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CHAPITRE VIII

De 1748 dale l’appropriation à un Asile des aveugles de l’ancienne caserne des mousquetaires noirs, élevée de 1699 à 1701 rue de Charenton. L’architecte qui en fut chargé s’appelait Labbé et eut pour successeur Martin (et non Sainl-Marlin) ; mais, en 1756, les travaux entrepris par ces architectes n’étaient pas achevés. Quoi qu’il en soit, c’est là que furent pendant cinquante ans recueillis les aveugles indigents et l’établissement prit le nom d? Hospice des Quinze-Vingts qui lui avait été donné par son premier fondateur, saint Louis (1). Si nous disons ici que l’architecte Pierre-Alexis Delamaire, né vers 1676, mort à Chatenay, près Paris, en 1745, exécuta, en 1706, la restauralion de l’ancien hôtel de Clisson devenu hôtel de Soubise, et de l’hôtel du cardinal de llolian, évêque de Strasbourg, c’est que, réunis, ces deux hôtels devinrent, en 1787 d’abord, puis avec des agrandissements considérables, en 1809,1e Dépôt des Archives. Delamaire avait eu pour collaborateurs, Coustou jeune et Bourdis, auteurs des sculptures qui ornaient la porte ouverte, au moment de cette restauration, sur la rue de Paradis. Ce portail se compose de deux groupes de colonnes d’ordre corinthien, avec leurs couronnements en ressaut, sur lesquels sont posées les deux statues d’IIercule et de Pallas. La cour, qui n’a pas moins de 58m,50 de longueur sur 39 mètres de largeur est entourée d’un portique reposant sur cinquante-six colonnes d’ordre composite; le vestibule est orné de deux ordres de huit colonnes superposées et des figures décorent le fronton. Delamairc fut aussi l’architecte de l’hôtel Pompadour, rue de Grenelle- Saint-Germain et de l’hôtel de Duras, faubourg Saint-Honoré.

Du reste, la quantité d’hôtels, de châteaux, de maisons de campagne, qui furent élevés pendant la dernière moitié du xviic siècle est considérable. Il se forma même un quartier neuf sur la rive gauche delà Seine, le faubourg Saint-Germain, qui fut le quartier de la noblesse comme celui de P île Saint-Louis était le quartier de la magistrature. « Elles sont, en général (les habitations) très bien bâties de pierre de taille, leur toiture est assez élevée et le plus souvent disposée en mansardes, les fenêtres sont beaucoup plus grandes que dans nos maisons modernes. »

(I) L’établissement a été transféré, en 1843, boulevard des Invalides à Paris, et est devenu l'Institut des jeunes aveugles.

loi

Nous avons cité en leur temps les constructions particulières ducs à de Cotte, Lemuet, Bruant, Le Vau, aux deux Mansart, à Boffrand, Delamaire, etc; ajoulons-y, à Paris : l’bôlel de Noailles, rue Saint Honoré, construit dans le style italien par Jean Richer, élève de Le Vau (1610), ainsi que les hôtels d’Oullremonl, Pasquier, rue Bourg-l’Abbé, et de la comtesse d’Eslrade, rue de Cléry; la porte de Pliôtel de Noailles, rue Saint-Honoré; les hôtels de Pussor, de Chevreuse, de Mortemart, Saint-Guillaume, faubourg Saint-Germain; l’hôtel de Beauvais, rue Saint-Antoine, et la maison du sieur Herselin, quai Notre-Dame, par Jean Marot. On devait aussi à cet artiste, né à Paris en 1030, mort le 15 décembre 1679, le portail de l’église des Feuillantines, rue Saint-Jacques, le palais de l’électeur palalin à Manlieim, l’achèvement des châteaux du Saint-Sépulcre, près Troyes et de Lavardin, dans le Maine, celui de Turny, en Bourgogne, et de nom breux ouvrages d’architecture dont le principal est connu sous letilre de : L' Architecture française ou recueil clc plans , élévations , coupes et profils (les églises, palais , hôtels et maisons particulières de Paris et des châteaux et maisons de campagne des environs et de plusieurs autres endroits de France , par Marot, père et fils (Paris, 1727-1775). Marot eut pour amis et rivaux Israël Sylvestre et Gabriel Perelle. Le premier, élève de son oncle, Israël Henriet, reproduisit avec lalenf les monuments de Paris et les principaux édifices de France et d’Italie; il mourut en 1691. Perelle, né en 1610, dessina les maisons royales et les châteaux les plus remarquables de France et se fit, comme dessinateur de paysages, une grande réputation.

Les hôtels d’Etampes et de Rohan, rue de Varennes et de Font-Penère, rue de Richelieu, ainsi que la maison du savant Réaumur, près de la Roquette, eurent pour architecte Nicolas Dulin, né vers 1670, mort le 9 avril 1751, architecte également de l’hôtel Lambert de Ville-Genis et du châleau Galpin à Auteuil. Dulin avait été reçu membre de l’Académie d’architecture en 1708. L’hôtel d’Anlin ou de Richelieu, une maison rue de Richelieu et le pavillon de Hanovre, «à l’angle du boulevard et de la rue Louis-le-Grand, furent conslruits par Pierre Levé ou Lévée, élève de Dulin de 1707 à 1710. Vers 171 7, Michel Tanneveau, mort en 1762, plus connu comme architecte du duc d’Orléans pour lequel il éleva à Bagnolet le pavillon du Bois, construit les

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