CHAPITRE IX
Douane (liôlel des Fermes), de la Bourse, ele. Inspecteur général des bâtiments du roi et des manufactures royales ; enfin premier ingénieur du royaume, Gabriel mourut le 23 avril 1742.
Jacques-Ange Gabriel, né à Paris en 1710, était fils d’un autre Jacques Gabriel, qui attacha son nom à la construction du château de Choisy, à la réédificalion de la Cour des Comptes détruite par un incendie et à celle du Pont-Royal. Jacques-Ange Gabriel était encore fort jeune lorsqu’il se vit confier l’achèvement du Louvre, œuvre hardie et considérable si l’on songe que depuis près d’un demi-siècle une grande partie de l’édifice avait été abandonnée et menaçait ruine. Les désastres de la fin du règne de Louis XIV avaient fait renoncer au projet de terminer la résidence royale. Des cloisons en plâtre divisaient les galeries et la cour était encombrée de gravats! Tel était l’état des choses lorsque Marigny, nommé surintendant des bâtiments en 1754, fut autorisé à débarrasser le Louvre des constructions parasites qui l’obstruaient. Cette fois on projeta un achèvement complet et ce fut à Jacques-Ange qu’on pensa pour l’exécution de ce travail (1742). Contrôleur du château de Fontainebleau et architecte ordinaire du roi, puis, devenu premier architecte par la mort de son père, il avait été investi de la charge d’inspecteur général des bâtiments royaux et avait commencé par achever à Bordeaux la Douane et la Bourse et le portail de la cathédrale d’Orléans sur les plans de Jacques Gabriel. Rappelé à Paris, il se mil à l’œuvre. Pour compléter le palais que Perrault n’avait pu terminer, sur les dessins de cet architecte, il dut nécessairement s’y conformer et éleva le troisième étage destiné à cacher la hauteur des façades de Perrault, du côté nord et du côté est. Dans ces conditions, il ne faut pas juger du talent de Gabriel par une construction qui ne lui appartient pas en propre; mais on n’en peut dire autant de l’Ecole militaire commencée par lui en 1769 et finie en 1773; nous voulons parler du château dont la première pierre fut posée par Louis XV, le 5 juillet 1769. Les autres bâtiments annexes qui comprenaient, outre les salles de cours, dortoirs, buanderie, boulangerie, infirmerie, etc., avaient été commencés en 1751 et terminés en 1756.
L’édifice est évidemment une réminiscence de Perrault; mais avec une application parfaite des éléments architecturaux à la destination des diverses constructions qui constituent l’ensemble
d’une École militaire. Un rapide examen des deux autres œuvres de Gabriel : le garde-meuble et le minislère de la marine qui limitent la place de la Concorde au nord, conduit également l’esprit à faire un rapprochement entre ces deux édifices et la colonnade du Louvre; toutefois, ces vastes portiques ouverts à tous où la circulation est facile, les larges tribunes du premier étage où pouvait se presser un nombreux public devant une place immense pour le temps et qui devait être le théâlre national des fêtes de la royauté, prouvent combien avait été étudié le projet de Gabriel. Ajoutons que s’établissait en même temps sous sa direction, la place Louis XV offrant un vaste octogone déterminé par des fossés entourés de balustrades au centre duquel s’élevait la statue équestre du monarque, œuvre de Bouchardon. La place, lors de son inauguration, en 1703, n’avait assurément pas ainsi l’aspect qu’elle présente aujourd’hui; mais en 1772, au moment où aussi s’achevaient les deux édifices dont nous parlons, la rue Loyale était complètement ouverte, les fondations de la Madeleine sortaient de terre et chacun pouvait dès l’instant juger l’œuvre de l’architecte. Le jugement fut excellent et Gabriel dut accepter de faire la restauration de la salle de spectacle du château de Versailles en même temps qu’il bâtissait le château de Compiègne (Oise). L’admiration de ses contemporains pour la salle de spectacle fut presque unanime et Gabriel put mourir en 1782 après avoir vu ses œuvres appréciées et les funestes tendances à l’imitation borriminienne définitivement éloignées de France. N’oublions pas de dire en terminant que Gabriel trouva dans l’architecte Polain, un collaborateur, intelligent et convaincu. Il laissait un fils, Ange-Antoine, qui fut nommé, en 1 701 , contrôleur des bâtiments de Marly, en remplacement de Billaudel et fut admis à l’Académie d’architecture en 1763. Nous ne pouvons d’ailleurs citer de ce fils d’un grand artiste que la date de sa mort arrivée en 1781.
Nicolas-Marie Potain, grand prix d’architecture en 1738, arrivai» Borne le 10 juin 1739. A son retour, il fut nommé architecte du roi et contrôleur général des bâtiments du château de Fontainebleau. Admis à l’Académie le 15 septembre 1756, il dressait en 1765, le plan d’une nouvelle église à Sainl-Germainen-Laye, l’ancienne étant devenue insuffisante; mais, faute de ressources, les travaux suspendus ne furent repris qu’en 1787 et