‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 81 sur 232 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

montées d’une longue frise, couronnée d’un cnlablemenl portant un altique; les bas-reliefs de la frise furent exécutés par Tuby ainsi que les statues en demi-relief représentant des vertus et qui reposaient sur les chapiteaux des pilastres et la composition de l’artiste était expliquée par une inscription gravée sur l’attique. Ajoutons, pour terminer, que les deux faces de la porte présentaient la même décoration.

Blondel préludait ainsi à l’érection de la porte Saint-Denis, son œuvre capitale, comme il nous l’apprend lui-même, et qui faisait partie de l’ensemble des nouveaux remparts élevés à celle époque au nord de Paris, delà Bastille à la porte Saint-IIonoré. Ce fut vraiment, plus encore que la porte Saint-Bernard, un arc triomphal, à la manière des monuments élevés par les Domains à leurs maîtres et on peut dire que l’édifice dû à Blondel, aidé dans son travail par les deux statuaires Girardon et Michel Anguier, a toujours été considéré comme une des œuvres architecturales les plus complètes du xvn° siècle. La corderie de Bochefort est également citée, ainsi que l'holel de Rouillé, rue des Poulies et aussi la décoration de la chapelle de la Vierge à Saint-Laurent. Mais le Cours d' architecture de cet artiste, résumé de ses leçons à l’Académie royale, qui se trouve aujourd’hui dans toutes les bibliothèques de nos architectes, a établi, au moins autant que la porte Saint-Denis, la réputation de Blondel. Outre son Cours d' architecture, il publia avant sa mort, arrivée en février 1080 : Nouvelle manière de fortifier les places (ouvrage qui lui valut la nomination de maréchal de camp), Résolution des quatre principaux problèmes d' architecture ; des dessins et des notes pour l’ouvrage de Savol ; Y Architecture française des bâtiments particuliers ; un Plan de Paris , etc.

Deux autres architectes ont honoré le nom glorieux de Blondel : Jacques-François, son neveu, et François, qui, d’après Lance, n’a aucun lien de parenté avec François Blondel, premier du nom. Ce François Blondel, né à Rouen en 1083, mort en 1750, a, du reste, peu produit. On ne cite de lui que les hôtels des Consuls à Rouen, l’hôtel des Gardes du corps à Versailles, la décoration du chœur de l’église Saint- Jean-en-Grève à Paris et trois villas près de Genève. Quant à Jacques-François Blondel, également Rouennais, né en 1705, c’est-à-dire dixneuf ans après la mort de François, son oncle, il fut nommé

membre de l’Académie en 1756 et professeur en 1762. Les constructions exécutées sur ses dessins sont considérables : en 1764, l’bôlel du Parlement, les bâtiments et la chapelle de l’abbaye royale Saint-Louis des dames chanoinessses, le portail ouest de la cathédrale de Metz et le palais épiscopal, l’hôtel de ville et une caserne; vers la même époque, à Cambrai, le palais épiscopal, la décoration du chœur et de la chapelle de la Vierge, dans l’église Saint-Gervais à Paris, l’appropriation de l’église Saint-Jean à une salle -de réunion (origine de la. salle Saint-Jean à l’Hôtel-de— Ville) ; il décora l’église de Châlons, enfin on peut dire qu’il donna les plans de tous les édifices élevés en ce temps, à Strasbourg (1768) : hôtel de ville, place d’Armes, caserne, théâtre, place Royale, etc. A ces travaux, il convient d’ajouter les dessins faits par Jacques- François, ainsi que ses ouvrages d’architecture dont les principaux sont ; Traité d' archile< tare dans le (/mit moderne, 2 volumes in-4° (1 737-1738); Y Architecture française , 4 volumes (1752); Cours d' architecture civile , augmenté par Patte, 6 volumes de texte, 3 volumes de planches (1772-1777). Jacques-François Blondel mourut le 9 janvier 1774.

Deux frères, Louis et Charles Joubert, ce dernier né à Paris en 1640, organisaient l’Amphithéâtre Saint-Côme à l’École de médecine, devenu l’amphilhéûlre d’anatomie et construisaient avec Giral, auquel Montpellier doit la place du Peyrou, le portail du couvent des Mathurins (1729). C’est également Charles Joubert qui construisit l’école gratuite de dessin, rue de l’Écolede-Médecine, à Paris.

Antoine Lepautre, membrede l’Académiedepeintureen 1671, né à Paris le 15 janvier 1621, fut architecte du roi et de Monsieur, frère de Louis XIV. On lui doit l’hôtel des Gardes à Versailles, deux ailes du château de Saint-Cloud et la grande cascade, le portail de l’église de Port-Royal, faubourg Saint-Jacques (1646); la maison de M. Boisfranc, à Paris, et un château pour le même à Sainl-Ouen ; l'iiôlel de Gesvres,rue Neuve-Saint-Augustin à Paris et la maison du duc de Gesvres à Sainl-Ouen; 1 hôtel de Beauvais rue Saint-Antoine; la fontaine Saint-Victor, près la rue de Jouy et l’hôtel de Chamillard; le portail de l’église des Carmélites à Lyon. Lepautre entreprit aussi la restauration de l’église du Mont-Carmel, bâtie par Eudes de Montreuil; mais

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