‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 7 sur 232 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Vittoni Ventura, architecte de Pistoja, après avoir étudié 1’antiquiié à Rome, construit l’église octogonale de Pistoja, que Vasari acheva et dont la coupole est due à Vignole, qui témoigna son estime pour l’œuvre de Ventura en respectant ses plans. La cathédrale de Corne (de 1396), avec sa façade et sa décoration, s’achève en 1526 sous la direction de Tomaso Boderi ou Bodario de Maroggia (1), architecte du portail de l’église San Stefano, à Mazzo. A la même époque(l 524) Bernardino Laccagni élevait à Parme les églises de Santa Maria délia Victoria et de Santa Maria clella S toccata.

La petite ville de Pesaro eut le bonheur de rencontrer, dans un ami de Raphaël Sanzio, élève comme lui du Pérugin, un artiste capable de l’enrichir d’éditîces dignes d’un siècle qui en produisit de si remarquables, Girolamo Genga, né à Urbin en 1476, mort en 1561, peintre à Florence, puis à Sienne, éleva d’abord des arcs de triomphe et exécuta des décorations à l’occasion du mariage de Francesco Maria avec Eléonore de Gonzague; mais bientôt il embrassa la carrière de l’architecture et s’y livra tout entier. D’abord, il restaure sur le mont Impérial près Pesaro, le Vieux Château ainsi quelepalais ducal delà ville, puis il commence sur ses dessins la construction, prèsdu Vieux Château, du nouveau palais auquel Paul III rendit une visite spéciale lors de son voyage à Bologne et l’église San Giovanni Battista, à Urbin, avec la collaboration de Pompilio Lamia, son élève. Genga donna aussi les plans du monastère de Zoccolanli et de l’évêché de Zinigaglia, ainsi que le dessin du tombeau du duc Francesco Maria ; mais son œuvre principale est la façade de la cathédrale deMantoue avec le palais archiépiscopal. Il est probable que cette façade (dont Milizia, lit l’éloge) n’est pas celle qu’on voit aujourd’hui ; elle fut du moins retouchée, en 1761, par un ingénieur autrichien, dit Du Pays (2). Genga eut un (ils, Bartolomeo, architecte comme lui et né à Urbin en 1518; élève de son père, d’Ammnati et de Vasari, il a bâti le palais de Pesaro, pour le duc d’Urbin et à Mondavio, l’église de Saint-Pierre qui, malgré son exiguïté, fut regardée par ses contemporains comme un chef-d’œuvre. Bartolomeo joignait à son talent, comme architecte, les connaissances de l’ingé-

(1) La coupole de l’édifice n’a été achevée qu’en 1732 par Juvara.

(2) Itinéraire de l'Italie, p. 212.

nieur et on lui doit les premières fortifications de l’île de Malte ; c’est là qu’il mourut en 1558.

La chapelle souterraine de l’église de la Madonna délia Misericordia à Savone et la chapelle de la Vierge du pont de Prati, à trois milles de cette ville, datent de 1535 et furent construites par un architecte de Corne, réfugié à Savone, Sormano Antonio, dit Pace. De la même époque aussi la façade de San Giacomo d’Udine auquel Milizia donne pour auteur Bernardo d’Udine ou Lapicida, mais rien ne prouve que l’église San Giovanni de cette même ville soit également de Bernardo. Pietro Textor à Brescia, Testa à Parme (1), Balbi à lteggio (2), Vetturini à Pise (3), Scalza à Pérouse (4), le jésuite Ramignani à Pistoja, élèvent, de 1550 à 1597, des édifices religieux sans valeur; notamment la petite église de San Spirito où Bamignani semble avoir donné rendez-vous à toutes les fantaisies de la décadence (5). Fiornovo Giovanni Battista, dessine, en 1566, le plan de YAnnunziata à Parme, Danti Giulio, de Pérouse, construit à Assise, en collaboration avec Alessi, Notre-Dame des Anges et Saint-François; puis à Pérouse, la Madonna del Luce , publie un ouvrage ayant pour litre : De alluvïone Tiberis et meurt en 1575. Prospero Clementi de Beggio, mort en 1584, donne, dit-on, le plan de la cathédrale de celte ville, mais est connu surtout par les tombeaux de l’évêque Bangoni, placé dans cette cathédrale, du jurisconsulte Bartolomeo Prati, placé dans la cathédrale de Parme et de l’évêque Andreasi qu’on voit à Saint-André de Manloue. Egalement sculpteur plutôt qu’archilecte, Francesco Ferruci, dit Il Tadda da Fiesole , dont on cite le tombeau de G. J. Vogio dans le Campo Santo de Pise (1550) ainsi que la fontaine du palais Pitti à Florence, élevée avec la collaboration de Susini ; sculpteur aussi Pietro Paolo Jacometti de Ricanati, né en 1 580, auteur du dessin de l’église des Jésuites de Ricanati, des fonts baptismaux d’Osimo, du tombeau du cardinal Aracœli, dans l’église Notre-Dame de cette ville, du tombeau du car-

(1) La Capucina, 1569.

(2) La Madonna délia Ghiara, terminée par Pacchione, 1597.

(3) Saint-Nicolas (1572).

(4) Chapelle de la cathédrale.

(5) Le maître-autel de San Spirito est, dit-on, de Bernini.

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