‹ Les archives angevines de NaplesChapitre 12 sur 142 · JUSTICIARII · texte numérisé non relu

JUSTICIARII

dans la suite. Le 5 octobre 1273, le justicerat des Abruzzes fut divisé en deux : Justiciarialus Aprucii dira (lumen Piscarie et jus ticlarialus Aprucii ultra (lumen Piscarie (1). Réunies de nouveau au mois de février 1275 (2), les deux portions de la province furent encore séparées le 26 avril 1284 (3), mais pour quelques mois seulement (4).

Les deux justicerats de Sicile disparurent en 1282 aprèsles Vêpres siciliennes. En revanche, le 19 juin 1284 , les justicerats de la Terre de Labour et du Principal furent chacun divisés en deux provinces : Jusliciariatus Terre Laboris citra et ultra (lumen Capue ; justiciariatus Principatus a Serris Montorii dira Salernum et a Servis Montorii ultra Salernum (5).

En général, les actes sont très soigneusement répartis entre les justiciers de chaque province. Cependant, lorsqu'une ordonnance était adressée à tous les justiciers, au lieu de la transcrire onze ou douze fois , on se bornait à l'insérer une seule fois dans le registre en indiquant qu'une pièce semblable était destinée aux autres justiciers.

Ainsi, on transcrivait l'exemplaire à l'adresse du « justiciarius Aprucii » , en ajoutant ensuite :

« Similes facte sunt justiciario Terre Laboris.

i> Similes facte sunt justiciario Principatus.

» Similes facte sunt justiciario Gapitanate, etc. » ou plus simplement encore :

a Similes facte sunt singulis justiciariis regni, tam citra quam ultra Farum (6). »

(1) Rej. ong. , 14 , f» 174. Minieri-Riccio, Saggio di codice diplomatico , I , p. 108.

(2) Reg. ang., 19, i° 53. Minieri-Riccio, H r'egno di Carlo 1° d'Angio, anno 1275 , pp. 8 et 9.

(3) Reg. ang., 49, f 119.

(4) On les trouve , en effet , de nouveau réunies à la fin de l'année 1284. Reg. ang., 6, f" 60''.

(5) Reg. ang., 45, f<" 18 et 173. Cf. Minieri-Riccio, Diario angioino dal 4 gennaio 1284 al 7 gennaio 1285 , p. 39.

(6) Le même fait se reproduit d'ailleurs pour les lettres adressées aux Secreti et aux magistri procuratores et portulani, et d'une manière générale, chaque fois qu'il s'agit d'un acte ayant un caractère de circulaire et destiné à être expédié en plusieurs exemplaires, tous semblables sauf l'adresse.

Celte disposition est déjà employée dans le registre sur papier du temps de Frédéric II (1239-1240), également conservé à Naples. Dès cette époque, on constate une tendance à nommer les divers justiciers dans l'ordre que l'on retrouve plus tard appliqué dans les registres angevins. Voir l'édition de ce registre donnée par Carcani, dans les Constitutiones regum regni Utriasiiue Sicilie,

52 ÉTUDE SUn LES REGISTRES ANGEVINS.

La plupart du temps, pour les actes adressés aux justiciers, il n'y a pas d'autres divisions que la division par provinces. Toutefois, vers la fin de la XIlIo indiction, le 1" avril 1270, on eut l'idée de partager les actes administratifs en deux séries : l'une renfermant les actes intéressant l'Etat ou « littere de curia ou PRO curia; » l'autre, les actes rendus en faveur de particuliers ou « littere de privatis ou pro privatis. » Cette distinction, introduite d'abord dans des registres comprenant toutes les classes d'actes pour les trois derniers mois de la XlIIe indiction (avrilaoût 1270), fut mise simultanément en pratique pour les actes adressés aux justiciers, pour ceux adressés aux secreti et aux magistrl massarii ^ enfin pour les Extravagantes infra et extra regnum (1). Nous reviendrons, dans le chapitre suivant, sur celte innovation, qui ne paraît avoir eu qu'un faible succès. Contentons-nous de dire ici qu'après avoir été alternativement mise de côté, puis reprise dans le courant des XIV«, XV% P^ et II» indictions , elle finit par être tout à fait abandonnée à partir du commencement de la II[« indiction (1er septembre 1274).

En dehors des actes qui leur sont adressés et qui ont été transcrits dans les registres, le souvenir des justiciers est encore rappelé par quelques autres documents conservés aux archives de Naples.

Lcsque les justiciers recevaient un ordre du souverain, ils devaient eu accuser réception. Un très petit nombre de ces lettres ou « response » , écrites au roi par les justiciers et relatives à des questions financières (2), ont été par exception transcrites dans

pp. 246, 302, 306, 339, etc., et la réimpression des pièces par Huillard-Bréholles, Historia diplomaîica Friderici Sécmdi, V, pp. 437, 608, 624, 724, etc.

(1) Registres primitifs, n"» XVIII et XIX.

(2) Voici, à titre d'exemple, une lettre du justicier de Basilicate relative à la levée de la subventio generalis. Cette lettre, du 2 septembre 1271 , est tirée du Registre angevin 29 , f" 74'' :

« u" die mensis septembris, jusliciarius Basilicate misit ad curiam litteras continentes infrascripta :

» Sacre Régie Majestali, Goffridiis Bonifacius, etc. Noverit Excellcntia Vestra » quod, die martis primo septembris prescntis XV" indictionis, Majestatis » Vestre mandatum recepi de imponenda generali subventione in terris justi- ') ciariatus ejusdem, secundum tenorem cedule, mihi et erario mecum moranti « sub sigillo Celsitudinis Vestre transmisse, juxta tenorem mandati predicti , » et quod xv» ejusdem septembris ad presentiam Vestre Majestatis accedam , » una cum erario supradicto , uncias auri m. de pecunia ejusdem subventionis » vel quorunicumque aliorum residuorum ad vestram cameram delaturus. Ad » quod me noverit Majestas Vestra cum omni devotione et soUicitudine proce-

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