CHAPITRE IX
interrompus de nouveau pendant la Révolution, l’Empire et la Restauration. En 1775, après la relraite de J.-A. Gabriel, Potain eut la garde des plans des châteaux, parcs et maisons royales avec le titre de contrôleur et trois mille livres d’appointemenls. Il mourut en 1791, laissant un ouvrage publié en 1767 sous le titre : Traité des ordres d'architecture.
Nous avons déjà rappelé, en partie, les fortunes diverses que subit le Palais-Bourbon. Par décret du 17 mars 1794, le conseil des Cinq-Cenls décida de quitter la salle du Manège, aux Tuileries, où il avait jusque-là tenu ses séances, et ordonna de mettre en état le Palais-Bourbon devenu la maison de la Révolution pour recevoir ses membres. Les architectes chargés des travaux d’appropriation furent Lecomte et de Gisors et ces travaux consistèrent en un péristyle au fond de la cour d’honneur, qui existe encore et une façade provisoire du côlé de la Seine, remplacée de 1804 à 1807 par le péristyle actuel. Alexandre- Jean-Baptiste-Guy de Gisors, élève de Seveslre, Chalgrin et Boullée, élait né à Paris le 20 septembre 1762 et avait remporté le grand prix d’architecture en 1779; c’est également lui qui, en 1793, lit l’aménagement de la salle de la Convention aux Tuileries. Plus lard, archilecte des abattoirs de Grenelle, commencés en 1811 et terminés en 1818 par A. du Bois et de l’église Saint-Vincent à Mâcon, de Gisors mourut à Paris le 1 6 mai 1 835, chevalier de la Légion d’honneur, membre du conseil des bâtiments de la couronne et architecte du roi. Lecomte, en dehors de ses travaux au Palais-Bourbon, n’est connu que par sa restauration des Tuileries dont il resta l’architecte en chef jusqu’au jour où on lui donna comme successeurs Fontaine et Percier.
Cependant l’accroissement continuel de Paris et de ses besoins exigeait des constructions de halles et de marchés en rapport avec la population de la capitale, alors que les palais royaux absorbaient, avec les plaisirs du souverain, la presque totalité des revenus de la Erance. Déjà, en 1726, Pierre Bovery avait conslruit le Marché Bussy, ainsi que les bâliments et la chapelle du collège des Lombards pendant qu’il donnait les plans du château de Brunoy. On décida, en 1748, d’élever une nouvelle Halle au blé; l’emplacement choisi fut l’ancien hôtel de Soissons
el c’est à l’architecte Nicolas Lecamus de Mezières, né à Paris le 26 mai 1721, que fut confiée la consl ruction de l’édifice en 1 763. Lecamus éleva aussi l’hôlel de Beauveau (aujourd'hui Ministère de l’Intérieur), pour le maréchal de ce nom, ainsi qu’une vasle salle de réunions appelée le Colisée, dans les Champs- Elysées et mourut le 27 juillet 1789, laissant quelques opuscules sur l’archileclure. Charles Mangin, né à Mitry près Meaux, en 1737, mort à Nantes le 1er février 1807, fut-il comme on l’a prélendu, un collaboreur de Lecamus de Mezières? Ce qui est certain, c’est qu'il dirigea les travaux du séminaire du Saint- Esprit, des églises Saint-Barthélémy et du Gros-Caillou. Fut-il le collaborateur de Chalgrin ? Nous lisons, du moins, qu’il travailla également, avec Chalgrin à la réfeclion des tours de Saint- Sulpice, ainsi qu’aux chapelles basses de cette église.
L’année de la naissance de Mangin, de Lepée ou Lespée académicien depuis 1728, élève le chœur de la nouvelle église de Bon-Secours et meurt à Paris en 1 762 ; c’est tout ce que nous savons de cet architecte. Mais revenons aux Halles de 1763.
Dans le plan primitif, la partie cenlrale était une vaste cour enlourée de bâtiments, mais l’insuffisance du nouvel édifice fut bientôt constatée et, en 1782, deux architectes reçurent l’ordre de couvrir cette cour : Legrand et Molinos, que quelques auteurs ont qualifiés de charpentiers. Est-ce parce qu’ils appliquèrent avec bonheur les procédés de Philibert de l’Orme et que, commencée le 10 septembre 1782, la coupole tout en bois était terminée le 31 janvier 1783? Malheureusement, un incendie, arrivé le 16 octobre 1802, réduisit en cendres la coupole élevée par Legrand et Molinos el force a élé de la remplacer.
Jacques-Guillaume Legrand élait né à Paris le 9 mai 1743. Elève de Clerisseau, il s’était lié au cours de ses études, avec Molinos (on ne connaît que son nom) né la même année que lui, à Lyon, et les existences de ces deux hommes furent à ce point confondues, qu’il a été impossible de désigner exactement la part prise par chacun d’eux dans les travaux qu’ils ont signés ensemble. Ce que nous pouvons dire d’eux, c’est qu’ils parcoururent d’abord l’Ilalie et procédèrent ensuite à la construction de l’hôtel des Affaires étrangères (1788) et d’une salle de spectacle pour les comédiens italiens, rue Feydeau (1791). Après la démolition de la Bastille ils procédèrent à la construction de la Halle