CHAPITRE IX
aux draps (1) et du Marché du Temple (sous le nom primitif de Halle au vieux linge) qui suivit de près (1809-1811) celle de la Halle au blé, ainsi que le transport de la Fontaine des Innocents, de la place quelle occupait au coin de la rue Saint-Denis et de la rue aux Fers (2). On cite d’eux également la Morgue sur le quai du Marché neuf, la décoration de l’hôtel Marbeuf, ainsi que la construction et la décoration de l’hôtel Gallilét, rue du Bac, enfin l’agrandissement de l’Hôtel de Ville au moyen de l’adjonction de la chapelle du Saint-Esprit et de l’hôpital dépendant de celte église. A Legrand et à Molinos, plusieurs restaurations imporlantes furent contiées : notamment celle de la cathédrale d’Orléans (1773-1782), celle de Notre-Dame de Paris à laquelle ils ajoutèrent une sacristie; au Jardin des Plantes on leur doit l’orangerie et l’amphithéâtre des cours; enfin, à Saint-Cloud la réparation de la grande cascade et l’érection de ce pastiche de l’antiquité grecque dont on confia l’exécution à l’Italien Trabucchi ; nous voulons parler du monument de Lysicrates démoli pièce à pièce par les Allemands, pendanf la fatale guerre de 1870, soigneusement emballé et emporlé par eux à Berlin. Molinos mourut h Paris le 19 février 1831, laissant un fils, Augustin Marie, qui éleva le marché de Ménilmontant. Legrand précéda de beaucoup dans la mort, son ami et collaborateur, puisqu’il mourut à Paris le 9 novembre 1808. L’œuvre écrite de Legrand et Molinos, malgré leurs importants travaux, est considérable : nous ne citerons que la Description de Paris et de ses édifices , ouvrage en trois volumes grand in-folio signé par Legrand et Iloudon ; la Galerie antique (1 volume in-folio); Parallèle de l’ architecture ancienne et moderne (1 volume in-4°) ; Les Antiquités de la France avec Clérisseau (2 vol. in-folio); Essai sur l'histoire générale de l' architecture (1 volume in- 8°).
Un des collaborateurs de Legrand au château de Saint-Cloud fut assurément Jean Girard, l’intendant des bâtiments de Philippe de France, frère de Louis XIV, car c’est sur les dessins de cet architecte que fut construite la principale façade en face de l’avenue et le bassin des Cygnes, auxquels travaux il convient d’ajouter le déplacement de la chapelle et de l’escalier d’hon-
(I) Entre les rues de la Poterie et de la Petite-Fruiterie. Ce marché a été détruit en 185S par un incendie.
(2' Par suite de ce déplacement on dut lui créer une quatrième façade.
neur. (On sait que les autres parties du château avaient été élevées sur les dessins cl’Hardouin Mansard.)
Après l’incendie de 1802, la réfection de la coupole de la Halle au blé échut à l’architecte Bélanger. François-Joseph Bélanger était né à Paris en 1744. Premier architecte du comte d’Artois il avait dessiné les jardins du château de Bagatelle, les jardins de Saint-James, les jardins de Bel-OEil pour le prince de Ligne et beaucoup d’autres encore. Outre sa collaboration à l’établissement de la coupole en fer de la Halle au blé, on doit à Bélanger les Abattoirs de Ménilmonlant, encore que Bruyère l’ait dépossédé de l’honneur de les terminer et la Halle aux vins et eaux-de-vie (1808), la chapelle des Clercs irlandais, le château de Méréville près Etampes, les écuries du comte d’Artois et très probablement l'hôtel de Mmc Contât, rue d’Angoulème-Sainl-IIonoré. Le comte d’Artois fit décorer et nommer surintendant de ses bâtiments Bélanger, qui mourut à Paris le 1er mai 1818, laissant quelques pages sur l’architecture.
Pour écarter autant que possible les chances d’un nouvel incendie de la Halle au blé, Bélanger eut recours à un emploi de matériaux jusque-là inusités, dans la construction, celui du fer et à propos de cette innovation, un de nos architectes contemporains, M. A. Gosset, dit fort justement (1) : « L’initiative et le succès de Bélanger méritaient de la postérité une mention, un éloge qui lui a été beaucoup trop parcimonieusement mesuré par l’histoire et dans les cours de construction publiés en France. La critique qui s’était manifestée contre ce projet se changea sans doute en silence après sa réussite, car on en parla peu et on ne lui fit pas l’honneur de l’imiter, de telle sorte qu’il resta un fait isolé, auquel on ne prêta pas attention. »
Jean-Antoine Coussin, qui succéda à Bélanger dans la construction des Abattoirs de Ménilmonlant, était né à Paris en 1770 et avait obtenu le grand prix d’architecture en 1797. La restauration de la Bibliothèque, de l’hôtel Bouillon ainsi que d’un hôtel à Bruxelles appartenant au duc d’Arenberg, lui ont fait honneur; des villas, des tombeaux et un ouvrage intitulé : Génie de V architecture., publié en 1822, composent, avec les travaux indiqués plus haut, l’œuvre de Coussin mort à Paris vers 1849. 11 laissa un fils,
(i) Encyclopédie de V architecture et de la construction, V° Coupole.