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CHAPITRE VIII

Étienne-Ange Martel (nommé ordinairement Martel Ange), né à Lyon en 1559, dirige dans cette ville, vers 1609, la construction de l’église du collège de la Trinité ainsi que de l’hospice de la Charité à Lyon. Orléans lui doit l’église des Jésuites (1633) et le portail de l’église Saint-Maclou; il laissa également une œuvre à Paris, l’église du noviciat des Jésuites (1630) et mourut en 1641. Le frère Valérien, de l’ordre des Recollets, élève à Lyon, en 1648, le portail des Recollets de Relle-Grève, construction originale, qui méritait d’être citée ici. Aux environs de Lyon, une seule construction civile à mentionner : la restauration du château de Courcelles, élevé en 1643 par un inconnu, Jacques Nadreau. Dans les Charentes, nommons Brunei, architecte du maréchal d’Albret et Coussarel qu’il chargea en 1667, de la construction du château de la Valette et de l’abbaye de Rassac (Charente).

Deux ponts, le pont Mongeat à Nancy et le pont sur la Moselle reliant Pont-à-Mousson furent exécutés, le premier en 1627, par Nicolas de Chamagne, et le second en 1 580, par Antoine Gratta. Quant à la porte de la Graffe, à Nancy, elle fut au moins restaurée, en 1615, par Pierre Lancelot, architecte du duc Henri de Lorraine. Le duc Charles ayant résolu de faire élever l’église des Bénédictines de Nancy, un architecte nommé Florent Drouin fut envoyé à Rome pour en rapporler le plan de l’église des Incurables de celte ville qui avait élé choisi comme modèle et la première pierre de l’édifice fut posée à Nancy, le 2 juillet 1626, mais il ne fut achevé qu’en viron un siècle après la mort de Drouin, arrivée en 1647. De cet artiste sont également les mausolées du cardinal Charles de Lorraine et de la famille Bassompierre érigés dans l’église des Minimes. L’église des Cordeliers de Nancy date aussi du commencement du xvne siècle (1607) et eut pour architecte Stabily, sur la vie duquel nous n’avons obtenu aucun renseignement. L’Hôtel-Dieu de Besançon, œuvre remarquable de l’architecte Boyvin, dont nous ne connaissons que le nom, est de quelques années postérieur aux travaux que nous indiquons ci-après. A mentionner une seule restauration à la cathédrale de Metz, la chapelle Saint-Nicolas, que réédifia, en 1623, Thomas de Metz, mort en 1630.

La construction du château de Frascati, élevé sur les ordres de Gomboust de Gosselin, évêque de Metz, et la restauration de

celui de Saverne, datent de l’année 1700 (ou à peu près) et eurent pour architecte René Chauveau, né à Paris en 1G63. Élève de Caffieri, Chauveau eut, par la protection de Colbert, son logement au Louvre, qu’il quitta cependant pour aller en Suède où il resta sept années pendant lesquelles il exécuta divers travaux; nous l’y retrouverons; c’est à son retour de Suède qu’il passa de Metz à Saverne, et y mourut le 5 juillet 1722.

Au Mans, Hoyeau restaure, de 1610 à 1637, la cathédrale et y élève un jubé qui disparut en 1769. A Orléans, sa ville natale, Lefèvre donne, en 1695, les plans de l’église des Petits-Carmes et vient à Paris construire l’hôtel de Senneterre. A Troyes, en 1636, Paul Debrosse (était-ce un fils de Jacques?) est architecte de la cathédrale et termine, en collaboration avec Lemercier, les tours de cet édifice. L’hôtel de ville de Sainte-Menehould date à peu près de la même époque et est élevée par Philippe de la Force, fils de l’architecte du duc d’Orléans, frère de Louis XIV, dont nous ignorons l’œuvre. De la même époque est l’église des Carmélites de Troyes, œuvre de François Le Vau, frère cadet de Louis, dont on a lu plus haut la biographie. Ce François Le Vau fut aussi l’architecte de l’hôtel bâti à Paris pour l’évêque de Langres; mais employé le plus souvent par Colbert, comme ingénieur, à Moulins, à Fontainebleau, à Tours, etc., il devint conseiller et architecte ordinaire du roi, membre de l’Académie d’architecture depuis 1671 et mourut à Paris, à une date que nous ne pouvons préciser. De la même époque encore sont l’église actuelle de Saint-Nicolas à Coutances, élevée de 1620 à 1621, par l’architecte Jacques Lebaron, ainsi que l’hôpital Saint-Louis et Saint-Roch de Rouen construit en 1654, sur les plans d’un architecte nommé Antoine Hardouin, parent peutêtre de Hardouin Mansart.

Pedretti sc.

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