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CHAPITRE Y III

L’emplacement de la place Vendôme, qui forme un octogone assez régulier, était occupé par l’hôtel que les ducs de Retz avaient fait construire vers 1562. En 1684, l’hôtel était la propriété du duc de Vendôme, fils légitimé de Henri IV et de Gabrielle d’Estrées, lorsque Louvois conçut le dessein d’ouvrir une voie de communication entre la rue Saint-Honoré et la rue des Petits- Champs; ce fut l’origine de la place Vendôme, au centre de laquelle on inaugura, le 13 août 1699, une statue équestre en bronze de Louis XIV, œuvre de Girardon. Hardouin Mansart dressa le plan des bâtiments qu’on devait élever sur trois des côtés de la place, formant une longue ordonnance d’arcades ornées de pilastres qui portaient un entablement d’un grand aspect. Ils étaient destinés à la bibliothèque du roi, aux différentes académies, à l’Hôtel des monnaies et à l’Hôtel des ambassadeurs extraordinaires. Mais la mort de Louvois fit suspendre en 1691, l’exécution de ce grand projet et le terrain fut concédé à la ville de Paris, à la charge de construire à ses frais. La ville rétrocéda son droit à plusieurs particuliers, les constructions déjà commencées furent démolies et remplacées par celles qu’on y voit aujourd’hui, élevées également, d’ailleurs, sur les dessins de Hardouin Mansart (1).

Le dernier ouvrage de Mansart, et certainement le meilleur, après le Dôme des Invalides, est la chapelle du château de Versailles qu’il ne put achever. En ce qui touche le château lui-même, Mansart ne fut que le continuateur de l’œuvre de Le Vau que Louis XIV avait chargé, dès 1661, de créer Versailles tout en conservant le rendez-vous de chasse que son père y avait fait construire. Les premiers travaux avaient été le pavage de la cour dite depuis Cour de marbre et l’élévation, du côté du jardin, de la façade qui forme le grand avant-corps du milieu. Puis, la construction du reste du palais nouveau fut poussée assez activement pour que, dès 1670, les deux ailes nord et sud ainsi que les deux « Pavillons des ministres » fussent achevés; c’est à cette date que mourut Le Vau et que Hardouin Mansart lui fut donné comme successeur. Mansart, tenu par l’obligation

(1) Les bâtiments qui entourent la place des Victoires, construits en 1683 par l’architecte Predot sur les dessins de Hardouin Mansart, dans un terrain donné par le duc de la Feuillade, présentaient la même ordonnance uniforme et symétrique « qui semblait à la fin du xvn° siècle l’alpha et l’oméga de l’architecture ».

de respecter en faisant ses nouvelles constructions, le niveau du château de Louis XIII, ne put accorder à la façade sur le jardin, l’élévation projetée par lui; on ne peut nier cependant que la grande saillie du bâtiment du centre et ses vastes ailes se développant suivant des lignes horizontales presque à l’infini, compensent le peu de hauteur de l’édifice et donnent à l’ensemble de la façade du côté des jardins une suffisante majesté. « Au point de vue architectural, les constructions du château de Versailles ne fournirent aucun élément nouveau à notre architecture; partout, y éclate le style antique appliqué dans des proportions colossales tels que Perrault l’avait inauguré, dans sa colonnade du Louvre, tel que Louis XIV l’aimait. » Nous ne parlerons ni des grandes œuvres de peinture, ni des grandes œuvres de sculpture qui complétèrent l’œuvre de Hardouin Mansart; disons seulement que dès l’année 1676, c’est-à-dire quatre années après sa prise de possession du château, Louis XIV, fatigué des éternelles pompes de Versailles, voulut se faire bâtir, non loin de son palais, une retraite dans laquelle il pourrait se livrer aux intimités de la vie. Ce fut Trianon qu’il choisit pour rétablissement de celte retraite et ce fut encore Hardouin Mansart, nous le répétons, qui éleva les bâtiments de Trianon composés d’un seul rez-de-chaussée qui offrait une façade principale avec deux ailes en retour réunies par un péristyle d’ordre ionique.

Mais Louis XIV prit bientôt en dégoût sa nouvelle résidence que les courtisans encombraient comme la première et choisit au milieu des bois, entre Louveciennes et Saint-Germain, l’emplacement sur lequel son architecte dut élever le château de Marly. « Il composa en pierre et en marbre pour l’entretien de son orgueil (celui de Louis XIV) la plus énorme adulation qui lui ait été adressée » c’est-à-dire un pavillon central accosté de douze pavillons moindres dontles habitants venaient chaque matin saluer le roi soleil. »

Mansart mourut presque subitement à Marly en 1708. Si les édifices dus à son génie avaient besoin d’un complément, on peut affirmer qu’il le trouva dans le génie de Lenôlre. Né à Paris le 12 mars 1613, mort dans la même ville en 1700, André Lenôtre. qui étudiait la peinture dans l’atelier de Simon Vouet, fut chargé par Fouquet de dessiner et planter les jardins de

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