‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 8 sur 232 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

dinal Censi dans l’église du Gésu et du Châleau-d’Eau de Faenza, construit en 1621. Simone Mosca et son fils Francesco Mosca, dit Moschino , né à Sellignano en 1520, travaillèrent à la cathédrale d’Orvieto, mais ce fut également plutôt comme sculpteurs que comme architectes ; de même aussi Lartana, qui fil, en 1604, le dessin du maître-autel dans l’église de Brescia. On cite comme datant de 1646 la restauration du palais Baggione à Vicence par Enea, comte d’Arnaldi, né h Vicence, auteur de deux ouvrages sur l’architecture des anciens (particulièrement l’architecture théâtrale) imprimés à Padoue en 1733 et à Vicence en 1 769. Maurolico et Giovanni Battista Aleotti, d’Argenta près Ferrare (1546-1636), furent surtout ingénieurs et élevèrent ou restaurèrent les fortifications de Capoue, de Messine, de Parme, etc.; mais nous ne devons pas oublier qu’Aleotti, architecte de quelques petits palais à Mantoue, construisit (quelques auteurs lui donnent Vignole comme collaborateur), le théâtre de Parme qui n’est pas d’ailleurs cité par Du Pays.

Nous avons mentionné, dans le volume précédent, l’œuvre considérable de Jacopo Tatti, dit le Sansovino, à Venise. Jusqu’à la venue de Sansovino, l’architecture vénitienne procède d’une école bien distincte dont le chef est Pietro Lombardo et qui fut ensuite représentée par Tullio Lombardo, Martino Lombardo Santé Lombardo et Antonio Lombardo ses fils et neveux ; celte école se distingua principalement par un système de décoration qui consistait dans l’incrustation et l’application de marbres de coule.ur sur les parois brutes de la grosse maçonnerie. Cette architecture, la seule vraiment vénitienne (je ne parle que des édifices religieux), lleur i t surtout pendant la première moitié du xvc siècle; mais elle dura peu. Les Lombardo qui, dans leur architecture, avaient sacrifié l’essentiel à l’apparence, qui ne s’étaient attachés qu’à parer leurs édifices d’une sorte de manteau plus ou moins richement façonné; les Lombardo, dis-je, virent leur art charmant, mais peu sérieux, passer vite de mode et force leur fut de céder la place à un artiste étranger, au Florentin Sansovino.

L’œuvre de Pietro est représentée par Sainte-Marie de'Miracoli dont il a donné le dessin et l’église Mater Domini. Ces deux édifices furent élevés de 1481 à 1489. Tullio construisit la Scuola de Santa Fantina que Wiebeking attribue à Alessandro

Vittoria et San Salvatore, ainsi que le cloître attenant à cette église; Saint-Zacharie est de Martino, l’architecle de la Scuola di Sanlo Rocco aujourd’hui l’hôpital civil. Santé Lombardo, né en 1504, mort en 1560, construisit la façade de la « Scuola » et fit les dessins du grand escalier par lequel on arrive à cet édifice ainsi que ceux de Saint-Georges des Grecs et de Saint- Félix. On cite aussi du même le palais Gradenigo, les palais Vendramini à Venise et Malipiero dans l’île de Sainte-Marie Formose. Quant au palais Trevisani, qu’on lui attribue également, les nombreux points de ressemblance constatés entre la façade de cet édifice et celle des Procuraties permettent de supposer qu’il fut plutôt l’œuvre de Buono ; il en est de même du palais Cantarini, construit en 1546, auquel on donne simultanément pour architectes Saute Lombardo et Antonio Lombardo, fils de Pietro.

C’est également du commencement du siècle que datent le pont du Rialto sur le Grand-Canal, l’arsenal et les prisons de Venise. Tous ces travaux eurent pour architecte, un Florentin, Giovanni Antonio da Ponte, né en 1502, mort en 1560, d’autres disent le 20 mars 1597. Ce da Ponte, ou del Ponte, élève d’Anlonio Scarpagnino, s’appelait, dit-on, Conti, de son nom de famille. En 1576, il avait construit l’Arsenal et un des côtés du palais (détruit par un incendie), conformément au plan primitif, et cela, contre l’avis de ses confrères les plus autorisés. C’est en 1591 qu’il entreprit, sur les dessins de Scamozzi qu’il modifia, la construction du pont du Rialto, qui devait avoir comme perspective le palais, œuvre de Palladio et de Scamozzi; dans le même terrain furent construits aussi, sur ses dessins, rhôpital des Incurables et la prison. On attribue également à da Ponte le pont des Soupirs, qui fut continué après sa mort par son neveu, qui s’appelait également Antonio.

Venise vit encore s’élever, au commencement du xvic siècle, d’autres édifices de Scamozzi dont on vient de lire le nom. Elève de Domenico, son père, artiste qui vécut ignoré, Vicenzo Scamozzi, néàVicence enl552, mort en 1616, doit à ses écrils plutôt qu’à ses constructions d’avoir un rang élevé parmi les architectes de son temps et ce n’est assurément pas à sa restauration de la Bibliothèque et du Musée de Saint-Marc de Venise qu’il le doit, non plus qu’à l'achèvement des Procuralies nouvelles. Mais

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