CHAPITRE VIII
Paris. Le goût remarquable dont il fit preuve alors appela sur lui l’attention de Mansart et Lenôlre dut transformer, par un effort continu de son intelligence, « le plus ingrat de tous les lieux, sans vie, sans bois, sans eau, sans terre, parce que tout y est sable ou marécage, sans air par conséquent ou qui ne peut être bon ». Lenôtre, dans ce désert, créa des jardins, un parc immense et comme il lui fallait de l’eau, c’est dans la Seine que la machine de Rennequin Sualem puisa celle qui, descendant ensuite les pentes de la montagne de Marly, venait arroser Versailles.
Lenôtre, à la création du parc de Versailles, joignit celle des jardins de Trianon et de Marly et à Paris, la création de ceux des Tuileries, des Champs-Elysées et du Palais-Royal. En province, lesjardins des châteaux de Clagny, d’Issy, de Cliâteauneuf, d’Orléans, d’Enghien, de Bercy, de Chantilly, de Meudon, de Sceaux, de Saint-Cloud, de Saint-Germain, de Vaux, de Livry, d’Amiens, étendirent sa réputation à l’étranger et lesjardins de Charlottenbourg et d’Oranienbourg en Prusse, les parcs de Greenwich, de Saint-James et de Kensington en Angleterre, les jardins de la villa Ludovici, de la villa Pamphili, de la villa Alboni, du Quirinal et du Vatican, en Italie, furent tracés par Lenôlre. Au moment de sa mort, arrivée, nous l’avons dit, en 1700, il était membre de l’Académie, chevalier de l’ordre de Saint-Michel et contrôleur général des bâtiments du roi.
Parmi les membres assez nombreux de la famille des Jules Ilardouin Mansart on peut compter, suivant Lance, qui a pris soin d’établir la généalogie de ce grand artiste, quatre architectes : 1° Michel, 2° Jules-Michel- Alexandre, 3° Jean, 4° Jacques II; mais du second seulement, admis à l’Académie le 22 janvier 1720, mort en 1737, nous avons à dire qu'il donna les plans de la ville de Châteaudun incendiée le 20 juin 1723.
Un élève de Ilardouin Mansard (qui fut bientôt son auxiliaire) est Germain Boffrand, né à Nantes le 16 mai 1666, décédé membre de l’Académie, architecte de l’électeur de Bavière et de l’évêque de Wurlzbourg. S’il n’a point attaché son nom à une œuvre comme la Colonnade, les Invalides ou le Palais-Royal, Boffrand n'en fut pas moins l’architecte d’un grand nombre d’édifices importants tels que le Palais-Royal de Nancy sur l’emplacement de l’ancien palais des ducs de Lorraine et le palais