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CHAPITRE VIII

1738), commencé en 1013 par Charles du Ry, architecte né à Argentan, sur les dessins de Debrosse qui eut comme successeur dans ce travail son fils Mathurin, lequel coopéra avec J. Duverieux et Denis Laud à la reconstruction du pont au Change, à Paris, en 1639. Du Ry éleva également le couvent des Capucines de celle ville; pour le surintendant Fouquet, le château de Vaulx-le-Vicomte, près Melun, dont la construclion fut dirigée, en 1660, par l’architecte Antoine Bergerac. Est-ce à titre de sculpteur seulement qu’y travailla Thibault Poissant, plus connu par les six figures dont il orna le pavillon centrale des Tuileries? Toujours est-il que Poissant, né à Eslrées-lez- Crécy (Somme) en 1603 et mort à Paris le 10 septembre 1668, avait éludié l’architecture et fait un assez long séjour cà Rome lorsqu’il fut chargé de travaux dans les églises de Reims, des Andelvs, de Saint-Sulpice, elc., et de restaurations aux hôlels Carnavalet, d’Estrées et de Saint-Fargeau. Après le château d’Aubais, dans le Gard, dont l’escalier remarquable est l’œuvre d’un architecte de Lille, Gabriel Dardaillan, qui y mourut en 1693, nous mentionnerons encore le château de Boisseleau, près Blois, élevé en 1630, sur l’ordre de Barthélemy Savorni, par Charles Michel ; des pavillons à Beaumont-lez-Tours dont la première pierre fut posée par Anne-Marie-Louise d’Orléans le 18 juillet 1633, architecte Pierre Huan; les fontaines de Tours, deChenonceaux, de Loches, qui eurent pour architectes, de 1330 à 1600, les deux Valence ou, pour mieux dire, les Cardin de Chantelou, oncle et neveu, qu’on avait surnommés ainsi ; le château de Saint-Germain qu’Alexandre Francini, architecte de Florence, créature de Marie de Médicis, embelli!, ou crut embellir en inondant les jardins et le parc de pavillons, de grottes et de chutes d’eau dans le goût italien (1600 à 1631); la chapelle de la maison de la présidente Fréron, à Clichv, érigée par Faucher (1672); les parcs de Bagnolet et de Saint-Maur ainsi que le jardin du Palais-Royal qui furent tracés par un Français, neveu de Lenôlre, Claude Desgots (1673). Du reste, Desgots, quoique successeur de son oncle dans sa charge de conlrôleur des bâtiments du roi, n’a laissé, comme œuvres d’architecte que le château de Périgny en Bourgogne et l’escalier monumental du château d’Anet. Retenu longtemps hors de France pour la création des jardins de Sa Majesté Britannique, alors que l’Anglelerre

n’avail pas encore inventé les parcs « dits improprement anglais depuis bientôt deux siècles ».

A Toulouse, la maison des Théatins (aujourd’hui quartier général de la division), l’église Saint-Jérôme et l’hôtel de Malle ont pour architecte Jean-Pierre Rivalz, né à la Bastide d’Anjou, mort à Toulouse le 17 mars 1700. Ajoutons que Ilivalz, qui avait séjourné pendant quelques années à Rome pour y étudier les œuvres des grands maîtres, avait conduit, pendant son séjour dans cette ville, les travaux du grand hôpital du Saint-Esprit.

En qualité d’architecte du vice-légat, François de Royers de la Valfénière, second du nom, eut à diriger, en 1042, la restauration du collège du Roure, devenu plus tard, l’hôtel de la préfecture d’Avignon. En 1030, il fut institué architecte de la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon et prit une large part à l’agrandissement et à la décoration des bâtiments de ce monastère. On compte encore, parmi ses travaux (1640), le palais épiscopal de Carpenlras (aujourd’hui le palais de Justice), la restauration de l’église de Carromb (1045), enfin les plans de l’abbaye royale des Bénédictines à Lyon, dont la première pierre fut posée le 18 mars 1059. De la Valfénière avait alors quatre-vingt-quatre ans et avait commencé son œuvre, en 1G12, par l’escalier de la chapelle Saint-Pierre de Luxembourg à Avignon; il y mourut le 22 mars 16®7, laissant un projet d’hôtel de ville pour la ville d’Arles, projet qui fut exécuté quelques années plus tard par l’architecte Peytret. Tout ce que nous avons pu apprendre de son neveu, Paul de la Valfénière, c’est qu’il acheva l’abbaye des Bénédictines à Lyon.

Dans le Dauphiné, le château de Vizille, élevé en 1611 pour le connétable de Lesdiguières, a pour architecte Jacob ou Jacques Richiet, mort en ce pays le 19 mars 1041 ; à Villefranche de Rouergue, c’est l’architecte Roy, de Paris, qui dirige la reconstruction du palais de Justice en 1030; à Rodez, Jean Parate, de Saint-Geniès d’Oll, construit en 1072, le pont de Saint- Geniès sur le Lot, élève, en 1672, le grand portail et deux galeries du couvent des Dominicains, en collaboration avec Jacques Lacroix et commence, en 1704, le palais archiépiscopal et Notre- Dame de Milhau. Le grand séminaire et le portail de la Chartreuse datent de 1690 et sont l’œuvre de Garobuau, architecte aussi du palais épiscopal de Vabres, près Rodez; un jésuite,

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