CHAPITRE VII
chitecture emportée loin du courant des idées que la Renaissance avait fait naître.
Après la fuite de Marie de Médicis lasse du joug de Richelieu, le cardinal avait fait arrêter Gaston d’Orléans, frère du roi, mais, pour se l’attacher, lui avait fait donation des duchés de Chartres et d’Orléans et du comté de Blois. Ce fut pendant un de ses séjours dans cette résidence que Gaston entreprit la reconstruction de son palais qu’il confia à Mansart (1635). Notons toutefois qu’il s’agit seulement de la façade occidentale de la cour le long de laquelle, à la hauteur du premier étage, régnent deux terrasses qui formant arc de cercle en prenant pour centre les angles de l’édifice; l’escalier de la partie refaite par Mansart devait être placé dans l’avant-corps du milieu et recouvert d’une coupole dont une partie seulement a été complètement terminée, le surplus de la construction, arrêtée en 1080 par la mort de Gaston, étant resté à l’étal de tracé. Mansart mourut le 23 septembre 1666; mais son nom ne périt point avec lui, car nous allons le retrouver joint à celui de l’auteur du palais de Versailles : Hardouin Mansart, architecte de Richelieu, dont il avait élevé le palais.
Lcmercier, nous l’avons dit plus haut, avait été désigné pour succéder à Mansart dans la consl ruction de l’église du Val de Grâce. Né à Pontoise vers 1585, Jacques Mercier ou Lemercier conçut le projet de donner à son pays une idée vraie du chefd’œuvre de Michel-Ange, de cette église de Saint-Pierre qu’on ne connaissait guère en France que parles dessins desrares voyageurs de l’époque. Précisément Richelieu avait voulu doter (1635) d’une église le collège où il avait suivi ses cours de théologie et c’est celle que Lemercier choisit alors pour réaliser son projet; mais les dimensions de la chapelle delà Sorbonne étaient restreintes et l’artiste, malgré tout son désir, ne put donner à la coupole la grandeur qu’il fut loisible d'attribuer plus tard à celle du Val de Grâce. Du reste, les dispositions de la façade et de l’intérieur sont celles du type qui sera, pendant un demi-siècle, celui de tous les grands édifices religieux, non seulement en France, mais en Angleterre, en Allemagne, par toute l’Europe enfin. C’est ainsi que nous le retrouvons dans les façades des églises de Rueil et de Bagnolet, de l’oratoire de la rue Saint-Honoré, dans celui de l’église Saint- Roch que Lemercier commença en 1653, mais qu’il n’eut pas le temps d’achever.
« Le cardinal ministre avait acheté, en 1 524, l’emplacement occupé par l’ancien hôtel de Mercœur et l’hôtel de Rambouillet, et comme l’enceinte de Paris restreignait le jardin qu’il souhaitait autour de sa demeure princière, il fit reculer le mur de la ville et combler les fossés, suivant le plan deLemercier. Le palais de Richelieu consistait en plusieurs corps de logis séparés par des cours, dont deux centrales; la seconde, qui était la plus grande, n’était entourée de bâtiments que de trois côtés ; du quatrième, elle était séparée du jardin par une galerie en arcades surmontée d’une terrasse qui établissait une communication entre les deux ailes. L’intérieur était orné avec tout de luxe et le goût imaginable : pour ne citer que les deux salles de spectacle qu’il renfermait dont l’une pouvait contenir trois mille personnes. » L’architecture de l’édifice qu’on ne peut guère juger aujourd’hui que par des estampes avait un caractère assez indéterminé. On blâma par exemple, l’emploi singulier que fit Lemercier de fenêtres alternativement cintrées et carrés et qui nuisaient certainement à l’ordonnance générale. Le palais Cardinal fut terminé en 1639.
Devenu architecte du Louvre, Lemercier a marqué profondément sa trace. C’est lui qui en construisit le pavillon central couronné d’un dôme rectangulaire et qui, en répétant du côté opposé, la façade exécutée sous les règnes de François Ier et d’Henri II, donna à la cour du Louvre des dimensions en rapport avec la majesté de l’œuvre de Lescot et de Rullant. 11 eut soin d’ailleurs de reproduire, sans l imiter servilement, l’ordonnance architecturale de ses prédécesseurs, si ce n’est que, ne voulant pas superposer un troisième ordre de colonnes aux deux ordres corinthiens et composite qui existaient déjà, il y substitua des cariatides groupées deux par deux. Lemercier eut pour collaborateur dans l’exécution de son œuvre, le statuaire Jacques Sarrazin comme Pierre Lescot avait eu Jean Goujon.
Hors de Paris, Lemercier dut aussi continuer les travaux de Fontainebleau ; mais dans ce château, son œuvre capitale et presque unique est, l’escalier en fer à cheval adossé à la façade méridionale de la « cour du Cheval blanc » (1634). En 1627, il reconstruisait pour René Deffiat, le château de Sully (Seineet-Oise), et en 1636 il était, avec Debrosse, architecte de la cathédrale de Troyes. C’est à la collaboration des deux artistes