CHAPITRE VIII
loi
Madame de Montespan, qui voulait faire élever un château à Chagny, ayant demandé un projet de cet artisle, en 1657, lui préféra celui de Mansart, qui était alors fortement recommandé par Lenôtre, tandis que les Jacobins de Lyon confiaient l’exéculion du portail monumental de leur église à un architecte lyonnais. Mais Anloine Lepautre, qui mourut en 1682, eut le bonheur de voir la plupart de ses œuvres décrites par son parent Jean Lepautre dont les ouvrages personnels sur l'architecture sont encore fort eslimés. Quant à Pierre, son fils, il fut surtout statuaire ; né à Paris en 1659, il y mourut en 1 174-4 . Membre de l’Académie, dont il fut un des fondateurs en 1671, Pierre Mignard, fils du peintre Nicolas, l’auteur des Amours de Théogène et de Chariclée, né à Avignon en 1640, mort en 1725, parcourut l’Italie et fut assez heureux pour êlre chargé, jeune encore, de diverses constructions importantes, parmi lesquelles il faut compter la façade de l’église Saint-Nicolas à Paris ainsi que l’abbaye de Monlmayor près d’Arles, délruile par le feu et reconstruite en entier, sous réserve de conserver le plan de Mignard, par un architecte d’Avignon appelé Fauque (Voir ci-après Giral et Fauque).
C’est à l’architecte italien Girardini ou Giardini qu'on doit le palais Bourbon, dont la construction fut commencée sur l’ordre de Louise-Françoise de Bourbon, en 1722, mais dura plus de quatre-vingts ans, car beaucoup d’architectes travaillèrent après lui «à. l’édifice : Belisarl, Lassurance, Barreau, Carpentier, ensuite Gisors, Pagès, etc. Nous mentionnerons ici les premiers successeurs de Girardini, réservant la nomenclature des travaux exécutés au palais Bourbon pendant le xixe siècle. Belisart ou Bellisart, dont nous ne connaissons que le nom patronymique, travailla principalement à la partie appelée « palais du Petit-Bourbon ». Admis à l’Académie d’architecture le 24 juin 1776, il construisit une salle de spectacle dans le château de Chantilly. Ce qui est certain, c’est que Cailleteau, dit Lassurance, lut membre de l’Académie en 1699 et continua la réfection du palais Bourbon, après Girardini et Bellisart, sans qu’on puisse indiquer sur quelle partie a porté celte restauration. Parmi les hôtels construits sous sa direction, il y a lieu de citer .
1 hôtel Lassay, rue de Bourbon, en collaboration avec Aubert dont nous parlons plus loin (1704), celui de Montmorency, bon-
levard et rue Montmartre, augmentés depuis par Carpentier, l’hôtel du secrétaire d’Élat Rivié (1704), rue Sainl-Marc-Feydeau ; les hôtels Roquelaure, rue Saint-Dominique (1722); Rothelin, rue de Yarenne; de Richelieu, rue de Grenelle; de Noailles, rue de Luxembourg; de Monlbazon, rue Saint-Honoré; de Réthune, rue Saint-Dominique; de Châtillon, rue Saint-Dominique(l 708) ; les hôtels Saucourt et d’Auvergne (1704), rue de l’Université. Lassurance fit élever encore, sur ses dessins, le château de Petit- Rourg dont le parc a été gravé par Mariotti et mourut en 1724. Il laissait un fils, Jean Cailleteau, aussi architecte, qui entra à l’Académie le 8 mai 1723 et mourut en 1755, contrôleur du château de Marly, puis de tous les bâtiments du roi (1749). Mrac de Pompadour lui fit élever le château de Bellevue (1748), un pavillon dit l’Ermitage et l’hôtel des Réservoirs à Versailles (1750), et restaurer les châteaux de la Celle-Sainl-Cloud et de Crécy, près Dreux, ainsi qu’un hospice. On doit à Jean Cailleteau l’hôtel de Luxembourg, rue Saint-Marc, les hôtels de Sens et du Maine, achevés par Aubert, et de Molé, rue de Grenelle- Saint-Germain. Un troisième Cailleteau, dénommé Pierre, fils également de Lassurance, était contrôleur du château de Saint- Germain et de Monceaux.
François-Dominique Barreau de Chefdeville, né en 1725, élève de Rotîrand, grand prix d’architecture en 1749, fut le successeur de Cailleteau au palais Rourbon ; c’est tout ce que nous savons de lui. Quant à Antoine-Michel Carpentier ou Lecarpentier, né à Rouen en 1709, nommé en 1755 membre de l’Académie d’architecture, il dirigea les travaux de la Chambre des comptes et de l’Arsenal à Paris, avant d’ètre chargé de la décoration du palais Bourbon. En sa qualité d’architecte du domaine, il éleva au Havre le bâtiment nommé d’abord la Romaine ; puis la Douane et l’Hôtel de ville de Rouen (1758); il restaura ensuite à Paris le collège de Grandmont, situé rue Mignon, près de l’Ecole de médecine, dont on voit encore les restes; puis de nombreux hôtels parmi lesquels : l’hôtel du fermier général Bouret; l’hôtel de Lanoy, rue du Regard; de Luxembourg, rue Saint- Marc; de Boulainvilliers, rue Bergère; de Beuvron, de Ducliâtel, etc. ; Carpentier donna encore les plans de la maison du marquis de la Boissière à Tivoli, puis des châteaux de Courteille, de la Ferlé-Bernard, etc., et mourut en 1775.