‹ Les architectes par leurs œuvresChapitre 84 sur 232 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

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hôtels Dervieux, et de Castaniet, rue des Capucines. Dans le même parc de Bagnolet un architecte nommé Serin éleva, vers la même époque, le Pains des Ermites. Mais nous ne connaissons pas d’autre œuvre de lui.

Pendant que Marot, Israël Sylvestre et Perelle Iransmetlaient à leurs successeurs, par la plume et le burin, les édifices les plus remarquables de leurs temps, Desgodets, d’Aviler et Chambray essayaient d’arrêter les architectes sur la pente déplorable qui les éloignait chaque jour davantage de la perfeciion des édifices antiques. Charles-Augustin d’Aviler, né à Paris en 1G53, d’une famille originaire de Lorraine, fut envoyé, à l’âge de vingt ans, h l’Académie de France à Rome, de créai ion alors récente, et s’embarqua pour l’Italie vers la fin de l’année 1674, avec Desgodets, plus tard connu par ses relevés d’édifices antiques, et l’illustre antiquaire Jean Foy Vaillant; mais, pris par des corsaires algériens, tous trois furent faits esclaves et d’Aviler, conduit en Tunisie, y resta seize mois avant de pouvoir se rendre à Rome. Mariette possédait même un dessin original de d’Aviler, représentant le plan et l’élévation d’une mosquée qu’il aurait construite pendant sa captivité à Tunis, dans la grande rue qui conduit au Bab-Aluc, et dont, ajoute Mariette, « l’architeclure est de fort bon goût ». Après cinq années passées à Rome dans l’étude des monuments de l’antiquité, d’Aviler revint à Paris où son talent de dessinateur le fit attacher au « Bureau d’architecture », par Jules Ilardouin Mansard, surintendant des bâtiments du roi et il put ainsi acquérir, près de ce grand artiste, de réelles connaissances pratiques. C’est vers cette époque (1685) que, préludant à la composition de son Cours cl' architecture , il traduisit le sixième livre de Y Architecture de Scamozzi. Le Cours d'architecture-, qui parut six ans plus lard, justifie la faveur dont ce traité a joui en France et à l’étranger pendant un siècle; sa place est encore aujourd’hui dans les bibliothèques d’architecture publiques ou privées. La ville de Montpellier avait alors décidé de faire élever à la gloire de Louis XIV une porte magnifique en forme d’arc de triomphe (1) ; Dorbay en avait fourni les dessins qui avaient été fort applaudis et il ne s’agissait plus que de trouver un homme intelligent pour prendre le soin de la consul) Celte porte, appelée la Porte du Peyrov, est, en effet, un grand arc de triomphe percé d’une seule arcade, sans colonnes ni pilastres. Un grand enta-

truction ; le choix tomba sur d’Aviler. Il partit en 1691 et, l’année suivante, l’arc de triomphe se trouva entièrement achevé à la satisfaction de toute la province. Il fut ensuite chargé par M. de Colbert, archevêque de Toulouse, de la construction du Palais archiépiscopal de cette ville, devenu l’Hôtel de la préfecture et répara le pont du Gard avec l’abbé Laurens en 1699. Il mourut architecte de la province du Languedoc, en l’année 1700, n’étant âgé que de quarante-sept ans et dans toute la maturité de son talent. Outre son cours d’architecture, d’Aviler avait composé un véritable Dictionnaire des termes cï architecture qui fut dans la suite revu et augmenté par Alexandre Le Blond. Antoine Desgodets, né en 1653, mort le 20 mai 1728. partit pour Rome avec d’Aviler, partagea sa captivité et publia, sous le litre : les Edifices antiques de Rome , une étude approfondie des restes anciens qu’il avait observés. Si Desgodets écrivit d’autres ouvrages sur l’architecture, son œuvre, comme architecte, est fort minime, et à part le plan du jardin du Palais-lloyal, avant l’incendie de 1730 et des jardins du parc de Bagnolet, on ne peut rien citer de lui.

Les habitations de campagne importantes de ce siècle présentèrent les caractères de commodités qu’on exigeait des maisons de ville. « Au point de vue de l’art, on ne saurait les comparer aux châteaux de la Renaissance; mais leur ensemble et surtout la recherche des distributions qui contribuent au bienêlreou au charme de la vie, donnent aux châteaux du xviic siècle, une supériorité incontestable au point de vue pratique de la construction, sur ceux du siècle précédent. » Ils sont élevés sur un plan plus large et les hautes toitures qui les terminent leur donnent un aspect plus monumental; ils ont conservé d’ailleurs l’enceinte traditionnelle de fossés, seulement ceux-ci ne sont plus creusés en vue de la défense mais uniquement pour rappeler la physionomie des châteaux des époques antérieures.

Nous avons cité les principaux, dans les pages consacrées à leurs auteurs, en voici maintenant quelques-uns qui eurent un certain caractère quoiqu’ils soient l’œuvre d’architectes à peu près inconnus : le château de Coulommiers (détruit de 1736 à

blement dorique d’une très belle proportion en fait le couronnement, et il est en outre orné de quatre médaillons en bas-reliefs de Pli. Bertrand, représentant la Jonction des deux mers et les Victoires de la France.

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