelé d’abord palais Médicis, puis palais d’Orléans et les travaux en furent terminés en 1620. La physionomie de l’édifice a été bien altérée depuis cette époque, et si, comme on l’a prétendu, Debrosse, soit volontairement, soit sous l’influence de sa souveraine, s’inspira du palais Pitti de Florence, on peut répondre que dans le plan et la disposition générale de l’édifice, l’architecte suivit presque toujours les traditions françaises.

« Dans l’origine, disent Lenoir et Vaudoyer, de vastes galeries régnaient au rez-de-chaussée, de trois côtés de la cour, celle parallèle à la façade n’étant alors ouverte qu’à l’intérieur; à l’extérieur, sur la rue, il n’y avait d’autres ouvertures que la porte d’entrée et les fenêtres des pavillons; les arcades pratiquées depuis dans la partie en arrière-corps eussent été tout à fait contraires aux mœurs de celte époque, les rez-de-chaussées des habitations nobles étant toujours entièrement clos et, de plus, les châteaux situés dans la campagne étant encore protégés par des fossés. Au fond de la cour, une petite terrasse, élevée au

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