CHAPITRE IX
Les édifices dont Antoine fut l’arcliilecle, à Paris, sont, d’ailleurs, en grand nombre. Outre la part qu’il prit à la construction des anciens murs d’enceinte de Paris, on devait à cet artiste l’hôlel de Jaucourl, rue de Varennes; l’hôtel Fleury, dans lequel a été installée l’École des ponts et chaussées, après avoir été celui du ministère des cultes et des travaux publics; celui du comle de Maillebois, rue du Bac; un grand bâtiment pour les Feuillants, rue Saint-Honoré, près la rue de Casliglione; la Maison royale de santé pour les prêtres pauvres et infirmes; la chapelle de la Communion à Sainl-Nicolas-des-Champs, etc. Enfin quelques biographes d’Antoine lui attribuent aussi la restauration du prieuré royal de Saint-Martin-des-Champs et le dessin de l’église de la Visitation, construile vers 1780 par Alexandre Lambertqui était sans doute son inspecteur. En 1786, associé à Jardin, il donna les plans d’une nouvelle façade pour l’hôtel de ville de Cambrai, et, parmi les autres travaux exéeufés par Antoine ou sur ses dessins, hors de Paris et même hors de France, il faut citer un palais bâli à Salm-Kyrbourg pour le prince de ce nom, l’hôtel des Monnaies de Berne et des projets d’hôlel de ville et d’arsenal pour la même ville ; l’église des Filles- Sainte-Marie à Nancy, l’hôtel de Berwick à Madrid et une maison de plaisance, près de Londres, pour le comte de Findelater.
Anloine, qui appartenait depuis longtemps à l’ancienne Académie d’architecture, fut élu, en 1799, membre de l'Institut, comme remplaçant de Boullée à la classe de littérature et des beaux-arts, et mourut en 1801.
Il avait été puissamment aidé, dans la plupart de ses travaux, par un élève de Blondel, Jean-Baptiste-Vincent Boulland, né à Troyes en 1739, mort à Paris en 1813. Le savoir et l'expérience dont Boulland Fit preuve lui valurent sa nomination d’architecte de Notre-Dame de Paris et d’inspecteur des travaux du Palais-Boyal. En 1775, Boulland éleva la chapelle de la Communion dans l’église Saint-Nicolas-des-Champs et commença les bâtiments de l’abbaye royale de Jurcy, près Brunoy (1780).
Pour Nicolas-Henri Jardin (I), dont nous venons de prononcer le nom comme étant celui d’un collaborateur d’Antoine, il
(1) Voir chap. xv le complément de celte biographie.
n'a guère laissé, en France, que cette façade de l’iiôtel de ville de Cambrai et une maison de campagne à Ivry. Il passa la plus grande partie de son existence en Danemark où il fit de nombreux travaux pour le roi Frédéric V ; nous le retrouverons donc lorsque nous ferons l’histoire de l’architecture dans les pays du Nord. Jardin, né à Saint-Germain-des-Noyers le 24 mars 1720 avait remporté le grand prix d’architecture en 1741 et mourut en 1812, laissant un recueil de plans des édifices construits par lui en Danemark.
Si on peut inscrire sur le livre d’or de l’architecture au xviiF siècle, les noms de Boffrant, de Soufdot et d’Antoine, on doit assurément les faire suivre de ceux des Gabriel dont la supériorité incontestable acheva la défaite de la phalange d’Oppenord.
L’architecte Jacques Gabriel conçut, le premier, le projet du grand égout collecteur de Paris. Né à Paris en 1667, il fut élevé par Hardouin Mansard, son parent ; membre de l’Académie en 1699 et son directeur en 1726, il mérita par des œuvres considérables l’honneur qui lui élait fait et commença l’ illustration d’un nom qu’un autre devait illustrer à son tour. Nous ne connaissons, à la vérité, de cet architecte, que la chapelle du couvent des Filles de la Visitation à Chaillot, construite sur l’emplacement d’une maison élevée par Catherine de Médicis et l’hôtel de la duchesse du Maine, aujourd’hui couvent du Sacré-Cœur, à Paris; mais c’est à lui que furent confiés les embellissements, jardins et pavillons des Hôtels de ville de Nantes et de Bordeaux, la construction de l’Hôtel de ville de Bennes, de la tour du Présidial et de la tour de l’Horloge (1727) aux lieu et place des anciennes tours qui dataient du commencement du vu siècle; Lyon lui doit des travaux à l’Hôtel de ville, à la salle et à la chapelle des États (1726); à Orléans, il lit démolir les anciennes tours et l’ancien portail de la cathédrale, dans le but d’allonger le vaisseau de l’église. Le dessin du portail conçu par Gabriel fut modifié parTrouard, repris par Legrand, ainsi que nous l’avons dit et achevé par Paris à l’exception pourtant des tours qui ne furent voûtées qu’en 1827. Gabriel refit aussi le portail de la cathédrale de la Rochelle et à ces constructions, il faut ajouter celle du château de Saint-Hubert à quelques kilomètres de Ponlcharlrain, à Bordeaux, les plans de la place Royale, de la