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CHAPITRE VIII

celles de la façade sur la cour -et qu’on a dû, pour racheter la différence de niveau entre l’altique de cette façade et la corniche de celle de Perrault, substituer un troisième ordre à l’élégant altique du Louvre de Henri IL Une critique moins fondée, ce nous semble, à notre époque où l’emploi du fer tend à remplacer de plus en plus celui de la pierre, est celle qui porte sur les armatures de métal dont l’architecte aurait abusé pour relier toutes les parties de son travail.

Perrault fut moins heureux dans la construction de l’Observatoire (1670-1071), que dans celle de la colonnade. Extérieur sans architecture, imperfections notables dans la distribution d’un édifice devant avoir une destination spéciale, c’est tout ce qu’on peut dire de cette seconde œuvre de Perrault, à moins qu’on ne doive attribuer ces imperfections à l’architecte parisien Jean Le Grand, son collaborateur, mais il est probable que Perrault n’aurait point souffert des modifications dont le résultat eut été d’altérer son œuvre et de ternir sa gloire.

Chargé par Colbert de construire un arc de triomphe à la gloire de Louis XIV, après ses conquêtes en Flandre et en Franche-Comté. il choisit comme emplacement de ce monument, l’entrée du faubourg Saint-Antoine et la première pierre en fut posée en 1670 ou, pour mieux dire, la première pierre du modèle, car on l’édifia en moellons et en plâtre. Pour la raison que nous avons donnée plus haut, les fonds manquèrent à l’érection du monument définitif et, en 1716, un an après la mort de Louis XIV, la maquette s’effondrait, ne laissant d’autre souvenir que le dessin qui en fut fait heureusement, à l’époque, par Leclerc. Une chapelle (celle de Notre-Dame de la Miséricorde) dans l’église des Petits-Pères, une autre dans celle des Pelits-Augustins et le rond-point de l’église Saint-Benoît le Bétourné (qui reçut plus tard, la sépulture de Perrault), à Paris la chapelle du château de Sceaux et divers travaux pour les jardins de Versailles complètent, avec un projet pour une nouvelle église Sainte-Geneviève et quelques ouvrages sur l’architecture (1), l’œuvre de cet homme remarquable, qu’un acci-

(1) Ces ouvrages ont pour titre : 1° Dix livres cl’ architecture de Vitruve corrigés et traduits en français avec des notes (Paris, 1673, in-f° avec fig.) ; 2° Ordonnance des cinq espèces de colonnes selon la méthode des anciens (Paris, 1683, in-f°) ; 3° Recueil de plusieurs machines de nouvelle invention (Paris, MDCC, in-4°); 4° Le

dent enleva le 9 octobre 1688. Sen biographe nous apprend que dans le désir d’approfondir ses connaissances dans l’art médical, qu’il n’avait jamais abandonné, il se trouva empoisonné en procédant àl’autopsie d’un animal mort d’une maladie contagieuse.

L’année même où Perrault commençait cet arc de triomphe de la porte Saint-Antoine que personne ne devait finir, le ministre Colbert, dans le but de protéger l’architecture contre des doctrines subversives de ce beau idéal vers lequel doivent tendre sans cesse les artistes, fondait l’Académie d’architecture, à l’image de l’Académie française créée quarante ans auparavant par Richelieu, en même temps qu’il établissait une succursale de cette Académie à Rome même, pleine encore, à cette époque, des débris d’un passé glorieux pour les arts et berceau des grands génies auxquels était due la Renaissance. Nous présentons, dans notre troisième volume, la liste complète des membres de l’Académie d’architecture, en commençant par les membres fondateurs; disons ici que le premier directeur de l’Académie de Rome se nommait Charles Errard, architecte et peintre, né à Nantes en 1606. 11 avait alors posé la première pierre (1670) de l’église des Filles de l’Assomption, rue Saint- Honoré. Achevée en 1676, c’est-à-dire après six années de travail, l’Assomption, présente un portique de huit colonnes d’ordonnance corinthienne, couronnées d’un fronton, et une coupole de vingt et un mètres de diamètre dans œuvre. Il est vrai de dire que Errard, alors à Rome, crut devoir s’en remettre à l’entrepreneur Chevet, qui se permit d’apporter plusieurs modifications malheureuses au plan qui lui avait été adressé. Comme peintre Errard s’était fait connaître, en 1656, par la décoration du plafond de la grande salle d’audience du palais du Parlement à Rennes et par celle de la galerie du château de Dangu, travaux auxquels succèdent en 1657, la décoration de la salle de spectacle du palais-Royal, celle des appartements de la reine mère au Louvre, celle de la chambre du roi et son oratoire, aux Tuileries, celle de l’hôtel de La Ferté Senneterre (détruit), pour la création de la place des Victoires. Notre-Dame, les châteaux de Versailles et de Fontainebleau possèdent des toiles d’Errard.

cabinet des Beaux-Arts ou Recueil des plus belles estampes gravées d'après les tableaux originaux où les Beaux-Arts sont représentés avec l'explication des mêmes tableaux (Paris, chez G. Edelinck, MDCXC, in-4°).

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