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CHAPITRE VII

Eustache, combien nous semblait déplorable l’erreur des architectes de cette époque accouplant ainsi deux genres d’architecture diamétralement opposés; nous n'y reviendrons pas.

Mais voici que Richelieu arrive au pouvoir et rend à l’art religieux l’activité qu’il semblait avoir perdue. Le Val de Grâce, la Sorbonne, l’église de l'Oratoire de la rue Saint-Honoré et l’église Saint-Roch à Paris, les portails des églises de Rueil et de Ragnolet hors Paris, etc., sont dus à l’inspiration du Cardinal ministre.

C’est à François Mansart, né à Paris en 1588, mais d’une famille d’Raliens, que Richelieu confia le soin d’élever l’église du Val de Grâce. Mansart avait eu pour maître Germain Gauthier, architecte du roi, dont on ignorerait cependant le nom sans la célébrité que s’est acquise son élève. Artiste d’une imagination féconde, et doué d’un goût excellent, celui-ci doutait de son talent et modifiait presque tous ses projets à l’exécution : c’est ainsi qu’un de ses biographes raconte que, consulté par le roi au sujet de la façade duLouvreen regard de Saint-Germain l’Auxerrois et prié de choisir parmi les projets présentés, sous la condition de n’y apporter ensuite aucun changement, il préféra décliner la mission qui lui avait été confiée. L’appréciation du talent de cet artiste est aujourd’hui fort difficile, les constructions élevées sur ses dessins ayant en partie disparu ou subsistent tellement modifiées qu’il est bien difficile de distinguer, au milieu de ces modifications, l’œuvre de Mansart; voici au surplus, ce que dit de l’église des Feuillants et du portail (élevé sur ses dessins) qui faisait face à la place Vendôme, Girault de Saint-Fargeau : « Le portail qui faisait face à la place ne fut achevé qu’en 1676; il était décoré de quatre colonnes corinthiennes isolées, d’un entablement et d’un fronton où l’on voyait un bas-relief représentant Henri 111 recevant Jean de la Rarrière et ses contemporains. L’église était élégante et très ornée, etc. »

Nous ne pouvons aussi que nous en référer aux documents du temps et aux appréciations des contemporains de Mansart pour établir le bilan de ses conceptions architecturales; car l’église du Val de Grâce, dont il avait donné les plans, ne s’élevait qu’au rez-de-chaussée lorsque des intrigues de cour lui en enlevèrent l’exécution. Il avait eu, au surplus, le temps de se mesurer avec les difficultés énormes que présentèrent les fondations

de l’édifice établies sur d’anciennes carrières et se vengea à sa manière de sa disgrâce en entreprenant la chapelle du château de Fresnes qui est, paraît-il, une réduction exacte de son plan du Val de Grâce. Ce fut Lemercier qui, à ce moment, prit en main la direction des travaux et éleva l’édifice jusqu’à la hauteur de la corniche du portail. Mansart, à partir de ce moment, n’entreprit plus que des constructions particulières dont voici la nomenclature fort réduite : le portail de l’église des Feuillants, rue Saint- Honoré, commencé en 1601, ainsi que la porte du monastère et l’église de Sainle-Marie de Chaillot (1657), l’église des Minimes de la place Royale commencée en 1610, achevée en 1619, l’église de la Visitation des Filles de Sainte-Marie, rue Saint-Antoine, dédiée à Notre-Dame des Anges, dont la première pierre fut posée le 31 octobre 1630 et la dernière en 1636; la chapelle du château de Fresnes, dont nous avons parlé plus haut.

Comme édifices civils, Mansart éleva, de 1633 à 1649, pour le ministre, l’hôtel Mazarin,ruede Richelieu, devenu la Bibliothèque nationale, et pour Gaston d’Orléans les bâtiments situés au fond de la cour du nouveau château de Rlois, ainsi que l’hôtel de ville de Rlois (1635); celui d’Arles (1675), dont la construction fut dirigée par Peytret ; le château deRerny, celui de Bas le Roy, celui de Blérancourl, une partie du château de Choisy-le-Roi, le château du surintendant des finances René de Longueil à Maisons, celui de Gèvres en Brie, de Bercy, de Petit-Bourg, de Chantilly, de Coulommiers (nous l’avons attribué à Dehrosse), celui de la Ferté-Reuilly (Indre), qu’il reconstruisit; une partie du château de la Ferté-Saint-Aubin (Loiret); l’hôtel Pinautier et du Jars (depuis de Senozan) (1650); l’hôtel du garde-meuble de la couronne, quai Conti près l’église des Quatre-Nations ; les hôtels de Bouillon, quai Malaquais, de Guénégaud, de Caisne, de Miroménil, en face la rue Colbert, d’Aumont rue de Jouy, et de Toulouse (1635) ; ce dernier, nommé hôtel de la Vrillière, devenu aujourd’hui, après les appropriations dues aux architectes Delanoy et Crétin, l’hôtel de la Banque de France. Enfin, cette même année 1635, Mansart restaura et augmenta les bâtiments de l’hôtel Carnavalet.

Un mot seulement sur le nouveau château de Blois, qu’on peut considérer comme l’œuvre capitale de Mansart et l’une des plus belles de ce temps, mais qui n’exerça aucune influence sur Par-

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